ACKER Adolphe. Pseudonymes : Champ Adolphe et Chancel Paul

Par Jean-Michel Brabant, Rodophe Prager

Né le 25 février 1913 à Paris, mort le 9 juillet 1976 à Paris ; médecin généraliste ; militant oppositionnel trotskiste, puis membre actif du groupe surréaliste.

Son père, commerçant d’origine polonaise, décédé en 1934, fut quelque temps membre du Parti communiste. Adolphe Acker, sans adhérer aux organisations communistes, a été directement sensible aux thèses de l’Opposition communiste de gauche développées dans le journal La Vérité. Il fut membre de la Ligue communiste dès 1931 et suivit les militants de ce groupe lors de leur adhésion collective au Parti socialiste SFIO en septembre 1934. Il assuma en janvier 1935 dans le Groupe bolchevik-léniniste de la SFIO (nom de la tendance trotskiste) la responsabilité de l’administration centrale. Secrétaire de la 2e section des Jeunesses socialistes de la Seine, il participa aux congrès fédéraux de Boulogne (21 octobre 1934) et du Pré-Saint-Gervais (21 juillet 1935). Il rejoignit la Jeunesse socialiste révolutionnaire, dirigée par Fred Zeller*, qui se constitua après l’exclusion de la majorité de l’Entente de la Seine des Jeunesses socialistes. Après son départ de la SFIO, Adolphe Acker milita également dans le Parti ouvrier internationaliste (POI) de Pierre Naville* et Jean Rous*, fondé en juin 1936 par la fusion du Parti ouvrier révolutionnaire (POR) du Parti communiste internationaliste (PCI) et des Jeunesses socialistes révolutionnaires (JSR).

Il s’intéressa aussi, très vivement, aux mouvements poétiques d’avant-garde et, à partir de 1932 le nom d’Adolphe Acker se trouve parmi les signataires de certains manifestes surréalistes. En 1935 il participa à la vie et aux activités du groupe surréaliste ; au moment de la fondation du groupe Contre-attaque, on le retrouva aux côtés de Georges Bataille*, André Breton* et Benjamin Péret*. Il fut membre du comité directeur du groupe. Il compta plus tard parmi les adhérents de l’éphémère Fédération internationale des artistes révolutionnaires indépendants (FIARI) fondée en 1939 à l’instigation de Trotsky par André Breton et Diego Rivera. Il remplit les fonctions d’administrateur de Clé, l’organe de ce groupement, dont deux numéros parurent en 1939.

Pendant une courte période précédant la Seconde Guerre mondiale, Adolphe Acker travailla comme correcteur à l’Imprimerie nationale puis au Petit Parisien et il fut stagiaire au syndicat des correcteurs. Dans ce milieu professionnel il eut des contacts amicaux avec les membres du groupe de la Révolution prolétarienne.

Après sa démobilisation en 1940, Adolphe Acker, s’il conserva des contacts personnels avec ses anciens camarades trotskistes, ne poursuivit pas son engagement politique. Pendant l’occupation allemande il fut le co-fondateur du groupe « La main à la plume » participa à ses publications sous le pseudonyme d’Adolphe Champ ou parfois de Paul Chancel. Adolphe Acker reprit les études de médecine abandonnées après le décès de son père et devint à partir de 1945 le médecin de nombreux surréalistes, trotskistes, syndicalistes, etc.

Pour la revue Paru, dirigée après la guerre par Aimé Patri*, Adolphe Acker donna des articles de critique. Avec beaucoup d’autres surréalistes, il rompit en 1951 avec André Breton. Il conserva, cependant, des contacts amicaux avec plusieurs surréalistes, fidèles ou dissidents du groupe qui demeura autour d’André Breton. Malgré cette rupture il gardera toujours une profonde admiration et un réel attachement pour André Breton.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9661, notice ACKER Adolphe. Pseudonymes : Champ Adolphe et Chancel Paul par Jean-Michel Brabant, Rodophe Prager, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 17 octobre 2010.

Par Jean-Michel Brabant, Rodophe Prager

SOURCES : La Quinzaine littéraire, 1er août 1976. — Samy Ketz, De la naissance du GBL à la crise de la LCI (1934-1936), mémoire de maîtrise, Paris I, 1974. — Témoignage autobiographique recueilli en 1976 et renseignements rassemblés par Jean-Michel Brabant. — Témoignage de Madame Acker, mars 1979.

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