ACQUIER André, Gabriel, Baptiste

Par Éric Belouet, André Caudron

Né le 6 janvier 1926 à Rodez (Aveyron), mort le 31 décembre 2014 au Chesnay (Yvelines) ; menuisier, fraiseur ; militant jociste du Tarn, permanent de la JOC (1949-1953), syndicaliste CFTC puis CFDT, militant PS, directeur du Centre de culture ouvrière (1953-1957), secrétaire de la fédération CFDT de la métallurgie (1966-1975), délégué national du Parti socialiste à l’industrie (1975-1980).

André Acquier
André Acquier

En 1927, André Acquier, qui allait devenir l’aîné de trois enfants, quitta Rodez avec ses parents pour Lagrave (Tarn) où ils devinrent viticulteurs. Après la mort de son père en 1932, sa mère travailla comme femme de ménage à Albi et plaça ses fils à l’orphelinat Saint-Jean de cette ville. Ancien de l’école publique de Lagrave, André poursuivit ses études à l’école de l’orphelinat. Le certificat d’études primaires obtenu en 1939, il intégra le centre d’apprentissage de l’orphelinat pour suivre une formation de menuisier. Muni du CAP en 1943, il travailla à l’atelier professionnel de l’orphelinat. Retenu par une « commission de peignage » pour travailler en Allemagne, il partit se cacher à Lagrave. À son retour en 1944 et jusqu’en 1949, il reprit son travail interrompu par le service militaire au 18e régiment de transmissions en Allemagne (1946-1947).

Étant apprenti, il avait découvert la JOC et adhéré à la section Sainte-Cécile d’Albi (1943). Il intégra l’équipe de la fédération du Tarn en 1947 et devint permanent en 1949 au sein de la province jociste de Toulouse. Il était chargé de plusieurs départements (Tarn, Aveyron, Hautes-Pyrénées) et des « Apprentis de France ». En 1951, il fut nommé responsable national des « Apprentis de France » au secrétariat général de la JOC à Paris en remplacement de Fredo Krumnow*. Il conserva cette responsabilité jusqu’à son départ de la JOC en 1953. Il devint alors directeur du Centre de culture ouvrière (CCO), lancé par la JOC en 1951 pour remplacer l’Institut de culture ouvrière (ICO) qu’elle gérait avec la CFTC et le MPF. Pendant quatre ans, il s’efforça de développer le CCO.

De novembre 1957 à mai 1958, il suivit une formation de fraiseur au centre de FPA de mécanique à Issy-les-Moulineaux. Il travailla aux établissements Livet, à Paris XXe arr., puis à la Compagnie parisienne de machines-outils, dans le XIXe arr. Toujours en 1958, il fut embauché à la Thomson-Houston et affecté à l’usine de Bagneux spécialisée dans la fabrication de radars. Il adhéra immédiatement à la CFTC et fut élu délégué du personnel en 1959. Il fit partie de l’équipe des responsables CFTC qui menèrent, avec la CGT, à la Thomson, la grève de l’automne 1959 pour l’augmentation des salaires et la mensualisation des ouvriers professionnels. Il s’agissait de la troisième grève intersyndicale victorieuse dans cette entreprise depuis 1955. Une autre grève, en 1961, se heurta à l’intransigeance de la direction. Cinq responsables syndicaux furent mis à pied pendant soixante jours : deux de la CFTC, Raffin* et Acquier, et trois de la CGT. Tous furent réintégrés mais Raffin fut muté au dépôt du Kremlin-Bicêtre (Seine, Val-de-Marne). Acquier, resté à Bagneux, lui succéda comme secrétaire de la section CFTC puis CFDT, secrétaire de l’intersyndicale et membre du comité central d’entreprise. Il conserva ces responsabilités jusqu’à son départ de la Thomson en janvier 1966.

Le mois suivant, André Acquier devint secrétaire national permanent de la fédération CFDT de la métallurgie avec la responsabilité de la branche « construction électrique et électronique » ainsi que des conventions collectives. Il remplaça rapidement Pierre Jeanne comme responsable de l’action revendicative et conserva ces diverses fonctions jusqu’à son départ de la fédération en 1975. Au cours de cette période, il s’occupa aussi de la syndicalisation des femmes et participa aux négociations chez Lip en 1973. Il siégea au conseil confédéral de 1967 à 1975.

André Acquier travailla à Villages vacances familles (VVF) à partir de 1975. Chargé de mission pour la recherche du financement des nouvelles réalisations, il prit ensuite la direction nationale « Technique et développement ». Il partit en pré-retraite en 1983 puis en retraite définitive en 1991.

André Acquier prit une part active à l’organisation des Assises du socialisme en 1974, comme chef de file de la « troisième composante », la composante syndicale, avec Jacques Chérèque. Il adhéra dès lors au Parti socialiste. Membre du comité directeur et du bureau exécutif du PS en février 1975, réélu en juin 1977, il en fut le délégué national à l’Industrie (1975-1980). Il passait pour être « l’œil de la CFDT » au Parti, mais il n’exerça plus de responsabilités nationales par la suite et il le quitta en 1988.

Administrateur de l’Association pour la rééducation professionnelle et sociale (ARPS) de 1991 à 1998 et de l’Association logements de jeunes travailleurs (ALJT) de 1991 à 1997, il continua de militer à la CFDT, sans responsabilités, dans la section des retraités du XVe arrondissement.

André Acquier avait épousé en 1954 Sylviane Deyris, ancienne militante fédérale de la JOCF en Charente, employée administrative à l’Université de la Sorbonne, déléguée départementale à l’éducation nationale (DDEN), qui milita à la FEN et à la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) dont elle fut secrétaire départementale pour Paris. Le couple eut trois enfants et fit partie de l’ACO.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9665, notice ACQUIER André, Gabriel, Baptiste par Éric Belouet, André Caudron, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 11 mars 2016.

Par Éric Belouet, André Caudron

André Acquier
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ŒUVRE : Participation à l’ouvrage collectif Lip 73, Seuil, coll. « Combats », 1973.

SOURCES : Arch. JOC (SG), fichier des anciens permanents. — H. Hamon, P. Rotman, La deuxième gauche : histoire intellectuelle et politique de la CFDT, Ramsay, 1982. — F. Georgi, Soufflons nous-mêmes notre forge, Éd. de l’Atelier, 1991. — P.-M. Dioudonnat et S. Bragadir, Dictionnaire des 10 000 dirigeants politiques français, Sedopols, 1977-1978. — J.-F. Bizot, Plongée libre dans les courants d’un grand parti, Grasset, 1975. — H. Coston, Dictionnaire de la politique française, t. III, La Librairie française, 1979. — Entretien avec l’intéressé, Paris, 12 mars 1999.

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