AGHEDU Francis, Sauveur

Par Nicolas Simonpoli

Né le 16 décembre 1933 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 26 octobre 2016 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; surveillant de service électrique, puis inspecteur à Marseille ; membre de la commission exécutive de la Fédération CGT des cheminots (1976-1979), au titre de l’Union fédérale cadres et maîtrise ; militant communiste.

Francis Aghedu
Francis Aghedu
[Droits réservés IHS-CGT des Cheminots]

Titulaire du Brevet industriel d’ajusteur, ancien ouvrier d’une usine de réparation navale, le père de Francis Aghedu fut embauché – sur concours – à la mairie de Marseille (Bouches-du-Rhône) au cours des années 1930. Sa mère, fille d’immigrés italiens, était ouvrière.

Issu d’une famille modeste, Francis Aghedu fut incité par ses parents à opter pour une formation qui lui permettait d’accéder rapidement et gratuitement à un métier. En 1949, il entra à la SNCF comme apprenti du Service électrique et signalisations (SES) au centre de formation de Santenay-les-Bains (Côte-d’Or). En 1952, il fut affecté au cadre permanent en tant que surveillant du service électrique sur la région Méditerranée. Au gré des examens, il connut une promotion interne qui lui permit d’exercer les fonctions de responsable de circonscription puis d’inspecteur en région, de formateur puis de directeur d’école SES et, enfin, de cadre de direction où il organisa la formation du personnel Équipement au niveau régional. Ayant accédé au statut de maîtrise en 1958, il termina sa carrière au grade d’inspecteur du SES en 1988. Son déroulement de carrière sur les niveaux cadre et son maintien au poste de directeur de l’école SES ayant nécessité l’intervention de la Fédération des Cheminots CGT afin de contrer la discrimination syndicale des dirigeants régionaux.

De 1954 à 1957, il effectua son service militaire dans le génie. S’il demeura en métropole, la guerre en Algérie fut pourtant le déclic de son éveil politique. D’abord partisan de l’Algérie française, il fut par la suite un fervent soutien du peuple algérien et participa à de nombreuses mobilisations contre l’OAS.

Sur le plan syndical, il s’engagea au moment de son arrivée dans les bureaux de la région SNCF de Marseille (Bouches-du-Rhône). En 1960, il adhéra au syndicat de l’Union fédérale des cadres CGT de Marseille. Très rapidement, il fut élu au secrétariat de cette organisation puis au bureau de secteur de la Région Méditerranée. Au début des années 1960, il fut élu au Conseil national fédéral. Il y défendit l’intérêt d’un syndicalisme « spécifique » à l’encadrement ce qu’il fit également avec beaucoup de convictions auprès de ses camarades du syndicat Exécution lors de longues discussions au siège du syndicat à la Bourse du Travail. Durant les années 1960, il s’investit également dans les activités techniques syndicales puisqu’il fut secrétaire du groupe technique régional du SES. En 1966, au centre Benoit Frachon de Courcelles, il suivit la première formation syndicale de niveau moyen de l’Union Fédérale des cadres et maitrises (UFCM) et un stage spécifique à l’action revendicative en direction de l’encadrement.

En 1968, il participa activement au mouvement de Mai-Juin sur la localité de Marseille (Bouches-du-Rhône). Membre du comité central de grève des cheminots, il organisa et participa à l’occupation de la Direction Régionale de la SNCF. Cette même année, il devint secrétaire général du syndicat de l’Union Fédérale des Cadres et Maitrise, succédant à Pierre Rivière, victime d’un accident de travail. Au début des années 1970, il prit la direction du tout nouveau groupe technique national de l’Équipement qui fusionnait les anciens groupes techniques « Voie » et « SES ». Durant la décennie 1970, il s’investit dans l’organisation de multiples actions spécifiques aux Cadres et Maîtrises tant au sujet des conditions de travail, des normes de recrutement, de l’avancement de carrière, etc. Il occupa des fonctions de représentant du personnel dans les comités mixtes ou dans les négociations régionales et nationales. Entre 1976 et 1979, il fut membre de la Commission exécutive de la fédération CGT des Cheminots en sa qualité de représentant de l’UFCM. En 1988, il siégea dans la commission Emploi-Formation du Comité central d’entreprise de la SNCF, présidée par Guy Bonneau.

En parallèle de son engagement syndical, Francis Aghedu fut également un militant du PCF. Il y adhéra en 1969 et prit rapidement des responsabilités : secrétaire de cellule et de section, il milita surtout au niveau de son entreprise plus que de son quartier de résidence. Il fut néanmoins deux fois candidats aux élections sans être élu. D’abord aux élections régionales de 1986 ensuite, en 1989, membre d’une liste pour les élections municipales dans les quartiers nord de Marseille (Bouches-du-Rhône).

Au moment de sa retraite, il associa sa pédagogie et son engagement citoyen en contribuant à développer bénévolement des cours d’alphabétisation pour les parents d’élèves d’une école des quartiers défavorisés de Marseille (Bouches-du-Rhône). Passionné de musique et d’écriture il s’investit dans une chorale cheminote, « Le Cœur du Rail » et participa sous l’égide du comité d’établissement des Cheminots de PACA à l’écriture de l’ouvrage « Cheminots en Provence. Des voix de la mémoire aux voies de l’avenir (1830-2001) ». Il publia à compte d’auteur trois romans dans lesquels il affirma sa vision d’un monde qu’il souhaitait plus humain, ainsi qu’un recueil de poèmes.

Marié en 1958, Francis Aghedu eut deux filles. L’une d’elles, Ghislaine, était militante du PCF.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9712, notice AGHEDU Francis, Sauveur par Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 27 septembre 2022, dernière modification le 25 octobre 2022.

Par Nicolas Simonpoli

Francis Aghedu
Francis Aghedu
[Droits réservés IHS-CGT des Cheminots]
Francis Aghedu (premier à droite)
Francis Aghedu (premier à droite)
[Droits réservés, IHS-CGT des Cheminots]

ŒUVRE : (avec Paul Cambioni), Cheminots à Marseille. Notre journal de lutte en mai-juin 1968, IHS de la Fédération des cheminots CGT, s.l., s.d. [1996]. ― L’été 53, Edilivre, 2009. ― Le jugements des morts, Edilivre, 2010. ― Fables, légendes, amour et autres, Edilivre, 2011. ― Daépou, Edilivre, 2012.

SOURCES : Arch. Fédération CGT des cheminots. — Témoignage de l’intéressé. — Témoignages de Pierre Ciantar et Roger Cadorin, juillet 2022.

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