KASSKY Adèle, Julie

Par Michel Dreyfus

Née le 20 octobre 1848 à Paris (Ve arr.), morte vraisemblablement en octobre 1932 ; ouvrière blanchisseuse ; militante socialiste et féministe de la Seine.

Adèle Monlien de Perthou épousa en 1867 le forgeron Édouard Kassky, militant socialiste. En 1870, Adèle Kassky tenait une blanchisserie, 9 place de Cambrai. Elle participa à la vie des clubs dans les premiers temps de la République et sous la Commune.

Mère de deux filles nées en 1868 et juillet 1871, elle adhéra en 1892 au groupe de la Libre pensée du XIIIe arr. Elle appartint ensuite au Parti socialiste de France et fut secrétaire, après l’unité, du groupe SFIO du XIIIe arr. Elle soutint la Guerre sociale de Gustave Hervé.

Veuve et remariée avec Edmond Toussaint, Adèle Kassky milita dans le quartier Saint-Ambroise (XIe arr.) puis revint dans le XIIIe en 1911. Elle était adhérente de l’Association des anciens combattants et amis de la Commune dont sa fille aînée était trésorière. En 1913, elle était trésorière du groupe des femmes socialistes alors qu’Élisabeth Renaud en était secrétaire. Mais, en juillet 1913, elle aurait quitté la SFIO (ou en aurait été exclue), en raison du trop grand poids politique imposé par les « réformistes », avec Allemane, Émile Chauvin, E. Renaud, Nègre, Le Gléo, Féline, Marange, Hanot. Le groupe ainsi constitué aurait publié un manifeste dans son journal La Lutte des classes (n° du 31 janvier 1914).

Pendant la guerre, Adèle Kassky participa aux réunions du groupe des Amis de la Commune. Au tout début des années vingt, elle fut « partisane de la IIIe Internationale » et espéra que la révolution russe amènerait la révolution mondiale puis la république universelle. En avril 1921, Adèle Kassky fut également l’une des signataires de l’Avertissement au pays que Fernand Clerget* avait rédigé pour le club de la réforme constitutionnelle. Il ne semble pas cependant que l’adhésion d’Adèle Kassky au communisme ait été durable : on ne trouve pas mention de ses activités ou même de son nom dans l’Ouvrière, le journal que le Parti communiste publia pour les femmes à partir de mars 1922. Sans doute revint-elle à la SFIO. Il est en tout cas certain qu’elle fut abonnée à La Femme socialiste, le journal que fit paraître Louise Saumoneau à partir de 1923. Adèle Kassky mourut en 1932, vraisemblablement au mois d’octobre, à la même époque qu’Élisabeth Renaud avec qui elle avait été liée, mais sa mort passa presque inaperçue, contrairement à celle de son amie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article97229, notice KASSKY Adèle, Julie par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 13 octobre 2020.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : Notice biographique reprise du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, tome 13. — La Lutte féministe, n° 18, 20 octobre 1921 (article de F. Clerget d’après les notes d’Adèle Kassky). — La Femme socialiste, n° 112, novembre 1932.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément