KLEIN Eva [née HURWITZ Eve dite « Eva la Rouge »]

Par Étienne Kagan, Pierre Schill

Né le 8 janvier 1896 à Zürich (Suisse), morte le 10 mai 1942 à Limoges (Haute-Vienne) ; militante communiste de Moselle.

Guillame et Eva Klein avec leur fille en mai 1931.
Guillame et Eva Klein avec leur fille en mai 1931.
Collection de Marguerite Kappler

Fille de Adolf Hurvitz, professeur de mathématiques à l’École polytechnique de Zürich (Suisse) ; issue d’une famille de la bourgeoisie intellectuelle zurichoise, Eva Hurwitz poursuivit des études scientifiques à l’Université de la ville. Elle se maria le 31 mars 1925 à Bâle (Suisse) avec Guillaume Klein. Le couple eut une fille.

Éva Hurvitz fut une des rares femmes à tenir un rôle de premier plan au sein du Parti communiste en Moselle dans l’entre-deux-guerres, d’où son surnom. Membre du comité régional du PC, elle était en 1926 rédactrice de l’Humanité en langue allemande à Metz. Elle anima aussi dans cette ville « l’Union fraternelle des femmes contre la guerre » puis, à l’époque du Front populaire, le « comité des femmes contre la guerre et le fascisme ». Émile Béron critiqua ses positions dans une intervention au congrès national de Saint-Denis (avril 1929).

Elle était, depuis 1929 au moins, l’une des dirigeantes en Moselle de l’Union fraternelle des femmes contre la guerre impérialiste. En 1930 cette organisation satellite du Parti communiste aurait compté environ deux cents membres et quatre cellules dont la plus importante fut alors celle de Metz avec cinquante-six membres. Cette Union éditait à Metz un journal mensuel intitulé Die Frau als Kämpferin, (La femme combattante). En janvier 1930 elle anima les célébrations organisées par le PC en mémoire Liebknecht et Luxembourg. Elle insista particulièrement sur l’engagement de Rosa Luxembourg et demanda aux femmes d’adhérer en masse aux organisations féminines communistes de Moselle.

Elle mit entre parenthèses le combat politique et commença une carrière enseignante en devenant professeur de mathématiques dans un établissement scolaire privé de Metz (Moselle). Eva Klein avait d’abord tenté d’obtenir un poste dans l’enseignement public en passant des examens en Sorbonne pour obtenir l’équivalence de ses diplômes de mathématiques obtenus en Suisse. Cela ne lui servit à rien car elle avait dépassé la limite d’âge pour entrer dans l’enseignement public.

Elle démissionna de ces responsabilités à la fin de l’année 1931 car elle devait poursuivre des études à Paris. La police soulignait qu’elle était en désaccord avec les orientations du PC d’Alsace-Lorraine depuis près de deux ans. D’après sa fille elle n’était plus d’accord avec la direction du PC et avait refusé d’écrire des articles contraires à ses convictions. Elle fut exclue du PC vers le début des années trente.

En septembre 1939, Guillaume Klein fut mobilisé au Mans (Sarthe) où il réussit à faire venir sa femme et sa fille au début de l’année 1940. Après la débâcle il se retrouva au chômage pendant une année dans le Limousin car il avait refusé, contrairement aux souhaits des Allemands, de rentrer en Alsace-Lorraine, une nouvelle fois annexée. Eva Klein décéda dans la capitale limousine en 1942 des suites de maladie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article97380, notice KLEIN Eva [née HURWITZ Eve dite « Eva la Rouge »] par Étienne Kagan, Pierre Schill, version mise en ligne le 5 janvier 2013, dernière modification le 28 avril 2014.

Par Étienne Kagan, Pierre Schill

Guillame et Eva Klein avec leur fille en mai 1931.
Guillame et Eva Klein avec leur fille en mai 1931.
Collection de Marguerite Kappler

SOURCES : Arch. Dép. de la Moselle, 301 M 77 ; 24 Z 15 et 16 ; M. Sûreté générale 53, 24 Z 20 et 21. — Renseignements fournis par Marguerite Kappler née Klein, sa fille. — L’Humanité. — Der Rote Gewerkschafter.. — Gérard Diwo, Le communisme en Moselle (1925-1932) à travers les élections législatives d’avril 1928 et de mai 1932, mémoire de maîtrise d’histoire sous la direction d’Alfred Wahl, Université de Metz, 1983, 176 p. — RGASPI, pas de dossier à son nom dans les archives du Komintern, juste une Marie-Louise Klein (495 270 6640) ; rien non plus sur son mari Guillaume. Cette absence confirme sa situation d’extériorité lorsque se met en place le contrôle biographique fin 1931.

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