KUNTZ Eugène, Jean, Baptiste

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 27 janvier 1904 à Paris (XVe arr.), fusillé le 29 décembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; conducteur de voitures ; militant communiste ; résistant.

Eugène Kuntz était le fils de Matherne Théophile et Jeanne née Berthier. Il épousa Berthe Burg le 9 août 1924 à Issy-les-Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine), où il s’installa, 43 rue Danton, chez sa belle-mère. Ils eurent un enfant.
Conducteur de véhicules automobiles, Eugène Kuntz adhéra au Parti communiste en 1935. Il dirigea un temps la cellule communiste des établissements Mazda. Après sa démobilisation en septembre 1940, il retrouva un travail dans une entreprise d’Issy-les-Moulineaux, « l’Incombustibilité ». Il prit place dans l’appareil reconstitué par Maurice Tréand en région parisienne, ce qui lui valut d’être cité dans le rapport du 26 février 1941 d’Arthur Dallidet comme appartenant à « un groupe de policiers très nuisibles », en l’occurrence « le groupe Ryant, Rouvray, Kuntz et compagnie à Paris-Est », parmi plusieurs autres. Sans doute Eugène Kuntz n’en sut-il jamais rien ? La police en tout cas fut sur ses traces et perquisitionna son domicile : elle y découvrit des tracts, une machine à écrire et une ronéo électrique.
Eugène Kuntz quitta alors son travail et passa dans la clandestinité en mai 1941 sous la fausse identité d’André Maillard. Il loua un logement illégal 31 rue de la Butte aux Cailles. Il fut désormais permanent du parti clandestin. Il appartint aux groupes communistes des services publics d’abord animés par Marcel Paul. Après l’arrestation de ce dernier le 12 novembre 1941, la brigade spéciale du commissaire David relança début 1942 une nouvelle enquête en direction des services publics parisiens.
De filature en filature, ils repérèrent un certain nombre de militants. Pour Eugène Kuntz, ce fut chose faite le 9 février 1942 lors d’un rendez-vous avec Corentin Celton dans un café, 58 boulevard de la Tour-Maubourg. La BS1 des Renseignements généraux procéda finalement à treize arrestations le 26 mars 1942, suivies de cinquante-deux autres dans les jours suivants. Au domicile clandestin d’Eugène Kuntz, les policiers avaient saisi des tracts, des projets de tracts ainsi que des agitateurs en verre, deux gros tubes à essai et un morceau de paraffine.
Douze personnes furent relâchées à l’issue de la procédure, mais cinquante-trois résistants furent inculpés le 10 avril 1942 pour « activités clandestines en faveur de la IIIe Internationale », avant d’être livrés aux Allemands. Eugène Kuntz fut condamné à mort par le tribunal militaire de Paris. Il a été fusillé au Mont-Valérien le 29 décembre 1943 à 15 h 12 aux côtés de Corentin Celton et René Lenoir.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article97496, notice KUNTZ Eugène, Jean, Baptiste par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 9 octobre 2018.

Par Jean-Pierre Ravery

SOURCES : Arch. PPo, RGP. – Arch. Dép. Yvelines, 1369 W 7. – État civil, Paris (XVe arr.).

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