BADSI Sid Ahmed

Par René Gallissot

Né à Tlemcen (Algérie), communiste de Tlemcen, second de son frère, Mohamed Badsi, dirigeant du PCA, tient une boutique de tailleur.

Frère de Mohamed Badsi et également communiste ; les rapports de police font fréquemment la confusion entre les deux frères. Sid Ahmed Badsi est resté en émigration à Izmir en Turquie jusqu’en 1933 au moins. En 1934, il semble de retour à Tlemcen et seconde son frère dans l’organisation du rayon communiste de la ville. Un rapport de police le donne également comme diffuseur à Tlemcen du journal de l’Étoile Nord Africaine : El Ouma (la communauté que tout le monde comprend comme la nation) qui est le journal de Messali. Certes les statuts de 1933 de réorganisation de l’ENA interdisent la double appartenance avec le PC, mais alors que le parti messaliste n’est pas encore implanté en Algérie, les échanges et la collaboration continuent.

En 1935-1936 en tout cas, Sid Ahmed Badsi apparaît bien comme communiste ; il est aussi membre du Comité local du Congrès musulman (1936-1937) qui entre en rivalité avec le parti de Messali et repose principalement sur les communistes et les membres de l’association des Oulémas à laquelle appartient le troisième frère. Alors que ce dernier trouve sa place et sa subsistance dans une mosquée de Tlemcen, Sid Ahmed Badsi tient une boutique de tailleur en centre-ville, rue Catinat, qui pourvoit à l’existence et à l’action militante des deux frères communistes ; aussi l’activité politique de Sid Ahmed Badsireste dans l’ombre de son frère qui est l’animateur du mouvement communiste et des luttes syndicales dans la région de Tlemcen. La cellule de Tlemcen est sanctionnée à la fin de 1937, pour nationalisme.

En 1943, il semble jouer un plus grand rôle dans la reprise du mouvement politique, en organisant notamment des comités de quartier. Il est en liaison avec les dirigeants communistes libérés des camps ; il aurait ainsi reçu chez lui le communiste français Roger Garaudy à sa sortie du camp de Bossuet. En 1947, il est candidat aux élections dans le 2e collège. Alors que les partis, communiste et nationaliste, sont interdits et les militants surveillés, il cache à Tlemcen en 1956, l’étudiant en médecine d’Alger, Daniel Timsit* recherché pour aide au FLN (laboratoire d’explosifs à Alger). La planque n’est pas découverte ; Sid Ahmed Badsi est arrêté par la Légion mais après avoir été maltraité, relâché. Il se réfugie alors en France à Grenoble où son fils poursuit des études techniques.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article97627, notice BADSI Sid Ahmed par René Gallissot, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 22 novembre 2013.

Par René Gallissot

SOURCES : Arch. Wilaya d’Oran. — La Lutte sociale et presse locale. — Notes d’A. Taleb-Bendiab.-J. Delorme, mémoire sur Sidi-Bel-Abbès, op.cit.

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