ALAGILLE Yves, Armand, Pierre

Par Jacques Girault

Né le 1er avril 1923 à Paris (XVe arr.), mort le 8 février 2009 à Paris (XIVe arr.) ; instituteur, puis professeur d’enseignement général de collège ; militant syndicaliste du SNI ; militant communiste, adjoint au maire de Goussainville (Seine-et-Oise, Val-d’Oise).

Les parents d’Yves Alagille divorcèrent en 1926. Il fut élevé, avec son frère, par sa mère, ancien premier prix du conservatoire de Paris, professeure de piano à Versailles. Son père, agent de commerce devenu directeur d’une entreprise de transport de charbon, collabora pendant la guerre, fut interné pendant neuf mois au camp de Drancy à la Libération et fut libéré à la suite d’une intervention de René Mayer. Son fils cessa de le fréquenter en 1946. Dans les deux biographies qu’il rédigea pour la section des cadres du Parti communiste français, il s’expliqua sur son parcours et ses origines familiales. Il concluait ainsi l’exposé de ses antécédents familiaux : « Ils ne sont pas très glorieux, certes... mais mon enthousiasme et mon souci de servir le parti chaque jour mieux, chaque jour davantage ne me laissent plus le temps de songer à l’affreux petit-bourgeois que j’ai été ! »

Après avoir obtenu le baccalauréat (mathématiques élémentaires) et suivi les cours de mathématiques supérieures, Yves Alagille entra au centre de formation des instituteurs de Versailles qui se tenait au lycée Hoche en 1940. Il évita le service du travail obligatoire en se faisant réformer. Il effectua son service militaire à la sortie de la guerre dans l’aviation.

Yves Alagille, nommé à Sarcelles (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), adhéra au Mouvement républicain populaire de 1945 à 1947, influencé par Marc Sangnier qu’il connaissait. Avec la rupture du tripartisme, il cessa de militer dans ce parti pour rejoindre pendant deux ans le Parti socialiste unitaire et fut secrétaire de la section de Sarcelles. Directeur de la Maison de la jeunesse et de la culture, il rencontra des militants communistes et adhéra au Parti communiste français en 1950. Il devint secrétaire politique de la section en 1951. Il se maria en juillet 1947 à Sarcelles, avec Suzanne, Marie, Rose, Hortense Gobert, née le 31 juillet 1924 à Sarcelles, fille d’un journalier devenu ouvrier boulanger, institutrice qui adhéra au PCF en 1953 (promotion Staline). Elle décéda le 22 janvier 2016 à Sucy-en-Brie (Val de Marne). Le couple eut une fille.

Yves Alagille obtint sa mutation pour Écouen où il fut secrétaire de la section communiste en 1951, avant d’être nommé à l’école Curie à Goussainville où il enseigna les mathématiques dans les classes du cours complémentaire. Dès 1952, il était le secrétaire de la section locale, responsable du travail idéologique, chargé notamment de diriger l’école de section.

En 1953, il suivit le stage d’instituteurs organisé par la direction du Parti communiste. Le directeur du stage l’appréciait : « un de ceux ayant le plus étudié avant sa venue à l’école. Le meilleur élève de la promotion. Très intelligent. Esprit vif, réfléchi, « accrocheur » dans la discussion. Assez volubile. Quoique n’ayant pas de responsabilité syndicale, était un de ceux ayant le plus réfléchi sur les problèmes des instituteurs. Camarade qui paraît très dévoué au Parti, dont il semble volontiers rechercher l’aide. Semble devoir donner de bons résultats chez les instituteurs ».

Yves Alagille adhérait au Syndicat national des instituteurs, à la FEN-CGT, au Secours populaire et à l’association France-Tchécoslovaquie. Au retour de ce stage, il s’intéressa davantage au militantisme syndical comme membre du collectif de travail auprès du bureau de la sous-section du SNI et responsable cantonal de la FEN-CGT. Il entra au bureau du comité de défense des libertés républicaines et laïques de Gonesse. Aussi le secrétariat du Parti le proposa-t-il comme directeur adjoint du stage central d’instituteurs du 8 au 24 septembre 1958. Il déclina cette offre car il devait diriger une colonie de vacances de Goussainville. De la même façon, après en avoir été un des principaux animateurs, il devint en 1958 responsable du collectif départemental de L’École et la Nation. Délégué au congrès national du SNI, il intervint, le 15 juillet 1962, dans la discussion du rapport pédagogique de Jeanne Lordon, tout en exprimant son accord, il préconisa de contester plus fortement la politique scolaire du gouvernement en luttant pour une réforme démocratique. Il participait au bureau de la section départementale du SNI (novembre 1957-novembre 1964).

Yves Alagille, membre de la commission fédérale de contrôle financier en 1954, devint membre du comité de la fédération communiste de Seine-et-Oise en 1956 et fut régulièrement reconduit jusqu’en 1966 au comité de la nouvelle fédération Seine-et-Oise-Nord où son mauvais état de santé empêcha sa réélection. En 1961 et 1962, il était le responsable de la fédération communiste pour les questions de l’enseignement. Il suivit les cours de l’école centrale du PCF au milieu des années 1960 et était au milieu des années 1960 membre du bureau de la section communiste de Goussainville.

Deuxième adjoint au maire de Goussainville depuis les élections municipales de 1953, il était quatrième adjoint à partir de 1959 tout en faisant partie du bureau de la section communiste locale.

En 1967, pour la candidature aux élections législatives, il fut question de présenter Alagille dans la dixième circonscription (Sarcelles, Écouen, Luzarches, Gonesse). Considéré comme un homme de masse, possédant de grandes qualités politiques, ayant longtemps enseigné à Sarcelles, il apparut comme le candidat idéal. Mais on redoutait la réaction de l’habituel candidat dont on connaissait la susceptibilité. Finalement, la fédération préféra ne pas le proposer.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9764, notice ALAGILLE Yves, Armand, Pierre par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 9 octobre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Oise-Yvelines, 1 W 1141, 1104 W 72, 104. — Arch. du comité national du PCF. — L’Ecole libératrice.— Notes de Nadia Michel-Ténine.

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