ALBAN Charles, Paul, Denis

Par Claude Pennetier

Né le 3 novembre 1902 à Paris (XXe arr.), mort en déportation le 9 août 1942 à Auschwitz ; métallurgiste à Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), puis à Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine) ; syndicaliste CGT et militant communiste ; conseiller municipal de Gennevilliers (1934-1940).

Charles Alban. (AM Gennevilliers).
Charles Alban. (AM Gennevilliers).

Fils d’un serrurier et d’une brunisseuse, Charles Alban, enfant de Belleville-Ménilmontant, disait avoir été « enfant assisté » dans une lettre du 23 janvier 1941. Titulaire du certificat d’études primaires, il était raboteur sur fer chez Hispano (Bois-Colombes) ; en 1939, il se disait manœuvre spécialisé (acte de mariage) ; il était qualifié de mortaiseur raboteur dans les documents préfectoraux de 1940. Il fut en novembre 1930 l’un des animateurs des grèves d’Argenteuil (Seine-et-Oise). Selon le préfet (lettre au ministre de l’Intérieur), 3 000 métallurgistes sur un total de 6 253 étaient alors syndiqués à la CGT. L’année suivante, il travaillait à Billancourt. Son premier fils naquit à Paris XVIIIe arr. en 1930, mais sa présence à Gennevilliers est attestée au 70 de la rue Caboeufs (qui devint rue Paul Vaillant-Couturier) dès 1930.
Le 14 octobre 1934, Charles Alban se présenta aux élections municipales complémentaires de Gennevilliers en tant que « métallurgiste, membre du Parti communiste et syndiqué ». Il fut élu sur la liste conduite par Jean Grandel*, 11e sur 26. Réélu le 5 mai 1935, 20e sur 27, sur la liste du maire sortant, il fut déchu de son mandat le 9 février 1940 par le conseil de la Seine pour son appartenance au PC
Arrêté le 5 octobre 1940 et interné à Aincourt, il écrivait à sa femme en octobre 1941 : « encore un peu de patience » et faisait allusion à la « chanson que nous chantions en chœur lors des promenades heureuses ». Transféré à Compiègne le 11 février 1942, Charles Alban fut déporté à Auschwitz par le convoi du 6 juillet 1942, dit convoi des « 45 000 » par référence au numéro de matricule affecté aux déportés à leur arrivée. Ce convoi était composé essentiellement d’otages victimes de la répression anticommuniste : sur 1 175 déportés il ne restera que 119 survivants. Il mourut à Auschwitz le 9 août 1942, mais les documents d’état civil retiennent la date du 1er septembre 1942. Son décès étant ignoré en France à la Libération, son nom fut avancé pour la composition du conseil municipal provisoire de Gennevilliers (arrêté préfectoral du 20 octobre 1944).
Il s’était marié le 29 septembre 1928 à Paris (XVIIIe arr.) avec Andrée Rouquette (née à Paris Ve arr. en 1909) et, veuf, s’était remarié le 25 novembre 1939 à Gennevilliers avec Madeleine Lamoulen, manoeuvre. Il était père de quatre enfants.
Homologué « Déporté politique », reconnu « Mort pour la France », son nom figure sur la plaque commémorative en Mairie, à la Maison du Combattant. Une rue de Gennevilliers honore sa mémoire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9781, notice ALBAN Charles, Paul, Denis par Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Claude Pennetier

Charles Alban
Charles Alban
Site Mémoire vive.
Charles Alban. (AM Gennevilliers).
Charles Alban. (AM Gennevilliers).

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Oise, M, non classé. — Arch. Dép. Paris (Seine), DM3 ; versement 10451/76/1 ; D3 M2 28. — Arch. PPo. 101. . — Arch. Com. Gennevilliers, Liste de déportés, noms de rues, biographie et plaque dédiée « A la mémoire des Conseillers municipaux morts pour la France ». — Renseignements communiqués par Nadia Ténine et Claudine Cardon-Hamet.

PHOTOGRAPHIES : convoi des 42000 et AM Gennevilliers.

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