ALBERTINI Lucienne [née LOGEROT Lucienne, Amélie, Angéline, Camille]

Par Pierre Boiteau

Née le 28 décembre 1897 à Paris, morte en 1976 à Dijon (Côte-d’Or) ; vice-présidente du Conseil provincial de Tananarive ; présidente de l’Union des femmes de Madagascar ; conseillère municipale et maire adjointe de Tananarive.

Lucienne Logerot épousa en 1921 Barthélemy Albertini* qui venait d’obtenir sa licence en Droit et de s’inscrire comme avocat à la Cour d’appel de Paris et devint sa fidèle collaboratrice.

Après une rencontre avec un avocat malgache, Samuel Stephany* son mari décida de partir pour Madagascar.

Accompagnés de leurs deux premiers enfants, les Albertini s’embarquèrent en octobre 1925 à destination de Tamatave. Après une surveillance étroite de la police coloniale et de nombreux obstacles, Me Albertini put enfin ouvrier son étude et il acquit rapidement une brillante réputation de défenseur et participa activement, en tant qu’avocat et journaliste, à la lutte contre les abus du régime colonial : défense des journaux politiques fondés par des patriotes malgaches, création du Parti socialiste (SFIO), section de Madagascar, etc.

Lorsque Me Albertini, acquitté par une nouvelle juridiction n’en fut pas moins traduit devant un « conseil de discipline » en vertu des dispositions de l’arrêté du 4 mai 1932 qu’il mettait en cause et suspendu pour six mois avec demande de radiation, attaquant cette décision arbitraire pour soutenir sa requête devant le Conseil d’État, il dut se rendre à Paris et il y était encore à l’avènement du Front Populaire pour obtenir enfin la création d’un Barreau à Madagascar.

Durant cette longue absence, son étude resta néanmoins ouverte et fonctionna sans interruption grâce au travail inlassable de son épouse Lucienne Albertini et au dévouement des clercs malgaches qui restèrent fidèles, en dépit de toutes les pressions et des difficultés financières. Lucienne Albertini adhéra bien entendu à la section de Madagascar du Parti socialiste (SFIO) et participa activement à son premier congrès fédéral en juin 1936.

Durant leur séjour à Madagascar, les Albertini eurent trois enfants, dont deux moururent en bas âge.

Lucienne Albertini dut faire face dès 1939 aux nouvelles absences de l’avocat.

Partie pour le rejoindre à Alger en 1944, Lucienne Albertini dut rentrer à Madagascar quelques mois plus tard, après sa mort. Un climat politique nouveau y régnait du fait du grand élan démocratique que connaissait la France elle-même. Dès son arrivé, elle reprit contact avec les leaders du mouvement national que Me Albertini avait si souvent défendus et se dévoua pour promouvoir l’Union des femmes de Madagascar dont elle assumait la présidence. Lors de la répression qui suivit les événements de 1947, elle fit voter par le bureau de l’Union des femmes une motion appelant Françaises et Malgaches à l’union. Mais le climat de confiance qui s’était créé était déjà fort compromis. Elle participa activement à la défense des inculpés de l’Affaire de Madagascar, aidant les avocats de la défense, réconfortant les familles des emprisonnés. Elle aida aussi à la création du journal Fraternité qui dénonçait les exactions colonialistes et la répression.

En 1950, elle partit pour Paris comme représentante du Comité franco-malgache et déposa entre les mains du Président de l’Assemblée nationale une demande de révision du procès truqué des parlementaires malgaches. À son retour à Madagascar, ses amis malgaches lui demandèrent de se présenter aux élections municipales et provinciales que prévoyait la nouvelle "loi-cadre". Elle fut élue au conseil municipal de Tananarive et devint maire adjoint de la capitale malgache. Elle fut également élue au conseil provincial et devint vice-présidente de ce conseil. Après l’indépendance, elle sera l’une des rares Françaises décorées du Mérite Malgache, pour son action sociale inlassable. Elle fut également faite Chevalier de l’Ordre national malgache. Elle rentra en France en 1970 et se retira à Vauvey (Côte-d’Or) dans une petite propriété familiale. C’est là que sont encore conservées les archives de la famille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9806, notice ALBERTINI Lucienne [née LOGEROT Lucienne, Amélie, Angéline, Camille] par Pierre Boiteau, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 21 janvier 2009.

Par Pierre Boiteau

SOURCES : Arch. familiales et notes de Mme Monique Lefèvre-Albertini, fille des époux Albertini.

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