BARRAIL Kléber

Par Christian Lescureux

Né le 6 octobre 1919 à Arques (Pas-de-Calais), mort le 26 juillet 1973 à Saint-Laurent-Blangy ; ouvrier puis agent de maîtrise dans une usine d’engrais vers Arras ; secrétaire de l’Union départementale CGT du Pas-de-Calais (1956-1973) ; militant communiste.

Né dans une famille d’ouvriers verriers (son père, Pierre, verrier, était né à Givors, et sa mère, Maria née Durrio, commerçante, était née à Bordeaux), Kléber Barrail eut trois frères et sœurs. Il obtint à l’âge de onze ans son certificat d’études à Saint-Laurent-Blangy (Pas-de-Calais) où la famille était venue habiter au décès de son père. Il entra comme coursier, d’abord dans une entreprise de matériaux de construction puis, en mars 1938, à l’usine des engrais Auby à Feuchy, une des plus importantes entreprises de la région d’Arras. Il devait la quitter en 1955 avec une qualification d’agent de maîtrise. Il devint alors cadre. Le 18 novembre 1950 à Arras, il avait épousé Alice Dusaussoy, sans profession, qui, comme lui, militait au PCF.

Kléber Barrail participa très jeune à l’action syndicale en adhérant à la CGT en 1936. Il adhéra au Parti communiste clandestin en 1940 puis s’engagea dans la résistance sous la responsabilité de Jules Warret commandant FTP, alias Roger. Kléber Barrail distribua des tracts, récupéra des armes et participa à des sabotages. Recherché par la police, il dut quitter le secteur mais il fut arrêté à Châteauroux par la police française lors d’un contrôle d’identité. Ramené à la prison de Cuincy (Nord), il fut envoyé sur les chantiers d’Eperlecques (Pas-de-Calais) où les Allemands construisaient les bases des V1 qui bombardaient l’Angleterre.

À la Libération, Barrail Kléber fut secrétaire du syndicat des produits chimiques de Feuchy. Cette entreprise de 250-300 ouvriers massivement syndiqués à la CGT, fut à la pointe des luttes syndicales et politiques. Ainsi, en juillet 1950, l’appel de Stockholm recueillit-il 160 signatures. Barrail était secrétaire de l’Union locale d’Arras en 1949. En 1954, il accéda au secrétariat de l’Union départementale CGT du Pas-de-Calais ; de 1956 à 1964, il fut le secrétaire de l’Union départementale et il siégea au secrétariat jusqu’à sa mort. André Wyart, qui avait été son adjoint chez Feuchy, lui succéda.

Kléber Barrail fut aussi un des responsables du Parti communiste de ce département. Secrétaire de la cellule de Saint-Laurent-Blangy, il siégea au bureau de la section communiste d’Arras et prit une part active à toutes les campagnes du PCF, notamment pour la paix en Indochine, et en Algérie, contre la Communauté européenne de défense (CED) et le réarmement de l’Allemagne. Il fut candidat communiste de la liste UPRA de Saint-Laurent-Blangy en 1945 et 1947, puis tête de liste à toutes les élections jusqu’en 1971. En 1953, Barrail fut élu au bureau de la Fédération communiste du Pas-de-Calais et il y resta jusqu’à sa mort. En 1954, il était secrétaire de la section communiste d’Arras et de 1965 à 1968, il siégea au bureau de la section d’Arras. Il fut semi-permanent du Parti communiste entre 1963 et 1968 et suivit plusieurs de ses écoles de formation dont l’école nationale de quatre mois en 1963.

Kléber Barrail mourut subitement à Saint-Laurent-Blangy le 26 juillet 1973. Sa disparition suscita une grande émotion dans le Pas-de-Calais. Il en était devenu une personnalité marquante, considérée comme pouvant jouer un rôle important dans le cadre du Programme commun. PC et PS se disputaient alors âprement le leadership de ce département où la gauche était très influente.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article98161, notice BARRAIL Kléber par Christian Lescureux, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 28 mai 2021.

Par Christian Lescureux

SOURCES : Liberté, 27 et 31 juillet 1973. — La Tribune des mineurs, 1er au 8 août 1973. — Souvenirs écrits d’André Wyart. — Archives du comité national du PCF, liste des comités fédéraux. — État civil d’Arques.

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