ALEXANDRE Henri, Maurice, Albert

Par Gérard Bourdin, Claude Pennetier

Né le 2 septembre 1920 à Randonnai (Orne) ; employé des PTT ; secrétaire de l’Union départementale Force ouvrière (FO) de l’Orne (1949-1958) ; secrétaire adjoint de la fédération socialiste SFIO.

Fils d’un ouvrier sabotier d’opinions radicales et d’une ménagère, Henri Alexandre fut enfant de chœur, mais perdit la foi au début de l’adolescence. Élève de l’école publique, titulaire du CEP, il réussit le concours des bourses et fit quatre ans de cours complémentaire. Malgré son brevet élémentaire, il ne trouva pas de travail en 1936 et fit divers petits métiers : ramasseur de pommes et manœuvre dans une cidrerie, manutentionnaire en usine. En 1937, les PTT le recrutèrent comme auxiliaire à Alençon. Titularisé en 1946, il eut les grades de commis, d’agent d’exploitation, de contrôleur et de chef de section.

Il ne vint au syndicalisme que tardivement, quelques mois avant la scission de décembre 1947. Il participa à la création des syndicats Force ouvrière dès janvier 1948, entra au bureau de l’Union départementale et fut très vite secrétaire adjoint, puis, à la suite de Jean-Pierre Gibeau, malade, secrétaire général en avril 1949. Henri Alexandre ne se départira pas de sa modestie, affirmant que des concours de circonstances l’avaient conduit à occuper des responsabilités dans un département pauvre en dirigeants syndicaux et politiques, mais qu’il n’avait pas l’ambition de jouer un rôle au-delà de l’Orne. S’il assista à de nombreuses commissions exécutives nationales de FO et y fit la connaissance des grands noms de la confédération, il n’y prit guère la parole. Son rôle fut particulièrement important pendant les grèves de l’été 1953 qu’il anima dans les PTT de l’Orne. En avril ou en mai 1953 (selon les sources), il laissa le secrétariat général à Raoul Rousselle, fonctionnaire au ministère de la Reconstruction et du Logement, tout en restant secrétaire à la propagande puis devenant ensuite secrétaire général adjoint en juin 1954.

Force Ouvrière a connu, au cours des années 1950, d’importantes difficultés pour maintenir ses implantations syndicales dont le nombre fut relativement faible ; l’Orne étant pour elle véritablement une « terre de mission ».

Henri Alexandre s’engagea alors dans deux mouvements. Il créa et anima à partir de 1959 l’Association départementale des donneurs de sang des PTT, et surtout, il s’occupa de la Mutuelle des PTT. À ce titre, il fut la cheville ouvrière de l’union des sociétés mutualistes de l’Orne (FNMF) et, pendant vingt-cinq ans, le directeur administratif de ces organismes : cabinets dentaires, centre d’optique... Il était détaché des PTT. Son militantisme l’entraîna également sur le terrain de la laïcité, dans les conseils de parents d’élèves et au CNAL.
Sollicité depuis plusieurs années, il n’adhéra à la SFIO qu’en 1955 mais n’y exerça pas immédiatement de responsabilités en raison de son rôle à FO. Libéré du secrétariat de l’UD, il participa au bureau fédéral. En 1962 et en 1967, il fut candidat dans la circonscription d’Alençon (Orne) où il obtint respectivement 7,9 % et 11,5 % des suffrages exprimés. En 1964, il se présenta aux élections cantonales. En 1965, il était membre du comité départemental « Horizon 80 », favorable à la candidature de Gaston Defferre* aux élections présidentielles. L’année suivante, il siégeait au bureau départemental de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FDGS) et en 1967, il était secrétaire fédéral adjoint de la SFIO pour l’Orne. La conquête du Parti socialiste par François Mitterrand* n’emporta pas son adhésion. Il cohabita avec les « nouveaux socialistes » sans accepter la distance qu’ils manifestaient à l’égard des anciens de la SFIO. Déçu par le premier mandat de François Mitterrand, il donna sa démission du Parti socialiste en 1988 à l’annonce de sa deuxième candidature.

Retraité à Alençon, il resta membre de Force ouvrière. Il s’était marié le 12 mai 1945 à Alençon avec Madeleine, Henriette Barbier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9842, notice ALEXANDRE Henri, Maurice, Albert par Gérard Bourdin, Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 28 novembre 2011.

Par Gérard Bourdin, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Orne, 1 W 91, 348 W 330, 348 W 351, 348 W 354. — Ouest-France, 22 février 1967. — Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, 28 mai 1953, 13 et 27 mai 1954, 8 juillet 1954. — Entretien avec Henri Alexandre, 26 juillet 2003. — Comptes rendus des congrès confédéraux de Force ouvrière de 1950 à 1956. — État civil de Randonnai. — Informations transmises en octobre 2011 par Liza-France Paroisse, secrétaire générale de l’UD FO de l’Orne. — Notes de Louis Botella.

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