BAUMANN Marcel

Par Claude Pennetier, Annie Pennetier, Didier Alvarez

Né le 10 juillet 1906 à Paris (Ve arr.), mort le le 11 mai 1984 à à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) ; cordonnier ; militant communiste parisien ; résistant au sein du Front national à Ormesson (Seine-et-Oise, Val-de-Marne), déporté.

Fils d’une blanchisseuse, légitimé par le mariage de Georges Jacques Baumann, corroyeur et de Jeanne Louise Aucordier, Marcel Baumann était cordonnier. Il travailla dans une usine de Pantin comme monteur en chaussures. Domicilié 140 rue de Ménilmontant à Paris (XXe arr.), il s’y maria le 26 octobre 1929 avec Hélène Bourret, couturière, née à Courchelettes (Nord).
Il militait au Parti communiste dans le XXe arrondissement de Paris, il était membre de la 4e entente des jeunesses communistes.
En 1925, il avait été arrêté pour “ entrave à la liberté du travail et rébellion” alors qu’ il invitait des ouvriers à se mettre en grève devant une usine 18 rue Lauzin, Paris XIXe ; il fut condamné à 15 jours de prison.
En 1927, il fut arrêté en uniforme militaire ( 94e régiment d’infanterie, 2e compagnie) alors qu’il participait à une manifestation organisée par le Parti communiste au cimetière du Père-Lachaise devant le mur des Fédérés, où il n’a ” ni chanté , ni poussé des cris séditieux”, déclara-t-il.
Il fit partie des cent vingt-neuf délégués de la cinquième conférence communiste de la région parisienne interpellés, salle Reflut à Clichy, le 24 mars 1929. La police voulut interpeller un « délégué étranger » qui tenta de se réfugier dans la salle, mais il fut arrêté malgré une bagarre avec les congressistes. À la sortie les militants narguèrent les inspecteurs : une seconde bagarre éclata provoquant une blessure grave dans les rangs policiers. L’agent Resclon, frappé avec des manches de pioche, mourut dans les jours qui suivirent. La police entra en force dans la salle et arrêta les cent vingt-neuf délégués. Voir Ancelle Maurice.
Pendant la guerre, il était domicilié 33 rue de Birague à Ormesson (Seine-et-Oise). Résistant du Front national pour l’indépendance et la libération de la France, communiste, il fut arrêté en octobre 1941 pour distributions de tracts « propagande anti-allemande » puis incarcéré dans les prisons Corbeil (Seine-et-Oise, Essonne) de la Santé (Paris XIVe arr.) du 21 octobre au 1er février 1941, Fresnes (Seine, Val-de-Marne) jusqu’au 6 mars 1942 puis de Poissy (Seine-et-Oise, Yvelines) jusqu’au 12 octobre 1942 et enfin dans le Frontstalag de Compiègne-Royalieu matricule 6427.1.
Marcel Baumann fut déporté dans le convoi I.74 parti de Compiègne le 24 janvier 1943 pour Sachsenhausen (matricule 59380). Il fut affecté au kommando Heinkel, usine d’aviation, avec son camarade Fernand Bachelier. Dans le même convoi de déportés se trouvaient également Roger Gesmier et Jules Comotto résistant FTP d’Ormesson. Il fut libéré le 2 mai 1945 à Schwerin.

Reconnu résistant de la Résistance intérieure française, RIF, sa demande de déporté résistant lui fut refusée au profit de déporté politique, une attestation datée du 13 mars 1948 du résistant député communiste de Seine-et-Oise Robert Ballanger attestant de ses activités de résistant.

Il mourut à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) le 11 mai 1984.

Son nom est inscrit sur la plaque commémorative des déportés à Ormesson (Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article98559, notice BAUMANN Marcel par Claude Pennetier, Annie Pennetier, Didier Alvarez, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 3 mai 2022.

Par Claude Pennetier, Annie Pennetier, Didier Alvarez

SOURCES : Arch. Nat. F7/13119, 24 mars 1929. — AVCC-SHD, Caen, AC 21P 704311. — SHD, Vincennes, GR 16P 39575.— Archives Arolsen. — L’Humanité, 18 mars 1929.— FMD. — Photo Didier Alvarez.— État civil Paris, acte de mariage n°2027, 20M 379, 23/31.— Fiche d’homologation IP transmise par Didier Alvarez.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément