BAYLE Henri

Par Justinien Raymond et Antoine Olivesi

Né le 17 avril 1868 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; militant syndicaliste et socialiste de Marseille.

Abandonné par ses parents, il fut reconnu à sa naissance par sa mère, domestique, âgée de trente ans, originaire de Lastreille (Lot-et-Garonne) mais, pris en charge par le Service des enfants assistés, il fut mis en nourrice dans le département de l’Isère. À douze ans, il quitta ses parents nourriciers pour exercer à Grenoble le métier de crieur de journaux. Puis, on le retrouve garçon de restaurant et apprenti coiffeur à Aubenas. Coiffeur, il alla exercer sa profession à Lyon, puis à La Chaux-de-Fonds, en Suisse, jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Dans cette dernière ville, il participa au mouvement corporatif notamment en faveur de la fermeture des salons de coiffure le dimanche après-midi : cette revendication aboutit. Il eut la même activité professionnelle et syndicale à Besançon, puis à Roanne avant d’aller faire à Marseille, pendant trois ans, un service militaire dont il supporta mal la discipline, contraire à son caractère indépendant.

Libéré, Bayle s’établit coiffeur à Marseille. Professeur à l’école de coiffure Paulin-Blanc, il démissionna pour fonder l’école du syndicat des ouvriers coiffeurs dont il était le secrétaire et le délégué à l’Union des chambres syndicales ouvrières. Il présida la commission du contentieux et fut élu administrateur de la Bourse du Travail.

Il reprit le combat déjà mené ailleurs pour la fermeture des salons de coiffure le dimanche après-midi et présida le comité animateur de la grève engagée dans ce but.

Son enfance abandonnée, ses débuts difficiles peuvent expliquer la haine tenace qu’il nourrissait pour les institutions sociales. Elle soutint aussi son ardeur au combat et à l’étude. Il est donné comme le « type d’ouvrier intelligent, autodidacte qui, par ses études acharnées, est arrivé à concevoir sur l’état social des idées assurément discutables, mais très logiquement déduites... [Il] affirme avec une intransigeance d’apôtre ses idées collectivistes. Fervent disciple de Karl Marx, il se classe dans ce que nous appelons actuellement en France le groupe guesdiste ».

Il y a vraisemblablement identité entre Henri Bayle et Bayle (prénom non indiqué) qui fut délégué au Ve congrès national des syndicats et groupes corporatifs ouvriers de France tenu à Marseille du 19 au 22 septembre 1892. Il y représentait, avec Valez J., le syndicat des portefaix du marché central de Marseille. Identité également avec Bayle qui fut délégué au congrès du Parti ouvrier français (POF) tenu à Marseille du 24 au 28 septembre 1892, puis à celui de Montluçon en 1898.

Henri Bayle ne s’en tint pas à l’action corporative mais combattit sur le terrain politique. Il fut un temps secrétaire de l’Union socialiste de Marseille et, après 1905, milita au sein de la Fédération du Parti socialiste SFIO. En 1898, il fut élu conseiller d’arr. du 1er canton de Marseille. Réélu au 1er tour en 1904, il exerçait alors la profession d’employé, donnée sans plus de précisions. En 1907, dans son propre canton, il tenta en vain de passer au conseil général : avec 607 voix, il ne vint qu’en troisième position derrière Chanot, progressiste, et Estier, radical. Cependant, un rapport préfectoral du 1er avril 1908 le donne comme assez influent. En 1910, il fut battu au renouvellement du conseil d’arr. En 1905, il avait déjà échoué au conseil municipal sur la liste Flaissières. Il n’y entra qu’en 1919 sur la liste de coalition républicaine et socialiste menée par Flaissières.

Devenu courtier après la Grande Guerre, et conseiller municipal de Marseille en 1919 sur la liste Flaissières, il fut délégué à l’économat et aux pompes funèbres. En 1925, sous l’étiquette de républicain-socialiste, il fut battu pour les élections au conseil général, dans le premier canton de Marseille par le socialiste Corbani. Il n’obtint que 697 voix sur 8 872 inscrits. Il fit partie, ensuite, en 1931 et 1937, du comité électoral de Corbani.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article98610, notice BAYLE Henri par Justinien Raymond et Antoine Olivesi, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 5 novembre 2022.

Par Justinien Raymond et Antoine Olivesi

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 3/50 bis et 53 ; V M 2/288 et 289. — G. d’Oussouville, Historique du Conseil général des Bouches-du-Rhône, p. 231-233. — Le Petit Provençal, 1er et 11 décembre 1919, 20 juillet 1925, 4 octobre 1937.

ICONOGRAPHIE : G. d’Oussouville, op. cit.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément