ALLARD Georges, Louis

Par Jacques Girault

Né le 14 novembre 1917 à Ergué-Armel (Finistère), mort le 11 avril 1992 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) ; professeur dans l’Eure puis principal de CES dans la Sarthe ; résistant ; militant communiste de l’Eure.

Fils d’un employé des chemins de fer selon l’état civil, d’un cheminot qui adhéra au PCF en 1950, selon la notice biographique remplie pour le Parti communiste français, Georges Allard commença des études à la faculté de Rennes et fréquenta des étudiants communistes en 1938. Il effectua son service militaire dans l’infanterie à Angoulême (Charente), où ses parents demeuraient, puis à Rennes (Ille-et-Vilaine). Il continuait à avoir des contacts avec les étudiants communistes. Maintenu sous les drapeaux, affecté à l’école de Saint-Maixent (Deux-Sèvres) en janvier 1940, dont il sortit aspirant, il connut la débâcle militaire jusqu’à la dispersion de son régiment à Montluçon (Allier). Considéré comme déserteur, il fut arrêté une journée en mai 1941.

Après avoir été instituteur à Paris (octobre-décembre 1940), il devint maître d’internat au collège Chaptal de la ville de Paris (janvier 1941-juillet 1942) pour préparer la première partie du certificat d’aptitude à l’enseignement dans les écoles normales et les EPS (lettres) qu’il obtint. Mis en contact avec les étudiants parisiens, futurs membres du Front national, en janvier 1941, il devint le responsable du triangle communiste des étudiants en histoire (janvier-mars 1941) avec le pseudonyme de « Colon ». Responsable du secteur lycée de Paris (avril-mai 1941) (« Arnaud ») puis du secteur grandes écoles (juin-décembre 1941), affecté dans l’appareil technique du Front national étudiant (« Pompon ») de janvier à mars 1942, il fit partie du triangle de la direction de l’organisation à Paris (avril-septembre 1942) avant de redevenir le responsable du secteur grandes écoles. Pour des raisons inconnues de lui, il perdit le contact avec le Parti en décembre 1943.

Georges Allard enseigna à partir de décembre 1942 à l’école primaire supérieure de Gisors (Eure). Il renoua avec les militants du Front national. Responsable à partir de janvier à mai 1944 du groupe local (« Fabien »), il devint le dirigeant de la section FFI de Gisors à partir de mai 1944. En liaison avec le groupe “Libération“ local, les FFI firent sauter un pont, le 3 août. Par la suite, il commanda un maquis de trente hommes près de Dangu (19-30 août 1944).

Professeur de lettres dans le même établissement devenu au collège moderne, Georges Allard, adhérent au Parti communiste français depuis 1944, devint membre du secrétariat de la section communiste, responsable à la propagande, avant d’occuper la responsabilité politique. Membre du comité et du bureau (jusqu’en 1953) de la fédération communiste, responsable à l’éducation, il participa à l’école centrale d’éducation d’Arcueil (Seine, Val-de-Marne) du 10 au 29 juin 1946 et fut proposé pour le secrétariat fédéral en juillet 1946 par la fédération. La section de montée des cadres l’écarta en raison d’un mauvais rapport à l’issue de cette école. En effet, son directeur déplorait son esprit de « supériorité » et son incapacité à « présenter la politique du Parti ». Affirmant qu’il ne convenait pas « à l’éducation », il suggérait de « l’orienter dans le travail parmi les intellectuels ».

Georges Allard fut renouvelé comme membre du comité fédéral jusqu’à la conférence fédérale de juin 1956. Il ne participait plus aux réunions. Ses camarades mettaient sa baisse d’activité en relation avec son récent mariage en septembre 1954 à Gisors. Le couple avait deux enfants en 1958.

Lors des élections cantonales, il fut le candidat communiste en 1951 (inscrits 5 917, 1 285 voix au premier tour, 1 444 au deuxième) et en 1958 (6 386 inscrits, successivement 1 373 et 1 581 voix). Toujours secrétaire de la cellule de Gisors, conseiller municipal depuis 1945, il fut le candidat communiste aux élections législatives de 1958 dans la circonscription des Andelys.

Secrétaire de la section locale du Syndicat national des collèges modernes jusqu’en 1948, Allard siégeait aux bureaux de la Fédération de l’Éducation nationale et de la FEN-CGT dans le département. Il était secrétaire de l’Union locale CGT de Gisors (1947-1954) et appartenait aussi à la Fédération nationale des officiers de réserve républicains et au comité directeur départemental de la Fédération des conseils de parents d’élèves.

En octobre 1958, Georges Allard quitta l’Eure pour la Sarthe où il devint, en 1963, principal du collège d’enseignement secondaire d’Allonnes qui venait d’être construit. Lors de son départ à la retraite, il évoquait ses débuts de principal à Allonnes où il devait en outre être le concierge, le surveillant général et l’intendant. Dans cet établissement baptisé J.F. Kennedy, la première section d’enseignement spécialisé de l’académie fut créée. Il prit sa retraite en 1977 et alla habiter Saint-Nazaire où il possédait une maison.

Georges Allard, sans doute toujours membre du PCF, fut un des 135 enseignants de la Sarthe d’un appel à voter communiste aux élections législatives de 1973.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9885, notice ALLARD Georges, Louis par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 23 septembre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — SHD, dossier GR 16P/8565. — Presse locale. — Notes de Gérard Boeldieu et d’Alain Dalançon.

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