ALLÈGRE Étienne, Marius

Par Jacques Girault

Né le 29 janvier 1902 à Toulon (Var), mort le 17 octobre 1991 à Toulon ; employé communal ; militant communiste du Var ; résistant ; conseiller municipal de Toulon.

Fils d’un commis principal à l’Octroi municipal, socialiste puis en 1921 communiste, Étienne Allègre reçut les premiers sacrements religieux. Après avoir suivi pendant trois ans les cours de l’école supérieure Rouvière, admis comme manœuvre le 3 juin 1918 à l’Arsenal maritime (service général), il fut rayé des effectifs sur sa demande le 10 septembre 1918. Il effectua son service militaire (août 1920-1924 dans les sapeurs-pompiers de Paris comme moniteur de gymnastique. Champion de France du relais 4x100 mètres, il fut sélectionné pour les Jeux olympiques de 1924. International militaire d’athlétisme, il jouait aussi au rugby. International, il fut champion de France avec le Rugby club toulonnais en 1931, dont il était trois-quart aile.
Étienne Allègre devint employé à la mairie de Toulon, le 20 janvier 1926. Il travailla au service des œuvres sociales puis au service des emplacements, halles, marchés et abattoirs comme peseur juré.

Étienne Allègre épousa religieusement à Toulon, en décembre 1928, Madeleine Bartolini, sœur du futur dirigeant communiste, fille d’un ouvrier du port. Le couple eut quatre enfants qui ne furent pas baptisés.

Depuis 1930, secrétaire général des Amis de l’Union Soviétique à Toulon, il adhéra au Parti communiste en 1933 et militait dans la cellule du quartier Saint-Roch où il demeurait. Sous le Front populaire, il devint secrétaire départemental des Amis de l’URSS et le demeura jusqu’à la guerre.

Après sa démobilisation, Étienne Allègre fut, à la fin de l’année 1940, au cœur de l’activité clandestine du Parti communiste. Révoqué de son emploi de peseur juré à la mairie, le 20 janvier 1941, Étienne Allègre travailla comme comptable chez Rouzaud et fils, puis fit courtier en fruits. Lors d’une perquisition en décembre 1941, furent saisies des revues appartenant à son beau-frère dont il hébergeait le fils. Il fut écroué le 10 décembre 1941 à la Prison maritime de Toulon pour atteinte à la Sûreté extérieure de l’État le 11 décembre 1941. Libéré le 30 avril 1942, il fut aussitôt admis en sanatorium. Avec comme pseudonyme Jacques Ergella, il continua à militer dans la clandestinité dans le parti communiste et les FTP. Son activité fut diverse (responsabilité de groupe, constitution de dépôts de propagande, hébergement de responsables notamment le « polo » départemental Georges Ducel 23121, etc.). Il fut chargé de reconstituer les Amis de l’URSS, puis partit dans le Vercors, le 1er juin 1944, et y resta jusqu’à la Libération. Revenu à Toulon, représentant le parti communiste au comité local de libération de Toulon et dans la délégation municipale mise en place le 7 septembre 1944, il fut chargé plus particulièrement de l’économat et du ravitaillement. Il était membre du bureau régional du Parti communiste français et assurait le secrétariat fédéral des Amis de l’URSS.

Révoqué de son emploi à la mairie, le 20 janvier 1941, Étienne Allègre, devenu courtier en fruits, fit partie de la délégation municipale mise en place le 7 septembre 1944, plus particulièrement responsable de l’économat et du ravitaillement. Il y représentait le Parti communiste français dont il était membre du bureau régional.
Candidat sur la liste d’« Union patriotique républicaine antifasciste », il obtint le 29 avril 1945, 19 478 voix sur 60 365 inscrits et fut élu au deuxième tour avec 31 744 voix. Réintégré dans l’administration communale, il ne se représenta pas deux ans plus tard.

Etienne Allègre était pendant quelques années le secrétaire politique de la section communiste G. Péri. Il présida la commission de contrôle politique de la fédération communiste.

Étienne Allègre, secrétaire particulier du député-maire Jean-Baptiste Bartolini, son beau-frère, devint directeur du musée de la ville. Secrétaire départemental de l’association France-URSS, membre de la direction nationale jusqu’en 1950, il fut révoqué de son emploi par le maire de droite Louis Puy, après son voyage en URSS avec la délégation partie pour les fêtes du premier mai, dont faisait également partie le secrétaire général Camille Pailleret, Renaud de Jouvenel, André Wurmser et Paul Éluard, Loleh Bellon, Boris Taslitzky ou André Soulages, un paysan de Saône-et-Loire, âgé de 18 ans. Il devint alors secrétaire général de la mairie communiste de Solliès-Pont (Var) jusqu’en 1953. Révoqué à nouveau après le changement de municipalité, il gagna ses procès devant le Conseil d’État en 1957 contre les villes de Toulon et Solliès-Pont et fut admis à la retraite.

Retiré à Cotignac (Var) en 1958, Étienne Allègre devint le secrétaire de la cellule du PCF et présida la section locale de l’Association républicaine des anciens combattants. En 1982, il appartenait toujours à cette cellule communiste.

Étienne Allègre peignait des paysages varois. Il faisait partie depuis les années 1960 des « artistes peintres » toulonnais.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9897, notice ALLÈGRE Étienne, Marius par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 2 novembre 2022.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 4 M 59 4 3, 3 Z 4 30. — Presse locale. — Sources orales.— Renseignements fournis par l’intéressé. — Sources orales. — Notes de Jean-Marie Guillon — Notes de Rachel Mazuy.

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