ALLEMAND Robert, Maurice

Par Nicolas Bué

Né le 14 novembre 1920 à Calais (Pas-de-Calais), mort le 1er mars 1984 à Lille (Nord) ; instituteur puis directeur d’école, conseiller municipal (1953-1959) puis adjoint au maire de Calais (1971-1977), secrétaire de la section PCF de Calais (en 1953) et secrétaire fédéral de la Confédération Nationale des Locataires du Pas-de-Calais (en 1963).

Fils de Lucien, Émile Allemand (Tulliste né le 1er mai 1876, proche d’Émile Salembier, adhérent à la SFIO puis à la SFIC lors de la scission, conseiller municipal de Calais de 1950 à 1953, décédé le 23 mai 1957) et de Jeanne Louise Delvarre (sans profession), Robert Allemand était né à Calais le 14 novembre 1920.

Titulaire du brevet supérieur à dix-huit ans, il devint instituteur l’année suivante, en 1939 (Saint Folquin, Pas-de-Calais, puis Calais en 1941). En 1942, il quitta l’enseignement pour la SNCF (chef de gare à Watten-Eperlecques, Pas-de-Calais). À la Libération, en 1945, il reprit ses fonctions d’instituteur à Nordausques (Pas-de-Calais) avant de rejoindre l’année suivante l’école Montréal du Pont-du-Leu où il resta jusqu’en 1963 et dont il devint le directeur. Lors de cette période, il fut secrétaire d’une amicale très active dans le quartier. De 1963 à sa retraite en 1976, il fut directeur d’école dans un quartier populaire de Calais.

Sa carrière militante commence en 1934, date à laquelle il adhéra aux Jeunesses communistes avant de rejoindre, en 1936, la section de Calais du PCF. Adhérent sans interruption de 1946 à sa mort en 1984, diffuseur du quotidien départemental communiste Liberté de 1946 à 1975, secrétaire de cellule de 1946 à 1977, il occupa les fonctions de premier secrétaire de la section en 1953. En 1952, il suivit l’école centrale des instituteurs et aurait siégé à la commission fédérale de contrôle financier. Il fut aussi membre du comité de section jusqu’en 1965, puis à nouveau à partir de 1974.

Son engagement partisan se double d’un engagement syndical (il appartenait au SNI, tendance « Unité et action » en 1968), et associatif (il assurait le secrétariat départemental du Mouvement de la paix), en particulier dans le domaine du logement. Habitant lui-même un logement provisoire, il prit la tête du « comité des baraquins », association des locataires de logements provisoires de « Cartonville », une cité du quartier populaire du Fort-Nieulay, plus grande concentration de logements provisoires du département avec plus de 2000 habitants au début des années 1960. En 1963, il fut secrétaire départemental de la confédération nationale des locataires.

Candidat sur la liste du PCF aux élections municipales de 1953, 1959 et 1965, il fut élu conseiller municipal en avril 1953 (jusqu’en mars 1959). Lorsque la liste d’union de la gauche à direction communiste conquiert la mairie en mars 1971, il devint adjoint à l’urbanisme et au logement, président du groupe des élus communistes, président de la SEMAUCAL (société d’économie mixte pour l’aménagement urbain du Calaisis), puis administrateur de l’OPHLM de Calais et de la SAHLM. Il n’était plus candidat en 1977.

Le 13 septembre 1943, il épousa Lucienne, Berthe, Victoria Lefebvre à Licques (Pas-de-Calais), avec qui il a quatre enfants, dont seul l’aîné n’a pas eu d’engagement politique : si sa fille Danièle, née en 1948, fut conseillère municipale de Leubringhem (Pas-de-Calais), ce sont ses deux jumeaux Guy et Patrick, nés en 1955, qui avaient eu l’engagement le plus significatif. Le premier est, depuis 2006, maire de Blériot-Sangatte (Pas-de-Calais) non encarté (après avoir été conseiller municipal d’opposition de 1995 à 2001 puis 3e adjoint à l’économie et aux finances), et vice-président de la communauté d’agglomération du Calaisis depuis 2008. Le second avait adhéré aux Jeunesses communistes en 1973 puis à la CGT. Il fut aujourd’hui conseiller municipal dans l’opposition à Calais, fonction qu’il avait occupée dans la majorité municipale entre 1989 et 1995. De 1995 à 2008, il fut adjoint communiste à l’urbanisme et au développement économique de Calais, ainsi que, depuis 1989, le dernier président de la SEMAUCAL que son père avait présidée auparavant.

La ville de Calais lui a rendu hommage en donnant son nom à l’une de ses écoles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9911, notice ALLEMAND Robert, Maurice par Nicolas Bué, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 6 février 2011.

Par Nicolas Bué

SOURCES : Arch. Munic. de Calais, série 17W. — État civil (mairie de Calais) – Arch. privées de Patrick Allemand, son fils. – Nord Littoral, 2 mars 1984 et 24 mai 2006. — Archives de la section PCF de Calais. — Wiart A., Calais, la vie économique et sociale, Institut régional CGT d’histoire sociale Nord-Pas-de-Calais, 1989.

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