BERNARD François, dit SCHERZ

Né le 20 juillet 1879 à Lyon-Vaise (Rhône), mort le 1er novembre 1940 ; instituteur, puis professeur d’École primaire supérieure ; secrétaire adjoint de la Fédération de l’Enseignement à plusieurs reprises.

Fils d’un cordonnier de santé fragile, François et sa sœur, qui, elle aussi, devint institutrice, connurent dans leur enfance sinon la misère du moins la gêne.

À quinze ans, F. Bernard entra à l’École normale de Lyon. Trois ans plus tard, il en sortait, mais il y avait alors pénurie de postes et il demeura un an sans travail. Enfin il fut nommé à Propières, au nord du département, aux appointements mensuels de 53 F, un peu plus tard de 71,25 F. En 1904, il fut nommé à Villeurbanne et devint secrétaire de la section départementale de « l’Émancipation de l’Instituteur » qu’il contribua à fonder et qui devint bientôt section syndicale des instituteurs du Rhône. Il continua à travailler et fut reçu quelques années plus tard au professorat des EPS et EN ; il fut nommé à Tarare, puis à Lyon.

Bernard entra en 1910, après le congrès d’Angers, au bureau de la Fédération des syndicats d’instituteurs et y exerça les fonctions de secrétaire de rédaction du bulletin de la Fédération, l’Émancipation de l’Instituteur. Le 1er octobre 1910 parut l’École émancipée à laquelle il collabora régulièrement jusqu’à son interdiction en octobre 1939. Durant la Première Guerre mondiale, il donna à l’École de la Fédération des notes pacifistes souvent blanchies par la censure.

À partir de 1919, Bernard participa à la plupart des congrès fédéraux, souvent comme rapporteur d’une question à l’ordre du jour : la situation sociale, à Bordeaux en 1920, l’éducation rationnelle et humaine, à Paris en 1924. Le 1er octobre de cette même année, il était nommé professeur d’EPS à Lyon, place des Minimes. Depuis 1921 il était secrétaire à la « Vie sociale » et aux « Relations internationales du bureau de la Fédération des syndicats de l’Enseignement ».

Sa connaissance des langues étrangères lui permit également de tenir dans l’École émancipée la chronique internationale et d’y publier des traductions. Même en retraite, Bernard continua à œuvrer dans le même esprit pour le syndicalisme universitaire. Son souci en tant qu’éducateur fut de développer avant tout chez l’enfant l’esprit critique et de susciter chez lui le besoin du libre examen.

F. Bernard, membre du Parti socialiste dès 1906, avait adhéré au Parti communiste en janvier 1921 et il fut son candidat aux élections législatives le 22 avril 1928 dans la 1re circonscription de Lyon. En novembre 1929, il combattit au sein de la CGTU la thèse sur le rôle dirigeant du Parti ce qui lui valut d’être exclu. Au mois de mai précédent, il avait été candidat du BOP communiste aux élections municipales dans le 1er arr. de Lyon mais n’avait pas été élu.

Marié à l’institutrice Marie Carrère, il fut père de trois enfants. Sa fille Hélène assura la parution de l’École émancipée après 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article99450, notice BERNARD François, dit SCHERZ , version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 9 août 2020.

ŒUVRE : II Cerchio nuovo, édition de l’EE — Traduction de l’allemand : Quel langage ! par G. Munch. — En collaboration avec Bouët, Dommanget, Serret, Le Syndicalisme dans l’enseignement, op. cit.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13744, octobre 1921 ; F7/13748, Lyon 20 avril 1928 ; F7/13749, Paris 19 décembre 1929. — L. Bouët, Les Pionniers du syndicalisme universitaires, éditions de l’EE, s.d.

ICONOGRAPHIE : L. Bouët, Trente ans de combat, op. cit. p. 468.

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