ALORY Marcel

Par Christian Bougeard

Né le 4 octobre 1924 à Plurien (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; agriculteur, plombier puis permanent du PCF ; secrétaire fédéral de l’UJRF (1947-1948), puis de la fédération des Côtes-du-Nord du PCF (1950-1977) ; conseiller municipal PCF de Saint-Brieuc (1965-1977).

Marcel Alory naquit dans une famille paysanne à Plurien, commune de la région littorale proche d’Erquy dans les Côtes-du-Nord, une commune qui posséda une active cellule communiste à partir de 1937. « Elle compta 15 adhérents dont mon père qui s’abonna au journal La Terre. De plus, un homme du pays, douanier en Normandie, lui expédiait chaque samedi les paquets des Huma qu’il avait lues » écrivit-il dans un courrier publié par l’Humanité en 1996. Titulaire de son certificat d’études primaires, Marcel Alory qui avait trois frères, travailla d’abord comme agriculteur sur l’exploitation familiale des Tertres en Plurien, aidant notamment sa mère pendant la guerre et après la Libération car son père était décédé. Sympathisant, lecteur de la presse communiste avant la guerre, Marcel Alory appartint en 1944 aux FTP lors des combats de la Libération. Marcel Alory adhéra au PCF et aux Jeunesses communistes le 1er novembre 1944 et il prit rapidement des responsabilités au sein de l’UJRF qui avait succédé aux JC. De 1944 au début 1947, il fut successivement membre du bureau de section du parti et secrétaire du cercle de l’UJRF de Plurien, puis membre du bureau fédéral de l’organisation de jeunesse. Très vite apprécié pour ses qualités, Marcel Alory suivit les cours de l’école fédérale du Parti en mars 1946 et entra au bureau fédéral de l’UJRF dont le secrétariat fédéral était assuré par Marie-Louise Kergoulay*. En février 1947, il fut proposé pour devenir responsable fédéral à l’organisation de l’UJRF et envoyé à l’école centrale de la jeunesse du Parti en mars, devenant secrétaire fédéral de l’UJRF des Côtes-du-Nord en 1947-1948, et entra au comité fédéral du PCF dès mars 1947.

Au début des années 1950, Marcel Alory avait abandonné le travail de la terre pour devenir plombier. Candidat en 7e position sur la liste du PCF conduite par Édouard Prigent aux élections municipales à Saint-Brieuc en mars 1959 (en 18e position au second tour sur la liste d’Union de la gauche conduite par Antoine Mazier*, PSU), Marcel Alory était alors présenté comme ouvrier du bâtiment et secrétaire fédéral du PCF. En effet, à la suite de l’affaire des « Douze », l’emprisonnement de militantes et militants communistes et cégétistes pour le blocage d’un train d’armement destiné à l’Indochine en gare de Saint-Brieuc le 11 mai 1950, Marcel Alory fut appelé à de nouvelles responsabilités fédérales dans une direction quelque peu désorganisée. Cette année-là, Marcel Alory fut élu au secrétariat fédéral du PCF des Côtes-du-Nord et devint quelque temps permanent du parti. Il allait siéger sans interruption dans cette instance jusqu’en 1977. En 1954, il avait suivi pendant quatre mois l’École centrale du Parti. Aux côtés d’Edouard Quemper*, Marcel Alory fut pendant une trentaine d’années le pilier du PCF des Côtes-du-Nord, n° 2 puis numéro 1 de la fédération, d’abord chargé de l’organisation (1950-1965). Dans les années soixante, il rédigea aussi le supplément de L’Humanité-Dimanche, Une semaine dans les Côtes-du-Nord.

Au début de 1957, chômeur depuis un an cherchant du travail à Saint-Brieuc à la suite d’un problème de santé, en attente notamment d’un emploi à la Caisse d’allocations familiales ou à EDF, il lui fut proposé d’être mis à la disposition du comité central, mais Marcel Alory préférait trouver un emploi dans son département. Finalement, avec l’accord des responsables du Comité central (Gaston Plissonnier* et Guy Ducoloné*), Marcel Alory redevint « permanent supplémentaire » de la fédération des Côtes-du-Nord « à la charge du comité central ». Déjà militant à temps plein du Parti, membre du bureau de l’association France-URSS du département (en 1954), Marcel Alory fut chargé en outre du travail dans la jeunesse et de la presse communiste.

Marcel Alory fit une première tentative électorale sans lendemain lors des élections au conseil général en avril-mai 1958 en étant parachuté dans le canton de Collinée. Très actif en 1960-1961 (tournée de réunions dans le département), lors de la XIIIe conférence fédérale des 6 et 7 mai 1961 à Saint-Brieuc, présidée par Roland Leroy*, Marcel Alory fut de ceux qui estimaient que son parti était trop à la remorque du PSU et qu’il fallait être plus ferme, notamment lors des élections cantonales. Il semblait remettre en cause la ligne d’union de la gauche ébauchée depuis 1955 et qui portera ses fruits avec la victoire d’Antoine Mazier à Saint-Brieuc l’année suivante. Élu lui-même conseiller municipal de Saint-Brieuc en mars 1965, sur la liste conduite par Yves Le Foll (PSU), Marcel Alory devint le premier secrétaire de la fédération du PCF des Côtes-du-Nord lors du congrès du 30 mai 1965. Il échangeait son poste de secrétaire à l’organisation avec Édouard Quemper, devenu premier adjoint au maire de Saint-Brieuc. Marcel Alory resta premier secrétaire fédéral jusqu’au 9 octobre 1977, puis membre du bureau fédéral jusqu’au 9 décembre 1990. De 1978 à 1981, il fut rédacteur à Bretagne Nouvelle et ne quitta le comité fédéral du PCF, à sa demande, que le 15 janvier 1999, prenant sa retraite après une longue carrière militante, notamment de permanent communiste.

Cette figure du communisme du second XXe siècle dans les Côtes-du-Nord avait aussi son jardin caché : l’intérêt pour la langue et la culture gallèses de Haute-Bretagne. Il tenait sur ce thème une chronique régulière dans le périodique des Bretons de Paris et il a publié un livre, Ma Bretagne au bon vieux temps (Club 35-Astoure).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9948, notice ALORY Marcel par Christian Bougeard, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 1er juin 2009.

Par Christian Bougeard

ŒUVRE : L’Union de la jeunesse républicaine de France en Côtes d’Armor, 1945-1956, s.l., s.n., 1999 (22-Saint-Brieuc : Impr. de la fédération du PCF), 28 p.

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. — Arch. Dép. des Côtes d’Armor, 1 W 12 et 1 W 13 ; 13 W 41, RG (1956-1959) ; 46 W 8 et 46 W 9, RG (1958-1962). — Le Combat social, 12 et 26 avril 1958. — Alain Prigent, Histoire des Communistes des Côtes-du-Nord (1920-1945), Saint-Brieuc, Imprimerie Jacq, 2000, notice p. 213. — L’Humanité, 17 juillet 1996.

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