ALUNNI Dominique, Jean

Par Éric Belouet, André Caudron

Né le 27 février 1930 à Nice (Alpes-Maritimes) ; ajusteur ; militant jociste des Alpes-Maritimes, secrétaire général (1954), vice-président (1955) puis président national de la JOC (1956-1957) ; secrétaire général du Centre de culture ouvrière (CCO, 1957-1995), président fondateur de l’Institut de formation des animateurs de collectivités (INFAC, 1969-1995), président de Culture et Liberté (1970).

Fils d’un jardinier qui devint ouvrier dans une usine thermique de Nice et d’une mère sans profession qui, veuve dès 1945, devint concierge d’école, Dominique Alunni était le deuxième des trois enfants d’immigrés italiens, d’origine paysanne et catholiques pratiquants.

La famille vivait dans le quartier Saint-Isidore à Nice et Dominique fréquenta le patronage. Élève de l’école publique, il obtint le certificat d’études primaires en 1944 et intégra ensuite l’école professionnelle du patronage Saint-Pierre. Nanti du CAP d’ajusteur-tourneur-outilleur et du brevet de motoriste, il entra en 1948 comme ajusteur P1 chez Laborom, entreprise créée en 1946, fabriquant de l’outillage dans le domaine de l’optique et de l’automobile haut de gamme, et adhéra à la CFTC. Embauché quelques mois plus tard par l’entreprise Hubert, fabriquant des ascenseurs, il y resta jusqu’en 1950. Dispensé du service militaire en tant que soutien de famille, il fut peu de temps mécanicien aux Chemins de fer de Provence avant de retourner chez Laborom où il travailla jusqu’en avril 1953. Promu ajusteur P3, militant à la CFTC, il fut élu délégué du personnel en 1951.

Ayant découvert la JOC, qui connaissait d’importantes difficultés dans les Alpes-Maritimes, Dominique Alunni, encouragé par la direction nationale – le responsable de la province du Sud-Est dont le siège était à Marseille était alors Jean Moretton* –, recréa fin 1948 la section Saint-Roch à Nice et en devint le responsable. Il participa au lancement d’autres sections et, en 1950, à la remise sur pied de la fédération départementale, forte d’une dizaine de sections, dont il fut président. En avril 1953, sollicité par Jean Dubernet, qui avait remplacé Moretton*, pour devenir permanent, il intégra l’équipe provinciale du Sud-Est, composée de Jean Caillol, remplacé par François Quiéffin* en 1954, et de Robert Bogey. En octobre 1954, il fut appelé au secrétariat général de la JOC à Paris pour y remplacer Casimir Kwiatkowski* au poste de responsable national de la branche « Aînés » (21-25 ans). En 1955, il devint vice-président national puis, l’année suivante, président national, les deux fois en remplacement de René Salanne*. Il assuma cette dernière responsabilité jusqu’en novembre 1957. Alors membre du bureau de la JOC internationale (JOCI), il participa activement à la préparation du rassemblement international de la JOC à Rome en 1957. Sa sœur aînée, Clémence Alunni, fut aussi permanente jociste de 1954 à 1957.

Marié le 5 septembre 1957 à Marseille avec Anne Belcari, elle-même ancienne permanente de la JOCF (le couple n’eut pas d’enfant), Dominique Alunni, à la demande de la JOC, devint en 1957 secrétaire général du Centre de culture ouvrière (CCO) en remplacement d’André Acquier. André Guignand* était alors président du CCO. De 1958 à 1970, le CCO connut un fort développement et une diversification de ses activités, notamment par la création de l’Institut de formation des animateurs de collectivités (INFAC), pour former les cadres du secteur tertiaire, en 1963, et de relais locaux « Culture et Liberté » en 1959-1960.

En 1970, le CCO et le Mouvement de libération ouvrière (MLO) fusionnèrent, non sans mal, pour donner naissance à « Culture et Liberté ». Dominique Alunni en devint président mais démissionna quelques mois plus tard. Le CCO, bénéficiant d’agréments ministériels, garda une existence juridique et il en resta secrétaire général jusqu’en 1995, tout en assurant de 1969 à 1995 la présidence de l’INFAC, ancien département du CCO devenu une association à part entière. Directeur de la revue Confronter depuis 1969, il créa le Centre de formation à l’artisanat d’art et à la communication (CREAR) en 1974 et l’Institut de formation des animateurs du tourisme et de l’hôtellerie (INFATH) en 1977.

À sa retraite en 1995, il était membre du Conseil national du tourisme depuis 1975, de l’Association internationale des experts scientifiques du tourisme (AIEST) et président du directoire de l’UPCS (Union d’économie sociale).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9966, notice ALUNNI Dominique, Jean par Éric Belouet, André Caudron, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 15 septembre 2009.

Par Éric Belouet, André Caudron

ŒUVRE : « Le Centre de Culture Ouvrière », ACADI (Association de Cadres dirigeants de l’industrie pour le progrès social et économique), bulletin n° 166, mars 1962. — Démocratiser la formation professionnelle, Les Éditions de l’Atelier, 2005. — Culture ouvrière, éducation permanente et formation professionnelle. L’histoire méconnue du Centre de culture ouvrière (avec Jean Lobry), L’Harmattan, 2008, 400 p.

SOURCES : Arch. JOC (SG), fichier des anciens permanents. — G. Poujol, M. Romer (dir.), Dictionnaire biographique des militants de l’éducation populaire à l’action culturelle XIXe-XXe siècles, L’Harmattan, 1996, p. 19-20 (notice rédigée par Roger Petremann). — F. Tétard, C. Lefeuvre, Culture et Liberté, une naissance turbulente..., Paris, 1998. — Entretiens avec l’intéressé, Nogent-sur-Marne, 4 et 13 septembre 1995.

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