BESQUÈS Romain

Né et mort à Tarbes (Hautes-Pyrénées) 26 novembre 1855-27 mars 1936 ; ouvrier tapissier ; militant possibiliste depuis 1880, allemaniste à partir de 1886, socialiste SFIO puis communiste en 1923.

Romain Besquès était le fils d’un plâtrier et d’une couturière. Il passa quelques années à Bordeaux pour apprendre son métier. Peut-être dut-il à cet exode momentané vers une grande ville d’avoir été un des tout premiers militants socialistes des Hautes-Pyrénées.

En 1888, il fonda à Tarbes le groupe « Les Égaux », première organisation socialiste du département, rattachée au Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR) par sa fédération de Gascogne après sa fondation en 1890. Jusqu’à l’Unité de 1905 où ils fusionnèrent dans la SFIO, le groupe « Les Égaux » et celui qui, depuis 1889, adhérait au Parti ouvrier français (POF) entretinrent une certaine rivalité.

« Candidat ouvrier socialiste » aux élections municipales de Tarbes le 1er mai 1892, Besquès obtint 706 voix sur 3 685. Candidat aux élections législatives du 20 août 1893 dans la première circonscription de Tarbes, il fut accusé, sans preuves, au cours de la campagne électorale, d’avoir reçu de l’argent de Fould qui était candidat dans la deuxième circonscription. Alors, il se désista en faveur de Dasque, son concurrent radical, et se présenta dans la circonscription voisine contre Fould, son prétendu bailleur de fonds. « Mon devoir, déclara-t-il, est de me tourner vers l’ennemi... En 93, nos aïeux jetèrent en défi à l’Europe menaçante une tête de roi. Eh bien ! moi, modeste ouvrier, je veux, dans les Hautes-Pyrénées, jeter à la face du suffrage universel l’image du veau d’or, Fould, que l’ignardise (sic) contemple, mais que tout bon citoyen doit briser... » (L’Avant-Garde, 8 août 1893). Seul candidat de gauche, bien que socialiste, dans une circonscription où la grande industrie n’était pas née, il obtint 1 190 voix sur 8 681 suffrages exprimés. Dans la première circonscription de Tarbes, le 27 avril 1902, il n’obtint que 84 voix, sur 13 794 votants tandis que son concurrent guesdiste en obtenait 69. Il n’avait pu, pour des raisons financières, envoyer de bulletins à son nom. Il invita les électeurs à rayer le nom du député sortant sur ses propres bulletins et à inscrire le nom du candidat socialiste. Aux élections municipales de Tarbes, le 1er mai 1904, il arriva en tête de la liste socialiste avec 124 voix sur 4 300 votants. Ses candidatures, comme celles de beaucoup de socialistes à la même époque, furent des candidatures de principe et des occasions de propagande.

En 1904, Besquès fut délégué par le groupe « Les Égaux », à Saint-Clar, au congrès de la fédération allemaniste de Gascogne. En 1905, avec les rares militants des Hautes-Pyrénées, il se rallia à la SFIO toujours par le canal de la fédération de Gascogne. Ce n’est qu’en 1909 qu’une fédération départementale indépendante se constitua avec les cinq sections d’Arreau, Bagnères-de-Bigorre, Rabastens-de-Bigorre, Sénac et Tarbes.

Mais le rôle de Besquès était terminé. Il fut supplanté par des militants de formation doctrinale supérieure à la sienne qui était pour ainsi dire nulle. Il avait pourtant contribué à éveiller les travailleurs à la conscience de leur force. Ouvrier lui-même, il en avait le costume, les manières, le langage truculent. Pour les Tarbais qui l’ont connu dans ses dernières années, il avait l’attrait d’une figure romantique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article99853, notice BESQUÈS Romain, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 1er décembre 2022.

SOURCES : Arch. Dép. Hautes-Pyrénées, 2 M 78, P.V. des élections. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes I, op. cit., p. 480. — L’Avant-Garde et quelques autres journaux départementaux de l’époque. — Réponse à un questionnaire de la Fédération communiste en 1924, archives de Bernard Cazaubon.

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