BEZOT Adolphe, Marius

Par Antoine Olivesi

Né le 24 janvier 1880 à Arles (Bouches-du-Rhône), mort le 28 août 1951 à Lasalle (Gard) ; instituteur ; secrétaire de rédaction de l’École Émancipée lors de sa création en octobre 1910.

Premier numéro de <em>L’École émancipée</em>, 1er octobre 1910
Premier numéro de L’École émancipée, 1er octobre 1910

Adolphe Bezot, était le fils de Pierre Bezot, agent aux télégraphes de Marseille, et de Thérèse Bounot. Instituteur public à Marseille, il fut, après le congrès fédéral de Lyon, avril 1908 — le siège de la Fédération ayant été transféré à Marseille — secrétaire adjoint, avec Ripert, de la Fédération nationale des syndicats d’instituteurs (FNSI) dont Ismaël Audoye, Marseillais lui aussi, était le trésorier. Bezot fut secrétaire de rédaction de l’École Émancipée dont le premier numéro parut le 1er octobre 1910. Ii signait ses articles :"Passe-partout".

Lors de l’Assemblée générale de la FNSI du 22 juillet 1909 présidée par Pascal, la question du perfectionnement professionnel, liée notamment aux choix des livres d’apprentissage de la lecture fut posée. Suite à un échange de vues, un plan à suivre pour élaborer une nouvelle méthode fut ébauché. Adolphe Bezot fit partie, avec Buffe, Dast, Jauffret, Giraud et Le Bras, de la commission chargée d’élaborer cette méthode de lecture qui devait être ensuite discutée lors de la prochaine AG.

En 1912, il représentait ses collègues à l’UCSO des Bouches-du-Rhône et collaborait à L’Ouvrier Syndiqué. Cette même année, il fut condamné à 50 F d’amende par le tribunal correctionnel de Marseille pour action syndicale (infraction à la loi de 1884). Il était favorable à une école dégagée de toute empreinte idéologique et à une pédagogie nouvelle. Il était inscrit au Carnet B en 1912.

il se maria à Marseille le 30 juillet 1914 avec Marguerite billon, juste avant d’être mobilisé et fit la guerre comme sergent-major.

En mai 1919, Adolphe Bezot, était secrétaire du Syndicat des membres de l’enseignement CGT des Bouches-du-Rhône. Avec environ deux-cents instituteurs et institutrices des Bouches-du-Rhône, il fit grève le 1er Mai 1920 (Voir son article dans l’École Émancipée du 8 mai). Le 21 mars 1920, lors d’un meeting, il dénonça la vie chère, les profiteurs de guerre, les abus du capitalisme et proclama : « Tournons nos yeux vers l’Est, inspirons-nous des exemples des soviets russes ! » Selon un rapport du 21 juillet 1921 du préfet des Bouches-du-Rhône, pour avoir chômé le 1er Mai il fut déplacé dans le nord du département, il aurait refusé pour raisons de santé, aurait demandé un congé et serait devenu employé à l’école d’électricité (Arch. Nat. F7/13744). En décembre 1919, il signa un appel pour la formation de Comités syndicalistes révolutionnaires dans l’enseignement. Son nom figurait, en 1921, sur les listes d’instituteurs communistes (listes sujettes à caution), L’Humanité du 30 octobre 1924 demandait sa réintégration dans l’enseignement.

Il se remaria le 2 août 1924 avec Madeleine Delmas.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article99990, notice BEZOT Adolphe, Marius par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 26 août 2021.

Par Antoine Olivesi

Premier numéro de <em>L'École émancipée</em>, 1er octobre 1910
Premier numéro de L’École émancipée, 1er octobre 1910

SOURCES : Arch. Nat. F7/13744, F7/13091. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, XIV M 24/44, XIV M 25/45, rapport du 9 novembre 1912, XIV M 25/56, rapp. du 22 mars 1920 ; état civil. — Arch. com ; de Marseille, listes électorales 1919. — L’Ouvrier Syndiqué, « L’ouvrier et l’école », article de Bezot, 15 juillet 1913. — J. Bonnabel, Le Mouvement ouvrier à Marseille, op. cit. M. Ferré, Histoire du Mouvement syndicaliste révolutionnaire chez les instituteurs, des origines à 1922, Paris, 1955. — Bernard, Bouët, Dommanget, Serret, Le Syndicalisme dans l’enseignement, op. cit. — Renseignement fournis par Jacques Girault. — Bulletin bimestriel de l’émancipation. Sindicat des institutrices et des instituteurs publics des Bouches-du-Rhône — Notes d’Alain Dalançon et de Gérard Leidet.

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