KÉRIBIN Jean

Par François Prigent

Né le 23 juin 1913 et mort le 31 août 1976 à Maël-Carhaix (Côtes-du-Nord) ; forgeron ; conseiller municipal SFIO (1947-1959) puis maire PSA-PSU (1959-1965) de Maël-Carhaix ; candidat suppléant PSU aux sénatoriales de 1959 et 1962 ; candidat PSU aux cantonales de 1961 ; candidat suppléant PSA aux législatives de 1962 ; secrétaire de section et membre de la direction fédérale du PSU des Côtes-du-Nord.

Son père Pierre Kéribin était forgeron tandis que sa mère Marie Le Cudennec ménagère. Passé par les écoles laïques, Jean Kéribin prit la suite de son père à Maël-Carhaix, commune au profil ouvrier avec la présence d’ardoisières, induisant des votes puissants pour les socialistes (Pierre Philippe* fut ainsi conseiller d’arrondissement SFIO en 1938).

Artisan rural, Jean Kéribin intégra en 1947 la municipalité de l’instituteur SFIO Yves Donnio* (1882-1955), en tant que simple conseiller municipal. Réélu en 1953 sur la liste radicale et socialiste de Paul Galopin, Jean Kéribin était très actif au sein de la section SFIO locale ainsi que dans la mouvance laïque.
Il adhéra au PSA dès sa création en 1958, suivant Antoine Mazier* dans la scission. En 1959, Jean Kéribin emporta à 46 ans la mairie de Maël-Carhaix, s’appuyant sur une liste composée de radicaux laïques et de socialistes PSA, parmi lesquels Yves Le Moroux (né en 1898, cultivateur, son premier adjoint), Yves Jégou (né en 1904, cultivateur), Louis Priziac (né en 1915, cultivateur).
Candidat suppléant aux sénatoriales de 1959 en compagnie de Joseph Chas* (maire de Plouer-sur-Rance) et de Eugène Besnard* (maire de Plestan), Jean Kéribin fit campagne aux côtés du trio de titulaires impulsé par Antoine Mazier et les conseillers généraux Marcel Le Guyader* et François Clec’h père*.
A l’occasion des cantonales de 1961, il se présenta sans succès contre le communiste Ernest David*, qui prit la suite du député Guillaume Daniel* (1945-1955) et de François Rouxel* (1955-1961). Captant une fraction du vote conservateur, le PSU était en position de faiblesse dans ce bastion du PCF qui tenait le canton sans discontinuer entre 1945 et 1998.

Secrétaire de la section PSU de Maël-Carhaix, il s’appuyait sur Lucien Hily (trésorier), Alain Kerprat (trésorier adjoint) et Le Denmat (secrétaire de section adjoint). Dirigeant fédéral, cette véritable tête du réseau PSU dans cette région du Centre-Bretagne marquée par la domination politique du PCF, était en contact avec divers militants locaux (Louis Troadec à Pléven, Yves Guéguen maire SFIO de Trébivan en 1947, Yves Huiban à Le Moustoir, Théophile Le Du à Paule et Théophile Le Moal à Locarn).

Déjà pressenti pour figurer sur la liste des législatives de janvier 1956, Jean Kéribin était suppléant lors des législatives de 1962 dans la circonscription de Guingamp, aux côtés de Pierre Sérandour*, député radical en 1936. Le tandem obtint seulement 5.5 % des suffrages exprimés, nettement devancé par le duo Alexandre Thomas (député en 1951) et Jean Le Houerff (12.3 % des voix).
Actif à la chambre des métiers, Jean Kéribin fut à nouveau candidat suppléant aux sénatoriales de 1962 pour le PSU qui présenta cette fois Antoine Mazier, Yves Henry* et Marcel Le Guyader comme titulaires, Léon Launay* et Joseph Chas comme suppléants.

En 1965, il se retira à 55 ans de la vie politique locale, tout en restant adhérent du PSU puis du PS. Après un mandat PSU (Ernest Evennou*), la mairie fut gagnée par le communiste Auguste Le Coënt*, également conseiller général entre 1976 et 1998, date du basculement du canton au profit du socialiste Joël Le Croisier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136530, notice KÉRIBIN Jean par François Prigent, version mise en ligne le 3 avril 2011, dernière modification le 3 avril 2011.

Par François Prigent

SOURCES : Arch. Dép. des Côtes-du-Nord. – Arch. de l’OURS, dossiers Côtes-du-Nord. — Le Combat Socialiste (1959-1965). — Mairie de Maël-Carhaix. — Entretien avec Joël Le Croisier. — François Prigent, « Les réseaux socialistes PSU en Bretagne (1959-1981) : milieux partisans, passerelles vers le PS, rôle des chrétiens de gauche », in Tudi Kernalegenn, François Prigent Gilles Richard, Jacqueline Sainclivier (dir.), Le PSU vu d’en bas. Réseaux sociaux, mouvement politique, laboratoire d’idées (années 50-années 80), PUR, 2009, pages 41-54.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément