BOURGES Arthur

Par Alain Prigent, François Prigent

Né le 3 septembre 1905 à Saint-Adrien (Côtes-du-Nord), mort le 6 mars 1981 à Bégard (Côtes-du-Nord) ; instituteur puis directeur d’école ; maire socialiste de Pont-Melvez (1959-1977) ; dirigeant départemental du SN (1928-1940) puis du SNI (1945-1959) ; militant SFIO puis PSU.

Son père, Yves Bourgès était cultivateur et sa mère Emilie Simon, ménagère. Instituteur, Arthur Bourgès était conseiller syndical du SN (1928-1930) dans les Côtes-du-Nord, puis membre du bureau en charge des affaires pédagogiques à partir de 1931. Il était marié avec Jeanne Fleury, également institutrice dans la petite école rurale de Coat-Guégan en Pont-Melvez.

Sous-officier, il fut prisonnier de guerre en Allemagne jusqu’en mai 1945. À la Libération, il adhéra à la SFIO, étant en contact étroit avec Antoine Mazier*, député de Saint-Brieuc entre 1945 et 1958.

Il conserva ses responsabilités dans le domaine des affaires pédagogiques au sein de la section départementale du SNI à partir de 1945. Membre du Comité Technique Paritaire en 1949 et 1950, Arthur Bourgès conduisait la liste « Indépendance du syndicalisme » au conseil syndical du SNI en 1951. À nouveau élu en 1954, il était par ailleurs membre du bureau de la FEN en 1954, dirigée par André Laithier*, figure de la SFIO et de FO. Il fut également élu sur la liste « Indépendance du syndicalisme » au conseil syndical du SNI en 1956. En 1959, il figurait sur la liste de majorité nationale, opposée à l’expérience syndicale unitaire initiée par Sylvain Loguillard* (PSU) et Maurice Renault* (PCF).

Auteur d’un ouvrage référence, paru en 1951, Chez les moines rouges de Pont-Melvez, il faisait le lien entre le système collectif d’exploitation agricole (la quévaise) et les comportements religieux et politiques des zones rouges du Centre-Bretagne, à partir d’une monographie communale. Arthur Bourgès diffusait de nombreux textes à caractère pédagogique autour du thème de l’instituteur rural, prononçant régulièrement des conférences pédagogiques à l’Ecole Normale de Saint-Brieuc, mythifiant véritablement ce rôle de l’instituteur rural breton. Il était alors proche du directeur de l’EN, Coant, socialiste et franc-maçon ainsi que de l’inspecteur d’académie, Escargueil.
En 1959, il conduisit à Pont-Melvez une liste agglomérant les sensibilités communiste et socialiste, autour des filières laïques, qui l’emporta face à la liste de droite du maire sortant, Jean Merrien. Maire à 54 ans, ce directeur d’école rejoignit le PSU dès le début des années 1960, à l’instar de nombreux élus locaux, entrés à la SFIO en 1936 ou en 1945. Réélu maire de Pont-Melvez en 1965 et 1971, il participait activement à l’animation du milieu socialiste local, qui ne disposait pas à proprement parler d’une structure partisane organisée, distincte des filières laïques.

Malade, Arthur Bourgès se retira de la vie politique en 1977, la commune de Pont-Melvez basculant alors dans le camp communiste avec Arthur Le Verge, professeur. Ce dernier était le frère de Lucien Le Verge* (1920-2007), maire PCF de Maël-Pestivien (1959-1989) et conseiller général PCF de Callac (1958-1964).

Adoptée en 1951, sa fille Annick Bourgès se maria avec le fils d’Arthur Le Verge, à savoir Christian Le Verge* (1941-2001), instituteur puis PEGC, qui fut maire communiste de Ploumagoar entre 1977 et 2001 (après Louis Kéromest*, PSU) et conseiller général communiste de Guingamp entre 1988 et 1994 (à la suite de Yvon Le Merrer*, PSU puis PS).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138391, notice BOURGES Arthur par Alain Prigent, François Prigent, version mise en ligne le 3 octobre 2011, dernière modification le 19 octobre 2011.

Par Alain Prigent, François Prigent

ŒUVRES : Arthur Bourgès, Chez les moines rouges de Pont-Melvez, Presses Universitaires de Bretagne, Saint-Brieuc, 1951. — Arthur Bourgès, Les doléances des paysans bretons en 1789, Presses Universitaires de Bretagne, Saint-Brieuc.

SOURCES : Arch. Dép. Côtes d’Armor. – Mairie de Pont-Melvez. — Entretiens avec Annick Le Verge (sa fille),Yannick Botrel, Yvon Le Merrer et Gérard Le Vincent (maire de Pont-Melvez). – Mairies de Saint-Adrien et de Pont-Melvez. — Alain Prigent, Les instituteurs sous la IIIe République. Laïcité, amicalisme, syndicalisme, Ed. Astoure, Les Sables d’Or, 2005. – François Prigent, « Les réseaux socialistes PSU en Bretagne (1959-1981) : milieux partisans, passerelles vers le PS, rôle des chrétiens de gauche », in Tudi Kernalegenn, François Prigent Gilles Richard, Jacqueline Sainclivier (dir.), Le PSU vu d’en bas. Réseaux sociaux, mouvement politique, laboratoire d’idées (années 50 - années 80), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2009, pages 41-54.

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