LE VERN Ernest.

Par René Crozet, Jacques Girault

Né le 9 novembre 1912 à Samogneux (Meuse), mort le 12 juillet 1989 à Salouel (Somme) ; instituteur dans le Finistère, dans la Seine-Maritime ; militant syndical du SNI et mutualiste ; militant socialiste.

Fils d’un éclusier qui eut sept autres enfants, Ernest Le Vern, après avoir obtenu le brevet supérieur, devint instituteur en 1930 dans la Meuse (Etain, Bouligny-Amermont en 1935, Watronville en 1942, à Dugny en 1943). À la Libération, il quitta la Meuse pour la Bretagne. Il devint instituteur dans le Finistère (en 1946 à Portsall, en 1950 à Poullaouen, en 1957 à Telgruc, comme directeur d’école). En 1960, il quitta ce département pour la Seine-Maritime (en 1960, directeur d’école à Bolbec, en 1962 à Saint-Etienne-du-Rouvray). Il prit sa retraite à Longpré-les-Corps Saints (Somme).

Il se maria en décembre 1931 à Étain. Sans doute veuf, il se remaria en février 1946 à Dugny-sur-Meuse.

Ernest Le Vern participa activement à la Résistance. Engagé dans les Francs-Tireurs et Partisans en septembre 1942, il prêta son concours pour l’évasion de prisonniers français et russes. Il constitua un groupe de résistants à Watronville, fournit de fausses cartes de ravitaillement et d’identité, participa au ravitaillement du maquis d’Ancemont. Il fut détenu une semaine par la police allemande. À la Libération, après avoir été chef de groupe de Dugny, il fut incorporé dans l’armée régulière le 27 septembre 1944 avec le grade de lieutenant. Il fut homologué membre des FFI.

Ernest Le Vern était membre du conseil syndical de la section départementale du Finistère du Syndicat national des instituteurs. Il prit la parole dans plusieurs réunions des instances nationales. Lors du congrès de Paris, le 18 juillet 1952, il intervint après le rapport de [Clément Durand-<23458] sur les actions postscolaires, à propos de la rémunération consacrée aux heures postscolaires. Lors du congrès, le 8 juillet 1954, après le rapport sur la culture populaire de James Marangé, il fit remarquer qu’il ne fallait pas faire de l’instituteur rural un « homme à tout faire ». En tant que secrétaire de la commission départementale de défense laïque, puis comme secrétaire de la section départementale du SNI à partir de l’année 1956-1957, lors de la réunion du conseil national à Carcassonne, le 15 avril 1957, il expliqua les luttes laïques menées dans le Finistère, illustrant ainsi son article dans L’Ecole libératrice du 1er juillet 1956, « Saint-Herbot aura son école ». Il intervint lors du congrès national, le 18 juillet 1957, motivant le vote négatif émis par sa section sur le rapport moral, qui, selon lui, n’avait pas critiqué fortement le voyage du Président de la République René Coty à Rome, et ne prenait pas nettement position contre la guerre d’Algérie. Il confirma cette position lors de la réunion du conseil national du 31 mars 1958, estimant que le SNI devait définir sa position par rapport au cessez-le-feu et la négociation en Algérie. Prolongeant cette analyse, lors de la réunion du conseil national extraordinaire, le 8 septembre 1958, consacrée à l’examen du projet de Constitution, après l’exposé du secrétaire général Denis Forestier, il affirma que le SNI devait faire connaître sa position en toute indépendance pour ne pas paraître à « la remorque du Parti communiste français ». Dans un nouvel article de L’École libératrice, le 31 janvier 1958, sous le titre « Le bilan d’une action », il décrivait l’action de sa section syndicale pour améliorer le fonctionnement des cantines à Brest à propos du service de l’interclasse. Présidant, selon la coutume, la séance d’ouverture du congrès national à Brest, le 17 juillet 1958, le lendemain, dans son intervention sur le rapport moral, il se félicita du succès des parrainages d’écoles de l’Ouest et revint sur le terrain des perspectives politiques. Il ne fallait pas, selon lui, reproduire les formules des alliances du type « Front populaire », mais « réaliser l’accord sans altérer l’indépendance des organisations ». Sa dernière intervention, lors du congrès national du SNI à Strasbourg, le 6 juillet 1960, porta sur le rapport de Robert Dernelle sur la vie à l’école. Il posa la question de l’attitude souhaitable pour les maîtres directeurs de cours complémentaires avec internats.

Le Vern siégea à la commission administrative nationale de la Fédération de l’Éducation nationale, au titre des sections départementales pour la tendance « autonome », aux congrès de novembre 1956 et de novembre 1957.

Il intervenait aussi dans la partie pédagogique de L’École libératrice. Dans les années 1952-1953, il signait des articles sur l’enseignement du français. Puis en 1955-1956, il rédigeait des fiches avec Georges Thomas sous le titre général « En passant par… ». Il écrivit une contribution dans L’École libératrice du 28 septembre 1956, « Notre programme pédagogique » à propos pour le programme « le calcul en fin d’études primaires ».

Également militant mutualiste, Le Vern participa à la création de la section du Finistère de la Caisse d’aide sociale de l’Éducation nationale. En Seine-Maritime, il créa aussi la section CASDEN. Il fut membre du Conseil d’administration de la section Mutuelle générale de l’Éducation nationale de Seine-Maritime puis de celui de la Somme.

Militant socialiste, Le Vern fut, après sa retraite, secrétaire de la section de Longpré-les-Corps-Saints et conduisit une liste lors des élections municipales de 1983.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138572, notice LE VERN Ernest. par René Crozet, Jacques Girault, version mise en ligne le 17 octobre 2011, dernière modification le 17 mai 2021.

Par René Crozet, Jacques Girault

SOURCES : Documentation MGEN. — l’Ecole libératrice. — SHD, vincennes, GR 16 P/369733. — Notes d’Alain Dalançon et de Guy Putfin.

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