FOURNIER Claude, Julien, Jules

Par Christian Lescureux

Né le 6 août 1925 à Harnes (Pas-de-Calais), abattu le 3 août 1944 à Fouquières-les-Lens (Pas-de-Calais) (l’état civil donne comme lieu de décès Montigny-en-Gohelle) ; ouvrier mineur ; résistant FTPF.

Fils de Fidèle Fournier (1889-1971), houilleur, et de Julie Voisin (1898-1962), ménagère, Claude Fournier était quatrième d’une famille de six enfants. Ouvrier mineur dès l’âge de quatorze ans aux mines de Courrières, fosse 7, il était domicilié à Harnes, 53 rue la Briqueterie et était célibataire.

Il s’engagea dans les FTPF en 1942, à 17 ans. Ses premières missions furent : de peindre au goudron « Vive l’Armée rouge » sur le mur du château de l’ingénieur des mines, puis de répandre des tracts du haut du clocher de l’église de Harnes. Avec la 2ème compagnie de FTP, il participa au sabotage des fosses 7 des mines de Courrières, et 21 de Harnes et au déboulonnage de rails.

Le 3 août 1944, à 6 h 55 une patrouille allemande interpela Claude Fournier, Ernest Dussossoy et Ernest Delattre à la limite du territoire de Fouquières-lès-Lens et de Montigny-en-Gohelle au passage à niveau de la fosse n° 7. Ils revenaient de faire des relevés topographiques aux alentours de la prison de la prison de Cuincy (près de Douai Nord) en vue de tenter de libérer des camarades emprisonnés.

Fouillés à corps par les soldats, ils ont été trouvés porteurs de trois revolvers automatiques de marque allemande et d’un revolver à barillet. Emmenés à quelques mètres du lieu de leur arrestation ils furent alignés et exécutés immédiatement. Claude Fournier, épargné par la fusillade, fut achevé par un officier d’une balle dans la nuque.

Des policiers pétainistes hurlant : « terroristes, terroristes !!! », accompagnaient la patrouille allemande, ainsi qu’a pu en témoigner la famille du garde-barrière réfugiée à l’étage de leur maison, à proximité du drame.

Les trois corps, jetés dans un camion, furent transportés à la morgue du cimetière de Fouquières. Les pères et mères des victimes furent autorisés à assister le lendemain à l’ensevelissement, encadrés d’une forte patrouille allemande.

A titre posthume les trois jeunes résistants ont obtenu la croix de guerre avec palme et la médaille de la Résistance.

Claude Fournier a été déclaré "Mort pour la France" par décision du Ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, du 11 mars 1950.

A Courrières une stèle a été érigée par la famille en mémoire de Claude Fournier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159489, notice FOURNIER Claude, Julien, Jules par Christian Lescureux, version mise en ligne le 11 juin 2014, dernière modification le 27 mars 2017.

Par Christian Lescureux

SOURCES : Arch. Dép. du Pas-de-Calais, 1 Z 6777 et 51 J/6. — Jean-Marie Fossier, Zone Interdite, Éditions sociales, 1977. — Revue Gauhéria, Maison Syndicale Lens, n° 70, août 2009. — témoignage de M. Henri Kaleta, de la famille de Claude Fournier. — État civil.

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