PIMONT Louis, Marcel

Par Gilles Morin

Né le 20 février 1905 à Languenne (Corrèze), mort le 9 novembre 1975 à Bordeaux (Gironde) ; préfet ; socialiste ; chef adjoint puis chef de cabinet de Robert Lacoste ministre résidant en Algérie ; maire de Bergerac (Dordogne) (1968-1975) ; conseiller général de Bergerac (1961-1975) ; député (1962-1968, 1973-1975).

Fils d’armurier, Louis Pimont entra dans l’administration comme rédacteur de préfecture de la Corrèze en 1925, il fut ensuite chef de bureau, chef de cabinet du préfet, enfin chef de division dans ce département. Entré dans la Résistance, il fut décoré de la croix de guerre 1939-1945 et de la rosette de la Résistance et fut promis au grade d’officier de l’ordre national de la Légion d’honneur.

À la Libération, Pimont fut délégué dans les fonctions de préfet de la Corrèze et passa ainsi dans le corps préfectoral. Il devait y gravir les degrés classiques de la carrière : secrétaire général de la Dordogne en février 1945, sous-préfet de Parthenay en 1946, puis de Bergerac en 1949.

Pimont tenta une première entrée en politique dans son département natal en 1945 en figurant en deuxième position aux élections municipales de Tulle sur la liste conduite par Montalat* (SFIO). Il fut encore candidat aux élections cantonales de 1945 dans le canton de Tulle-Sud, comme candidat SFIO. Arrivé en 3e position au 1er tour, il se retira.

Préfet de Dordogne, Pimont s’attacha à la carrière de Robert Lacoste. En 1956, il devient chef adjoint puis chef de cabinet du résidant en Algérie, puis son délégué à Paris jusqu’en mars 1958. Il fut alors nommé au grade de préfet, en congé spécial.

Le changement de régime, avec un congé spécial à partir de 1961, lui permit de se consacrer à sa patrie d’adoption et il entama, après douze années de service dans le département, une carrière politique. Il fut élu conseiller général socialiste de Bergerac le 11 juin 1961, battant la sortante radicale, Mademoiselle Morize et fut réélu en 1967 (comme apparenté socialiste). Le préfet le considérait alors comme “gaulliste de gauche”, favorable en général à la politique du gouvernement.

Pourtant, Pimont avait été élu député apparenté SFIO le 25 novembre 1962 en bénéficiant du désistement communiste. Au congrès de la SFIO de février 1966, sa non participation aux activités des sections, fut vigoureusement critiquée. Il arguait de difficultés de santé, pour expliquer que son arrondissement était dans « le noir complet ». Il recevait beaucoup ses électeurs et aimait à dire « Vous savez que je ne suis pas un révolutionnaire ». Réélu sous la bannière de la FGDS en 1967, il siégea dans la commission de la défense nationale et intervint principalement sur cette question et sur le budget des anciens combattants, combattant pour l’obtention de la carte du combattant aux anciens d’Afrique du Nord. Battu par le recteur Capelle en 1968, il est réélu député en 1973. Il accéda à la commission des affaires culturelles, familiales et sociales en 1973 et 1974 et fut de nouveau désigné à la commission de la défense nationale le 2 avril 1975, mais décéda quelques mois plus tard.

En dépit de sa défaite aux élections législatives, Pimont avait été élu maire de Bergerac en 1968. En 1965, la liste qu’il conduisait avait obtenu sept sièges contre 20 à la liste radicale et Action locale, conduite par Sicard, les deux listes ayant 46 voix de différence. Sur un recours formé par Pimont, le Conseil d’État a annulé l’élection de 16 conseillers. Pimont et ses amis démissionnèrent et l’emporta à l’élection municipale partielle du 21 janvier 1968. Dix-huit colistiers de Pimont furent élus sur une liste “d’union de la gauche républicaine (3 PCF, 1 PSU, 12 FGDS, 2 divers gauche) et Pimont accéda à la mairie. Les radicaux s’étaient divisés, certains sur la liste Pimont, 6 autres sur la liste du maire démissionnaire de droite. Le préfet avait, à tort, pronostiqué une victoire de la majorité.

Membre du PS en 1971, il figura sur la liste socialiste au Sénat derrière Robert Lacoste qui fut élu et il fut son suppléant jusqu’à son décès. Il avait été signataire de la motion Mitterrand pour le congrès de Grenoble en 1973. Il siégeait comme conseiller régional depuis 1974.

Officier de la Légion d’honneur, titulaire de la rosette de la Résistance et de la Croix de guerre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159565, notice PIMONT Louis, Marcel par Gilles Morin, version mise en ligne le 6 juin 2014, dernière modification le 6 juin 2014.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., 19770359/19 ; 19780654/75 ; 19830172/105 ; 19880024/14. 19800280/33 ; F/1cII/552 ; F/1cII/708. — Arch. FJJ/6EF73/2. — Archives de l’OURS, dossiers Dordogne. — Le Poing et la Rose, n° 15, mai 1937. — Éloge funèbre prononcé par Edgar Faure, le 13 novembre 1975.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément