BERKOVIC [née RADZIEJEWSKA Fogiel dite Fanny]

Par Lynda Khayat

Née le 14 avril 1902 à Kowal (Pologne), déportée le 23 juin 1943 à destination d’Auschwitz, où elle trouva la mort ; lingère, ouvrière dans la confection pour dames ; militante communiste de Saint-Ouen ; arrêtée le 23 mars 1943 par des inspecteurs de la brigade spéciale en raison de son activité de propagande clandestine au sein de la sous-section juive de la MOI du PCF ; détenue au fort de Romainville, puis internée au camp de Drancy le 21 juin 1943.

Berkovic Fojgiel dite Fanny.
Berkovic Fojgiel dite Fanny.

Issue d’une famille juive pauvre de Pologne, elle fut inquiétée par la police dès l’âge de seize ans en raison de son activité révolutionnaire. Elle occupa un emploi de lingère à Lódz, avant de venir s’installer à Paris en 1935, pour travailler comme petite main dans la confection pour dames. De nationalité tchécoslovaque par mariage, elle vécut à Saint-Ouen, passage de l’Avenir, dans un logement attenant à la boutique de cordonnier de son époux, Henri Berkovic, immigré juif tchèque, militant communiste connu des services de police, arrivé en France dès octobre 1923. De leur union naquit une fille Cécile en 1937 à Paris (18e).
Le 14 mai 1941, son mari fut convoqué par la police française pour « examen de situation ». Transporté par autobus vers la gare d’Austerlitz, il fut dirigé par train sur le camp de Pithiviers pour y être interné, puis déporté le 25 juin 1942 à destination d’Auschwitz, où il trouva la mort. Pour subsister, elle s’occupa de la boutique jusqu’à la nomination en avril 1942 d’un commissaire-gérant, qui n’y trouva plus ni marchandise, ni matériel. Elle sollicita sans succès une carte d’acheteur de cuir, matière première contingentée, afin de continuer à exercer son commerce. La cordonnerie, ouverte depuis septembre 1933, fut considérée comme « sans intérêt pour l’économie nationale ». Radiée du registre de la Chambre des Métiers en octobre 1942, sa liquidation fut prononcée en janvier 1943.
Fanny Berkovic se réfugia alors dans la clandestinité ; appointée par le Parti communiste clandestin, elle loua une chambre rue Calmels à Paris (18e arr.) sous le nom de Belloy et continua à vivre sous la fausse identité de Fanny Deloncle. Recherchée par la police en mars 1943, elle figurait sur une liste de suspects dressée par les autorités allemandes. Membre de la sous-section juive de la MOI du PCF, en contact notamment avec la militante communiste Laja Krasucki, elle était chargée, en tant que responsable au matériel, de la répartition des tracts entre les divers groupes de diffusion.
Au matin du 23 mars 1943, elle fut arrêtée à son domicile par des inspecteurs de la brigade spéciale de la Préfecture de police à la suite d’une longue filature qui entraîna un coup de filet parmi les membres de l’organisation clandestine de la MOI. Lors de son interrogatoire, elle déclara que seule l’organisation, à laquelle elle appartenait, s’élevait contre l’arrestation des Juifs. Durant la perquisition de son domicile par la police furent découverts des tracts, une liste de ses rendez-vous ainsi que de l’argent et des documents liés à l’activité de trésorerie de l’organisation. Elle contrôlait aussi un dépôt clandestin de tracts, situé boulevard Soult, où des documents se rapportant à l’activité du Parti communiste et des stencils prêts à l’emploi furent également saisis. Consignée au dépôt de la Préfecture de police, elle fut livrée aux autorités allemandes. Détenue d’abord au fort de Romainville, puis transférée au camp d’internement de Drancy le 21 juin 1943, elle fut déportée deux jours après le 23 juin à destination d’Auschwitz, où elle trouva la mort.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16362, notice BERKOVIC [née RADZIEJEWSKA Fogiel dite Fanny] par Lynda Khayat, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 23 décembre 2018.

Par Lynda Khayat

Berkovic Fojgiel dite Fanny.
Berkovic Fojgiel dite Fanny.

SOURCES : Arch. Nat. AJ 38 art. 2 255 dos. 31 314 Berkovic ; F 9 art. 5606 Fichier familial de la PPo. de la Seine, F 9 art. 5634 Fichier individuel de la PPo. de la Seine, F 9 art. 5680 Fichier du camp de Drancy, F 9 art. 5751 Fichier des camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande. — Arch. PPo. BS 2 GB 115 Affaire MOI de Puteaux concernant Sosnowski, Krasucki (mars 1943). — David Diamant, Combattants, héros et martyrs de la résistance, Paris, Éditions Renouveau, 1984, p. 139.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 186 cliché du 26 mars 1943.

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