LEROUX Pierre [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Né le 8 avril 1837 à Châtillon-sous-Bagneux (Hauts-de-Seine), fils aîné de Charles Jules Leroux (1805-1883) et de Françoise Volk (1811-1903), Pierre Leroux suivit dès 1852 ses parents proscrits par le Nouvel Empire à Jersey (Îles Anglo-Normandes), puis à Londres et enfin aux États-Unis en 1866. Il y demanda sa naturalisation le 3 septembre de cette même année à Topeka (comté de Shawnee, Kansas). Il fut membre de la colonie fondée par son père à Neuchatel (comté de Nemaha, Kansas) jusqu’à son départ pour Icarie près de Corning (comté d’Adams, Iowa), en 1876. Son admission définitive en qualité de membre fut cependant refusée par la majorité de cette communauté.

En 1877, Pierre Leroux se rangea aux côtés des minoritaires de la Jeune Icarie. En 1878, il fit un voyage en France où il se maria à Paris (18e) avec Joséphine Hanin (1847-1933) le 3 janvier 1880, et, à son retour au printemps 1881, décida de partir en Californie avec sa nouvelle épouse, dans le but de participer au lancement de la colonie d’Icaria Speranza au sud de Cloverdale comté de Sonoma). Tous deux figuraient en 1883 parmi les vingt signataires de la charte de cette communauté.

Pierre Leroux perdit son père en 1883, à Cloverdale. Après le décès de sa mère en 1903, également à Cloverdale, il partit s’établir à Santa Rosa (comté de Sonoma, Californie). Il entra en contact avec Louis Goaziou par l’intermédiaire de L’Écho de l’Ouest, le grand journal progressiste de langue française publié en Californie auquel il collaborait. Il donna alors plusieurs articles à L’Union des travailleurs. Dans un texte intitulé « La retraite ouvrière aux États-Unis », il se prononçait en faveur du projet de loi rédigé par le socialiste Victor Berger. En 1913 Pierre Leroux disait ne disposer que de moyens modestes et être abonné à plusieurs journaux socialistes de langue anglaise, dont The Appeal to Reason.

Le nom de Pierre Leroux figura sur la liste des abonnés de L’Union des travailleurs jusque quelques mois avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il mourut en effet sans enfants le 22 mars 1914 à Cloverdale et son homologation fut actée le jour de son enterrement, deux jours plus tard, au cimetière de Cloverdale. Son épouse devait l’y rejoindre en 1933.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article164253, notice LEROUX Pierre [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 20 septembre 2014, dernière modification le 11 décembre 2019.

Par Michel Cordillot

SOURCES : L’Union des travailleurs, 9 novembre 1911, 25 avril, 18 juillet, 19 septembre 1912, 28 août 1913 ; Jules Prudhommeaux, Icarie et son fondateur Étienne Cabet, Paris, Cornély & cie, 1907, passim ; Robert P. Sutton, Les Icariens : The Utopian Dream in Europe and America, Urbana, University of Illinois Press, 1994, passim.

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