MOUROT Eugène [Henry, Eugène] (fils) [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot et Daniel Cahen

Né à Paris le 5 janvier 1846, mort à Santa Monica (Los Angeles, Californie) le 29 janvier 1919 ; communiste icarien ; un des dirigeants de la Jeune Icarie.

Eugène Mourot et sa sœur Louise Anne (1852-1926) arrivèrent avec leurs parents Sébastien André Eugène Mourot (voir ce nom) (1819-1870) et Antoinette Oudin (1823-1881) à Nauvoo (comté de Hancock, Illinois) en 1852. Eugène Mourot fils vécut dans cette communauté jusqu’à sa dissolution, puis partit dans l’Iowa où il reçut une formation de charpentier. Le 27 août 1865, il y épousa Marie Fugier (1847-1911), elle-même fervente communiste icarienne. Le couple vécut dans un premier temps à proximité de Corning, à Queen City (comté d’Adams, Iowa). En 1869, Eugène Mourot fils occupait la fonction de directeur de l’industrie de la colonie de Corning.

Avec son beau-frère Émile Fugier (1845-1932), Eugène Mourot fut l’un des meneurs de la Jeune Icarie en 1877. Il cosigna le Précis sur Icarie rédigé par Émile Péron, qui annonçait que la séparation était irrémédiable. Les trois hommes et ceux qu’ils avaient réussi à rallier à leurs vues fondèrent en mai 1878 une revue intitulée La Jeune Icarie. Se réclamant de la « vraie » tradition icarienne, ils tentèrent une réhabilitation de Cabet, lequel avait été exclu par leurs aînés ; ils réclamèrent aussi très rapidement un partage du domaine de Corning. Le 25 août 1878, Eugène Mourot entra dans une commission bipartite pour tenter de trouver un arrangement à l’amiable. À ses côtés siégeaient Émile Péron et Alexis Marchand, et en face d’eux P. E. Caillé, Alexis-Armel Marchand et Jules Gentry. La commission échoua. Il fallut l’intervention du tribunal du comté d’Adams pour imposer le partage aux aînés. Le jugement fut rendu le 11 mars 1879.

Le 8 octobre 1879, une nouvelle colonie fut fondée sur les terres que le tribunal avait allouées aux dissidents. Eugène Mourot, qui avait été élu délégué à l’industrie de la Jeune Icarie le 3 février 1879, figurait au nombre des membres de la communauté, de même que son épouse et leurs trois enfants, deux garçons et une fille, Henry Eugène (1871-1935), Albert Eugène (1873-1953) et Louise Anne (1879-1958). La famille logeait alors à Prescott (comté d’Adams, Iowa) à proximité de la colonie.

Début 1883, Eugène Mourot figura avec sa femme et sa sœur Louise Anne parmi les signataires de la charte d’Icaria Speranza. Toute la famille rejoignit Armand Dehay (1842-1923) et les Leroux en Californie, pour participer à la création de la nouvelle communauté. En 1886, Eugène Mourot fut dépêché à Corning par les Icariens installés en Californie, car ces derniers s’inquiétaient du peu d’empressement mis par Fugier et Péron à liquider les biens de la Jeune Icarie dans l’Iowa. Il fallut une fois encore l’intervention d’un tribunal, qui se prononça le 3 août 1886, pour que la famille Mourot puisse récupérer la part qui lui revenait des avoirs de la communauté dissoute.

Eugène Mourot et sa famille s’installèrent alors à Redwood City (comté de San Mateo, Californie), où ils vécurent jusqu’en 1912. Eugène y perdit son épouse le 14 septembre 1911. Il s’installa l’année suivante à San Francisco, puis en 1918, il déménagea à Santa Monica, près de Los Angeles, où il mourut le 29 janvier 1919.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article164860, notice MOUROT Eugène [Henry, Eugène] (fils) [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot et Daniel Cahen, version mise en ligne le 25 septembre 2014, dernière modification le 11 décembre 2019.

Par Michel Cordillot et Daniel Cahen

SOURCE : Jules Prudhommeaux, Icarie et son fondateur Étienne Cabet, Paris, Cornély & cie, 1907, passim ; Robert P. Sutton, Les Icariens : The Utopian Dream in Europe and America, Urbana, University of Illinois Press, 1994 ; Notes de François Fourn et Daniel Cahen.

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