ROUX Simone [née FRAYSSE Simone]

Par Jacques Girault

Née le 29 août 1934 à Paris (XXe arr.) ; professeure d’Université ; militante du SNESup ; militante communiste.

Simone Fraysse était la fille aînée d’un ouvrier au service des eaux de la ville de Paris, originaire de Corrèze et d’une employée de commerce (crémerie en 1934) qui eurent de nombreux enfants. Ils habitèrent en 1938 dans un petit logement HBM du XIIIe arrondissement de Paris. En raison de la guerre et de la proximité de l’usine Gnôme-Rhône susceptible d’être bombardée, elle fut repliée en Haute-Saône où elle suivit pendant trois années sa scolarité primaire. Elle y reçut une instruction catholique. Elle termina sa scolarité à Paris. Boursière, elle entra en classe de 6eme au lycée Marie Curie à Sceaux et en classe de 5eme à l’annexe du lycée Fénelon (futur lycée Claude Monnet). Pour étudier le grec à partir de la 4eme, elle gagna le lycée Fénelon dans le VIe arrondissement où elle fut élève jusqu’en hypokhâgne. L’année suivante, étudiante en histoire à la Sorbonne, elle obtint la licence, le diplôme d’études supérieures en études médiévales, réussit au CAPES en 1959. Nommé professeur stagiaire à Douai (Nord), elle fut reçue à l’agrégation féminine d’histoire en 1960.

Simone Fraysse se maria en août 1957 à Nice (Alpes-Maritimes) avec Alain Roux, militant communiste. Ils vécurent à la cité universitaire d’Antony et participèrent aux activités militantes étudiantes et locales comme membre de l’Union nationale des étudiants de France et de l’Union des étudiants communistes. Longtemps considérée comme sympathisante, elle décida de rejoindre le Parti communiste français au lendemain des événements de Hongrie à la fin de 1956.

Professeur au lycée de jeunes filles de Douai en 1960, Simone Roux adhéra au Syndicat national de l’enseignement secondaire. Elle obtint sa mutation pour le lycée expérimental de Montgeron (Seine-et-Oise) en 1964 puis fut nommée au lycée Romain Rolland d’Ivry (Val-de-Marne) en 1966. Elle commença des recherches pour une thèse d’histoire sous la direction d’Édouard Perroy sur la vie urbaine dans la rive gauche de Paris au Moyen Age.

Simone Roux fut nommée assistante à l’université de Paris X-Nanterre en 1966-1967. A la suite des événements de mai-juin 1968, elle présida le commission qui dirigea le département d’histoire. Militante du Syndicat national de l’enseignement supérieur, elle fut élue à la commission de spécialistes du département d’histoire. Maître-assistante au début des années 1970, elle soutint sa thèse à la fin des années 1980 sous le titre « Le quartier de l’Université au Moyen Age, étude d’histoire urbaine ». Nommée professeur à l’Institut universitaire de formation des maîtres à Créteil (Val-de-Marne), rattachée à l’Université de Paris VIII en 1991, elle enseigna surtout dans cette dernière, responsable de la préparation du CAPES jusqu’à sa retraite en 2001. Elle présida le conseil scientifique et pédagogique de l’IUFM. Dans les années 1990, elle fut membre du concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud.

Au SNESup, Simone Roux, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, fut membre de la commission administrative nationale et du bureau national, chargée de la recherche.

Au Parti communiste français, membre de la cellule des enseignants des lycées et des écoles normales d’institutrices et d’instituteurs de Douai, elle collabora à la rédaction du bulletin hebdomadaire de Liberté sous le titre « À petits coups de nos piqueurs ». En région parisienne, elle milita dans les diverses cellules des établissements d’enseignement. Sur le plan national, enseignante à l’école centrale du PCF, elle faisait partie du cercle restreint des intellectuels communistes considérés comme approuvant la ligne du parti. À partir des années 1980, elle ne rendit pas publiques ses critiques contestataires mais prit des distances avec l’organisation militante. Elle ne faisait plus partie du PCF depuis la fin des années 1990, tout en continuant à sympathiser avec les orientations communistes. Elle livra en 2012 un article « Quelques réflexions sur l’histoire de la bourgeoisie occidentale » pour la revue communiste Le Projet. Elle collaborait aussi aux Cahiers d’histoire critique de l’Espace Marx.

Poursuivant son engagement dans la recherche historique, elle étendit son champ de recherche aux siècles suivants par des apports sur les origines de la bourgeoisie. Elle signait des comptes rendus d’ouvrages, participait à des rédactions de catalogues d’expositions. Membre de divers jurys de prix (Augustin Thierry à Paris, Provins), elle faisait partie depuis le début des années 2000 du Comité d’histoire de Paris et participa à des conférences sur l’histoire de Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171176, notice ROUX Simone [née FRAYSSE Simone] par Jacques Girault, version mise en ligne le 2 mars 2015, dernière modification le 27 mars 2021.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Le fichier de la BNF comprend onze titres dont : La maison dans l’Histoire, Albin Michel, 1976. — Le monde des villes au Moyen Age (XIe-XVe siècles), Hachette, 1994. — Paris au Moyen-Age, Hachette, 2004. — Christine de Pisan : femme de tête, dame de cœur, Payot, 2006.

SOURCES : Renseignements fournis par l’intéressée. — Presse. — Divers sites Internet.

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