BOUVIER Robert, Emile, Pierre

Par Jacques Girault

Né le 22 avril 1912 à Paris (XIe), mort le 14 août 2012 à Paris (VIIe) ; professeur ; militant syndical ; militant communiste en Eure-et-Loir puis à Paris ; dirigeant de la Fédération des officiers de réserve républicains.

Robert Bouvier était le fils d’un employé de banque qui fut tué au front en 1914 et d’une employée de commerce devenue employée à la préfecture de la Seine, syndiquée la CGT, mais réservée par rapport au communisme. Pupille de la Nation à partir de 1925, il intégra l’École normale supérieure en 1931 dans la section des lettres.

Il adhéra aux étudiants socialistes en 1933 et dirigea le groupe d’études socialistes de l’ENS (1933-1934). Il dirigeait aussi le groupe des Jeunesses coopératistes (1933-1935) de l’Office central de la coopération à l’école. Partisan du front unique et du mouvement Amsterdam-Pleyel, il démissionna des JS pour adhérer à l’Union fédérale des étudiants (UFE) et aux Jeunesses communistes en 1934 et effectua en septembre-octobre 1934 un voyage en URSS. Il collaborait alors à la revue Commune. N’ayant pas obtenu l’agrégation, il fut nommé en 1935 professeur de lettres au collège de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). Il effectua son service militaire qu’il termina comme sous-lieutenant. Il préparait l’agrégation en 1938.

Secrétaire de la section syndicale de son établissement du Syndicat de professeurs de l’enseignement secondaire, Robert Bouvier devint membre du secrétariat de l’union départementale CGT tout en étant secrétaire de l’union locale de Nogent-le-Rotrou.

Secrétaire du comité Amsterdam-Pleyel (1935-1937), militant dans un comité du Front populaire, membre du Parti communiste français depuis juillet 1936, il était secrétaire de la section communiste de Nogent-le-Rotrou, et devint membre du comité et du bureau de la région communiste d’Eure-et-Loir en novembre 1937. Il collaborait au journal communiste de la région.

Robert Bouvier épousa en décembre 1935 à Paris (Ve arr.) Marthe Jacob, fille d’un secrétaire comptable et d’un professeur de piano, qui adhéra au Parti communiste en 1937.

Mobilisé en 1939 en tant qu’officier de réserve, il fut fait prisonnier et se retrouva captif en 1944 dans le même oflag disciplinaire de Lübeck, que Georges Gosnat et Paul Labérenne où ils faisaient partie du groupe communiste clandestin de résistance.

Après la guerre, il était professeur au lycée Jean-Baptiste Say à Paris, membre du bureau de la section communiste Trocadéro (XVIe arr.). Il fut candidat aux élections municipales en 1959 dans le septième secteur (XVII et XVIIIe) et en 1977 dans le XVIe arrondissement. Candidat aux élections législatives dans la 21eme circonscription de Paris (Porte Dauphine, Chaillot, partie Muette), il obtint 3693 puis 4213 voix sur 60433 inscrits en 1962, 3601 voix sur 55735 inscrits en 1967 et 2647 voix sur 51646 inscrits en 1968.

Robert Bouvier était dans les années 1960 le vice-président de la Fédération des officiers de réserve républicains. Dans les années 1970, il écrivait des articles dans les Cahiers du communisme sur les questions militaires et internationales, ainsi en mars 1974, « Réflexions sur le thème antisoviétique de la menace militaire ».

Dans son carnet du 20 août 2012, l’Humanité rappelait que ce militant, mort à l’âge de 100 ans, avait été rédacteur en chef de France Nouvelle et collaborateur à l’Humanité, correspondant à Moscou.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17703, notice BOUVIER Robert, Emile, Pierre par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 20 août 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : RGASPI, 495 270 3193, autobiographie, Nogent-le-Rotrou 3 février 1938 (consulté par Claude Pennetier) ; 517, 1, 1892. — Archives du comité national du PCF. — l’Humanité, France nouvelle. — Notes de Jean-Pierre Besse et d’Alain Dalançon.

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