MOREAU Maurice, Antoine [alias Jules]

Par Frédéric Stévenot

Né le 19 novembre 1923 à Flavy-le-Meldeux, (Flavy-Martel, Aisne), mort en action le 23 juin 1944 à Crisolles (Oise) ; ouvrier d’usine ; agent de liaison FFI.

Maurice Moreau était domicilié à Flavy-Martel et travaillait comme ouvrier d’usine.
Le 23 juin 1944, suite à un ordre du chef départemental FFI de l’Oise, Étienne Dromas, chef du secteur B1 (environs de Tergnier-Chauny, Aisne), partit avec son agent de liaison, Maurice Moreau. Ils traversèrent la forêt d’Ugny-le-Gay à Noyon, et arrivèrent au maquis des Usages, à Crisolles, vers 16 heures. É. Dromas indique, dans son ordre du jour adressé à Londres, qu’il s’agit d’une « maison au milieu de grands arbres, presque cachée, perchée sur une butte. Une table est dehors. Huit hommes sont assis autour de cette table, huit autres sont dans la maison. […] Il est cinq heures […] ; « Jules » et le garde Dewulder (Gaston Devulder) sont assis à côté de moi. Tout à coup, un civil armé d’une mitraillette surgit sur la plateforme par le côté le plus inaccessible, et hurle en allemand des mots que nous ne comprenons pas. En même temps, il tire et fauche « Jules » et le garde, qui tombent. Les autres se jettent immédiatement à terre. Cependant quatre d’entre eux sont blessés. Le premier moment de surprise passé, les hommes se ressaisissent. Les uns rentrent dans le pavillon, les autres sont obligés de se sauver dans les bois.
Maintenant, les boches qui suivaient le civil (au nombre de 25) tirent de tous les côtés. À l’intérieur du pavillon, 13 hommes et 2 blessés se défendent. Dix Allemands sont mis hors de combat tués ou blessés. Une grenade allemande tombe dans la maison, c’est fini…
Soudain, les jeunes gens aperçoivent au milieu des boches, un de leurs camarades, arrêté le matin. Il court vers eux, les mains enchaînées. Ils déclenchent un feu nourri sur les boches pour le protéger.
Bientôt, il est sauvé. Il explique : « j’ai été arrêté ce matin, battu à coups de matraque, et brûlé aux reins avec un tisonnier. J’ai parlé. Je vous demande pardon… ». […]
Après vingt minutes de combat où les F.M., mitraillettes, fusils et grenades entrent en jeu, le chef donne ordre de repli.
Tout au début, « Jules » est tué de trois balles dans la poitrine. Le garde blessé dit à son fils âgé de 19 ans (Marcel) : « Je vais mourir ».
Celui-ci prend le commandement. Le père regardera le fils combattre jusqu’à sa mort.
Ce fils commande à tous ces jeunes gens qui ne sont pas habitués au combat, de se défendre :« comme des lions ».

Reconnu « Mort pour la France » (AC 21 P 104975), Maurice Moreau obtint la croix de guerre 1939-1945 à titre posthume, et fut homologué FFI (GR 16 P 429732).
Le nom de Maurice Moreau est inscrit sur le monument aux morts et le tableau commémoratif de la mairie de Flavy-le-Martel. Il se trouve également sur le monument commémoratif des Usages, à Crisolles, sur une plaque commémorative apposée sur le mur de la maison du garde forestier, route de Guiscard, aux côtés de Gaston Devulder tué avec lui.
Une cérémonie y a lieu tous les ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188101, notice MOREAU Maurice, Antoine [alias Jules] par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 28 décembre 2016, dernière modification le 14 mai 2020.

Par Frédéric Stévenot

SOURCES : SHD, dossiers adm. résistants. — Musée de la Résistance et de la Déportation de Tergnier. — Jean-Pierre Besse, Jean-Yves Bonnard, Rafles et massacres de l’été 44 dans l’Oise, CRDP Académie d’Amiens, CDDP Oise, 2012, p.25,42. — Sites Internet : Généalogie Aisne ; Mémorial GenWeb ; Mémoire des hommes.

ICONOGRAPHIE. Musée de la Résistance et de la Déportation de Tergnier.

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