LEBERQUIER Pierre, Alexandre, André

Par Jacques Defortescu

Né le 24 juillet 1933 au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; militant syndical CGT et communiste de l’agglomération Havraise.

P. Leberquier toutes les semaines sur le marché d’ Harfleur vendant du thé de la coopérative 1336, dont le fils est Directeur. (DR)

Pierre Leberquier est né au Havre, rue Ambroise Thomas. Il avait cinq frères et sœurs (Lucien, Gilbert, Pierrette, Renée et Simone) Son père, Alexandre -André Leberquier rencontra sa femme Gabrielle Noury à la « Verrerie Tourres » dans le quartier de Graville au Havre, ou il était souffleur de verre. Il finit sa carrière comme chef de chantier au service nettoyage de la ville du Havre.
Son père l’influença du fait de son activité syndicale à la CGT. Il était en effet collecteur de timbres syndicaux et sympathisant PCF.
Après un CAP de chaudronnier au lycée technique rue Dumé d’aplemont au Havre obtenu en alternance par une période d’apprentissage chez Lemaitre et Séguy, entreprise métallurgique du Havre, située Boulevard de Graville, entre 1947 et 1950, Pierre Leberquier adhéra à la CGT, avec René Guilloux, alors représentant Cgt dans l’entreprise.
De 1950 à 1952, il fut embauché chez « Campenon-Bernard », entreprise du bâtiment et travaux publics, ou il travailla à la reconstruction du Havre, notamment en construisant les fondations de l’église St Joseph, fleuron des construction Perret du Havre. Il y eut un premier mandat d’élu du personnel jusqu’en 1952. Puis suivit une longue période de « location de main d’œuvre », tant dans la métallurgie que dans le bâtiment. Il travailla de 1952 à 1953 chez « Benoteau » (métallurgie), SEPFOB de 1953 à 1955, « La Parisienne » de 1955 à 1958 (Bâtiment)avec les premières grèves et premiers licenciements. En 1956, il était salarié à la SPIE (Bâtiment/Métallurgie), les salariés de l’entreprise décidant de mener une action de grève Boulevard Morlan (Paris) il fut d’abord muté à Mézières (Près de la centrale thermique de Porcheville) puis fut licencié en 1958 pour action syndicale. Bien souvent Pierre Leberquier fut licencié pour fin de chantier ou pour avoir créé une section syndicale CGT, faisant de lui un « médaillé d’or du licenciement pour répression syndical » comme il se plaisait à le raconter.
En février 1959, il rentra à la SPAC (filiale de la SPIE) et fut envoyé à Oran pour souder des pipes - lines. Au bout de 6 mois, sa sympathie à l’égard des travailleurs algériens, et plus particulièrement ceux du FLN, amena l’employeur à lui mettre le marché suivant en main : « ou vous allez dans le désert faire des soudures, ou vous rentrez au siège ». De retour à Paris, il fut licencié de nouveau.
En 1959, sur proposition de Louis Eudier et Marcel Jezequel, il demanda son adhésion au Parti Communiste Français. Il mit deux ans avant de recevoir sa carte du PCF. Pierre Leberquier a toujours pensé que ces liaisons avec le FLN en Algérie, en serait l’explication.
En 1960, il rentra chez Caillard, comme soudeur sur les barges au « Mur écran ». Puis en 1967, il fut embauché aux « Chantiers de Graville » pour BIS (location de MO) ou il fit toujours comme soudeur de nombreux chantiers. En juillet de cette même année, il rentra chez « Contrôle et applications » ou il resta 7 ans, avec Jacques Lambert Ligier, Lucien Clech, et Jean Mancel. À cette époque il participa à des stages syndicaux organisé par le syndicat CGT de la métallurgie du Havre. Après avoir été mis de nombreux mois à l’isolement, Il fut de nouveau licencié de cette entreprise en 1967, pour fait de grève.
En début 1968, il rentra chez Fouré- Lagadec (Métallurgie). C’est là qu’il anima les grèves de Mai-Juin, ce qui lui valut d’être une nouvelle fois licencié en décembre 1968.
Pierre Lebarquier entra alors aux « Chantiers Moderne », et participa à la construction de l’usine ATO-CHEMICAL à Gonfreville l’Orcher de 1970 à 1971. Cette même année, il créa la section syndicale de l’UIE, Union industrielle d’entreprise. Il s’agissait d’une entreprise spécialisée dans le montage de plateformes pétrolières, avec les salariés il occupa en 1977 et empêcha le débarquement d’un bateau sur le port du Havre.
Il resta à l’UIE, jusqu’en 1979, où l’entreprise ferma. Au chômage, il fit alors des stages de soudeur agréé pétrole, pendant 1 an ½.
En 1970, il participa avec d’autres à la décentralisation syndicale de la CGT dans l’agglomération havraise par la création de l’Union des Syndicats CGT d’Harfleur/Tancarville, dont Albert Leclerc fut le premier secrétaire général.
En 1971, conseiller municipal communiste d’Harfleur (jusqu’en 1977), Pierre Leberquier joua un rôle important dans la constitution et le développement des échanges franco-allemands, avec Henri Batard et Johann Braque. En 1974, il développa plus particulièrement les relations avec la ville de BRAMSCHE en RFA. Jusqu’en 2015, il fut d’ailleurs secrétaire de l’association départementale des « Échanges Franco- Allemands ».
En 1981, il fut embauché chez Goodyear pour l’entreprise LMT (Entreprise de chaudronnerie) et en 1983, il fut embauché définitivement par Goodyear (fabrication de pneumatiques) sur la zone industrielle de Sandouville. Il y termina sa carrière comme gardien jusqu’en 1993, date ou l’entreprise fut fermée. Il prit sa retraite à 60 ans le 24 juillet 1993, à sa date anniversaire.
Il tenta alors de créer, sans succès une section de retraités CGT chez Goodyear. Devant les difficultés il adhéra à la section des retraités de Total à Harfleur. Il participa à la diffusion et la vente du Thé 1336, son fil Olivier Leberquier étant un des responsables de la lutte des salariés du Thé Lipton à Gémenos qui dura 1336 jours et qui vit la naissance de la Scop-Ti fabricant des thés et tisanes 1336.
Pierre Leberquier avait épousé le 15 janvier 1955, Yvette Horlaville au Havre. Ils eurent cinq enfants : Martine née le 5 novembre 1955, Joëlle, née le 19 juillet 1957, Marius né le 31 janvier 1959, Carole née le 20 juillet 1961 et Olivier né le 24 juillet 1963.
Yvette Leberquier adhéra au PCF en 1963, trésorière de cellule, elle travailla pendant 20 ans dans une association d’insertion des travailleurs immigrés d’Harfleur « Le foyer de la Lézarde ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188720, notice LEBERQUIER Pierre, Alexandre, André par Jacques Defortescu, version mise en ligne le 17 janvier 2017, dernière modification le 3 juin 2021.

Par Jacques Defortescu

P. Leberquier toutes les semaines sur le marché d’ Harfleur vendant du thé de la coopérative 1336, dont le fils est Directeur. (DR)
Pierre Leberquier et son fils
Pierre Leberquier et son fils
Leberquier parmi les travailleurs de l'UIE
Leberquier parmi les travailleurs de l’UIE
Meeting lors des Présidentielles de 1981 à Rouen (Photo Avenir de Seine-Maritime)

ICONOGRAPHIE : Pierre Leberquier et son fils Olivier lors d’une manifestation pour la sauvegarde du Thé Lipton (Fralibres 1336 jrs de luttes- édition Le temps des cerises)
Pierre Leberquier en 2016
©service communication ville de Gonfreville l’Orcher
Pierre Leberquier avec les salariés de l’UIE et Maryvonne Rioual Adjointe au Maire du Havre, Conseillère Générale de Seine-Maritime.

SOURCES : Entrevues avec Pierre Leberquier, décembre 2016/janvier 2017. — Notes familiales. —FRALIBRES 1336 jours de luttes, 300 pages, Le Temps des cerises , collection le cœur à l’ouvrage, 2016. — Magazine d’informations municipales de Gonfreville l’Orcher , n° 360-juin 2016.

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