BOUY Paul, Clément [pseudonymes dans la Résistance : Henri David, Jacques Dorval ]

Par Jean-Marie Guillon

Né le 25 janvier 1911 à Isbergues (Pas-de-Calais), mort le 24 septembre 1961 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; communiste ; commissaire aux effectifs régional puis interrégional des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Fils de Liévin Alfred Bouy, ouvrier d’usine, et de Delphine Frauchois, ménagère, marié à Nœuds-les-Mines le 28 avril 1934 avec Janina von Tokarski, Paul Bouy militait certainement au parti communiste avant la guerre.
Mobilisé en 1939 et fait prisonnier le 15 juin 1940, il s’évada le 10 octobre et se réfugia en zone non occupée, à Lyon. Il renoua là avec son organisation et participa à la Résistance communiste. Il fut arrêté le 16 novembre 1942 à Givors (Rhône) et interné au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Comme de nombreux autres militants communistes internés, il s’en évada le 15 mai 1943 lors de son transfert vers des chantiers de la Todt à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques).
Son parcours dans la Résistance, chez les FTP, le fait passer de la région lyonnaise où il aurait dirigé un maquis à un commandement peut-être régional quatre mois après, puis dans un maquis de Savoie en novembre 1943. Il arriva en Provence sans doute au début du printemps 1944 comme commissaire aux effectifs régional de la F2 (Alpes-Maritimes/Basses-Alpes). C’est lui qui désigna Georges Bonnaire* en avril pour être délégué à la propagande des FTP des Basses-Alpes. Il fut nommé avec la même fonction le 1er juin 1944 dans le Vaucluse, mais, ayant échappé peu après à une arrestation, Louis Blésy*, commissaire aux opérations interrégional, le fit monter au trio de direction de l’interrégion provençale. Bouy en tant que commissaire politique se fit le relais de la « ligne » du parti communiste. Lors d’une réunion du comité militaire régional des Basses-Alpes, à Volx, le 7 juillet, il critiqua les appels qui avaient conduit les ouvriers à quitter leurs lieux de travail pour aller au maquis au moment de la mobilisation qui avait suivi le débarquement en Normandie et il critiqua aussi le fait de les avoir renvoyés chez eux ensuite sans qu’ils emportent des armes. Il rappela qu’il fallait se battre sur place dans les localités et non dans les maquis, ce qui était paradoxal dans le principal bastion maquisard des FTP de Provence. Il poussa en outre au développement des Milices patriotiques qui avaient été, selon lui, négligées. Il participa aux combats de la Libération à Marseille et devint ensuite le président de la commission militaire du Front national des Bouches-du-Rhône et de celle de l’éphémère Comité régional de la Libération. Il était aussi le délégué de la XVe Région auprès du COMAC (le comité militaire d’action rattaché au Conseil national de la Résistance). C’est ce que rappela La Marseillaise, quotidien du parti communiste dans la région marseillaise lorsqu’il devint chevalier de la Légion d’honneur en 1957.
Après son divorce prononcé le 7 mai 1958 à Marseille, il se remaria à Simiane-Collongue (Bouches-du-Rhône) avec Anne-Marie Charneaux le 3 février 1960.
Il exerçait alors la profession de courtier.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article196023, notice BOUY Paul, Clément [pseudonymes dans la Résistance : Henri David, Jacques Dorval ] par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 15 juin 2019, dernière modification le 26 novembre 2020.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Presse locale La Marseillaise 24 décembre 1957). — Madeleine Baudoin, Histoire des Groupes Francs (M.U.R.) des Bouches-du-Rhône de septembre 1943 à la Libération, Paris, P.U.F., coll. "Esprit de la Résistance", 1961, p. 182. — Madeleine Baudoin, Témoins de la résistance en R2, thèse de doctorat d’État, Université de Provence (Aix-Marseille I), 1977, tome III. — Louis Coste dir., La Résistance du pays d’Apt, de la Durance au Ventoux. Historique, Apt, 1974. — Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes de Haute-Provence 17 juin 1940-20 août 1944, Digne, 1983. — témoignage Louis Blésy.

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