STEINMULLER Marcel

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 17 octobre 1923 à Paris (IIIe arr.), mort au combat le 4 mars 1944 à Lyon (Rhône), place Puvis de Chavannes (VIe arr.) ; employé de bureau ; agent du Service national Maquis à Lyon (Rhône).

Marcel Steinmuller était le fils de Judle (Idel, Jules) Steinmuller et d’Elka (Elki, Hélène) Gringer. Les Steinmuller étaient juifs. Judle et Elka Steinmuller étaient originaires de Lubartów (Pologne). La sœur aînée de Marcel, Rywka Steinmuller, naquit également en Pologne semble-t-il. Judle Steinmuller arriva en France en 1920 et s’installa à Paris. Avant-guerre, Marcel Steinmuller demeura à Paris (Xe arr.), 88 boulevard Magenta, avec ses parents. Il était employé de bureau.
Après la déclaration de la guerre, Judle Steinmuller s’engagea dans la Légion étrangère pour la durée de la guerre. Il fut incorporé dans le 22e régiment de marche de volontaires étrangers. Fait prisonnier en juin 1940, il fut interné au stalag IXA puis rapatrié en France. En 1941, Rywka Steinmuller se maria avec un Français, Maurice Dreyfus, à Paris (Xe arr.). Le 29 juillet 1942, la mère de Marcel, Elka Steinmuller, fut déportée à Auschwitz par le convoi numéro 12 au départ de Drancy.
C’est à cette période que Judle Steinmuller partit se réfugier à Lyon (Rhône), vraisemblablement à la même date que sa fille, son gendre et son fils Marcel. Judle Steinmuller, Rywka et Maurice Dreyfus habitèrent 3 rue Ney (Lyon, VIe arr.). Marcel Steinmuller demeura probablement à la même adresse. Le 9 février 1943, Judle Steinmuller fut pris dans la rafle organisée par la Gestapo 12 rue Sainte-Catherine (Lyon, Ier arr.). Le 2 mars 1943, il fut déporté à Auschwitz par le convoi numéro 49 au départ de Drancy.
Marcel Steinmuller s’engagea dans la Résistance en mai 1943. Il fut agent de liaison des Mouvements unis de Résistance (MUR). Sous le pseudonyme de Leduc, il devint secrétaire puis chef adjoint du relais de la zone sud du Service national Maquis.
Le responsable de l’antenne lyonnaise du Service national Maquis, Philippe Guttinger*, demeurait 12 place Puvis de Chavannes (Lyon, VIe arr.). Le 3 mars 1944, la police allemande l’arrêta chez lui et occupa les lieux pour piéger d’autres résistants. Le 4 mars 1944, Marcel Steinmuller se présenta 12 place Puvis de Chavannes. Surpris par la Gestapo, il brandit son revolver mais fut abattu avant de pouvoir tirer.
La lecture de son acte de décès, établi le 11 mars 1944 d’après la déclaration d’un policier, nous apprend qu’il ne fut pas identifié dans un premier temps : le 4 mars 1944, fut « trouvé mort (mitraillé), 2 place Puvis de Chavannes, un inconnu (soi-disant Berthier), taille 1m77, cheveux châtains, front moyen, visage ovale, yeux gris bleus, nez rectiligne, à la jambe gauche présence d’une cicatrice entre la cheville et le mollet, au genou gauche présence d’une cicatrice. Porteur d’une montre bracelet en métal blanc avec bracelet cuir, bague métal jaune avec chaton, imperméable gris, pantalon marron, veston beige avec petits points rouges. Etc. » Son corps fut inhumé au cimetière de la Guillotière (Lyon), terrain général, carré E, 8-9e rang, 17e fosse. Il fut identifié par son beau-frère. Son acte de décès fut rectifié par jugement du tribunal de première instance de Lyon en date du 5 décembre 1944, rétablissant ainsi son identité.
Marcel Steinmuller fut homologué adjudant des Forces Françaises de l’Intérieur. Il fut reconnu Mort pour la France en 1958.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199687, notice STEINMULLER Marcel par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 31 janvier 2018, dernière modification le 9 décembre 2020.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W957, 829W400, 3335W22, 3335W8 (fiche et dossier de Philippe Guttinger, fonds Montluc).— Arch. Mun. Lyon, acte de décès 203 (VIe arr.).— Arch. Dép. Paris, table annuelle des mariages de 1941 (Xe arr.).— SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série 16P.— Centre national d’information sur les prisonniers de guerre, Liste officielle n°98 de prisonniers français, 31 mai 1941.— Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours, 2824 engagements, 2003 .— Site Internet du Mémorial de la Shoah.— Mémorial Genweb.— Site Internet de Yad Vashem.— Mémoire des hommes.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément