RAMEL Auguste

Par Claude Delasselle

Né le 8 décembre 1904 à La Côte d’Arbroz (Haute-Savoie), fusillé le 18 juin 1944 à Sambourg (Yonne) ; marchand de grains ; civil pris comme otage.

Auguste Ramel, 40 ans, marié et père de cinq enfants, était marchand de grains à Lézinnes, village du Tonnerrois proche de Vireaux. Nous savons qu’il était en relation avec le maquis Aillot (Libération-Nord) installé dans les bois de l’Hospice, à cheval sur les communes de Lézinnes et de Vireaux, et qu’il participait au ravitaillement du maquis en nourriture et en essence.
Le 16 juin, trois motocyclistes français s’étaient arrêtés à Vireaux et, s’étant présentés comme des maquisards en fuite désireux de rejoindre la Résistance, ils furent imprudemment renseignés par des habitants du village sur la présence du maquis. Georges Navotte accepta même de rencontrer deux d’entre eux mais, méfiant, refusa de les incorporer.
Très tôt au matin du 18 juin, une formation de deux à trois cent « Russes blancs », encadrée par quelques officiers allemands, qui avait stationné la veille près du château de Tanlay, prit la route du maquis. Un détachement s’arrêta en chemin pour prendre en otage Jeannine Vadot et Maurice Duval à Ancy-le-Libre (Yonne), ainsi que Roger Maitrot et Auguste Ramel à Lézinnes. Une partie de la troupe attaqua le maquis vers 5 h du matin. Trois maquisards, Maurice Joannet, Jean-Claude Christol et Jean Porrot furent blessés en protégeant le repli de leurs camarades ; capturés, ils furent battus à mort. Deux autres maquisards, Pierre Brûlé et Jacques Gemble, furent capturés dans la matinée à la ferme du Deffroy et abattus.
Pendant ce temps, une partie du détachement occupait le village de Vireaux et rassemblait les hommes sur la place. Constatant l’absence de jeunes hommes, les Allemands s’en prirent violemment au maire de Vireaux, Henri Machefer. Les deux faux maquisards venus le 16 juin étaient présents, en uniforme allemand. Ils brutalisèrent plusieurs femmes, dont l’épouse de Georges Navotte, suspendue par les bras, et firent prisonnières deux jeunes filles, Thérèse Antiquario et Yvonne Magoni, avec lesquelles ils avaient conversé le 16 juin.
À 10 h 30, les Allemands quittèrent le village avec deux nouveaux otages, Roger Choquenet et Henri Machefer, et les emmenèrent au hameau des Granges-Sambourg, sur la commune de Sambourg. Les cinq otages (Auguste Ramel, Robert Choquenet, Maurice Duval, Henri Machefer et Roger Maitrot) furent frappés puis fusillés contre un mur, devant les trois jeunes filles prisonnières. Après avoir été menacées d’exécution, celles-ci furent emmenées en camion et incarcérées à la prison d’Auxerre, d’où elles furent libérées quelques jours plus tard.
Le nom d’Auguste Ramel figure sur la plaque apposée sur un mur du hameau des Granges-Sambourg en mémoire des otages fusillés à cet endroit le 18 juin 1944. Il figure aussi sur le monument aux morts de Lézinnes et sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre. « Mort pour la France ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article200924, notice RAMEL Auguste par Claude Delasselle, version mise en ligne le 16 mars 2018, dernière modification le 16 mars 2018.

Par Claude Delasselle

SOURCES : Arch. dép. Yonne, 1 W 157 et 33 J 18 (registre de la prison d’Auxerre). — Journal l’Yonne Républicaine, articles du 29 octobre 1944 et du 18 juin 1945. — Témoignage oral de Georges Navotte. — CDrom La Résistance dans l’Yonne, ARORY-AERI, 2004 (Frédéric Gand, notice 18 juin 1944, attaque du maquis Aillot et massacre des Granges-Sambourg). Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée, Éd. ANACR-Yonne, 1990, pages 394-395. — Mémorial GenWeb.

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