FAYON Victor

Par Patrick Bec

Né le 17 septembre 1897 à Saint-Martial (Cantal), massacré le 7 juillet 1944 aux Vayssières-Basses, commune de Lieutadès (Cantal) ; cultivateur ; victime civile.

Victor Fayon était le fils de Pierre Fayon, cultivateur né le 20 janvier 1865 au Salès, commune d’Alleuze (Cantal), et de Marie Merchadier, cultivatrice, née à Chanteloube, commune de Saint-Martial (Cantal) le 12 octobre 1872. Ils s’étaient mariés à Saint-Martial le 6 juillet 1892 et ont eu cinq enfants nés entre 1893 et 1901. Victor Fayon était cultivateur à Saint-Martial. Il y avait épousé le 30 septembre 1925 Marie Nathalie dite Séraphie Delmas, née au Fau-de-Peyre (Lozère) le 16 juin 1905. Ils avaient au moins deux enfants nés en 1926 et 1929.

Après les combats de la Margeride et le repli des combattants de la Résistance dans le réduit de la Truyère, l’occupant attaqua le maquis autour de Chaudes-Aigues entre le 20 et le 27 juin 1944.
D’après le témoignage de Henry Fournier, commandant et chef de la zone 9 de Chaudes-Aigues, dans ce maquis de 1943 à la Libération, Victor Fayon, fermier au Pouget, commune de Fridefont a livré aux Allemands le 21 juin un maquisard blessé. « Ceux-ci, en présence du fermier, ont coupé à notre malheureux camarade, les deux bagues, les deux bras et la tête ; ils se sont servis pour cela d’une scie de boucherie. On ne sait pas ce qu’ils ont fait des restes. Le fermier ayant reconnu ces faits fut condamné à mort et exécuté sur le fait. » Ce récit, établi lors de l’enquête pour crimes de guerre ordonnée en 1945, ne correspond pas à la réalité.

En réalité, Roger Avinin, ce maquisard qui avait été touché à la tête le 20 juin, dans un coma profond, avait été laissé pour mort par ses camarades et le paysan l’emmena aux Allemands avec son chariot, espérant ainsi le sauver. Celui-ci fut alors transporté à Saint-Flour où il put être sauvé même s’il garda des graves séquelles. C’est un médecin, le docteur Dor, qui parvint à convaincre les Allemands de ne pas le déporter en Allemagne vu son état après avoir été sauvé. Ses parents purent le récupérer pour le ramener à Sainte-Anastasie.

Pourtant, Victor Fayon a été arrêté dans son pré, emmené par les maquisards au hameau de Vaissières-Basses, commune de Lieutadès. Condamné à mort par un tribunal présidé par le colonel Mondange, il dut creuser sa propre tombe. Il a été exécuté le 7 juillet 1944 aux Vayssières-Basses, commune de Lieutadès (Cantal) par les FFI. Il avait 47 ans.
Ce sont des enfants qui découvrirent le corps. Il avait été exécuté à 34 km du lieu de son arrestation. C’est un cantonnier de Lieutadès, cousin de Fayon, qui prévint son épouse, pensant que le corps retrouvé était celui de Fayon.

Par un jugement du tribunal civil de Saint-Flour (Cantal) daté du 13 mars 1947, transcrit en mairie de Fridefont le 5 avril 1947, Victor Fayon a été réhabilité et déclaré Mort pour la France.
Cette exécution fut évoquée lors du procès d’ Albert Mencarelli alias Marius, le seul résistant traduit devant un tribunal en 1954 pour les exécutions sommaires ordonnés par le maquis Revanche. La veuve de Marcel Fayon perçut grâce à cette réhabilitation une pension de veuve de guerre.

Son nom a ensuite été gravé sur le Monument aux Morts de Fridefont.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221261, notice FAYON Victor par Patrick Bec, version mise en ligne le 16 décembre 2019, dernière modification le 3 mai 2021.

Par Patrick Bec

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 149 : crimes de guerre à Lieutadès .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Jean Favier, Mémorial du réduit de la Truyère, Aurillac, Union des ACVG - CVR du Cantal, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 2008. — Les Allemands dans la région de Saint-Flour (Mai - août 1944), Témoignages des Instituteurs et des Institutrices collectés par M. Louis Bac, édition établie par Jean Favier avec l’aide des Archives Municipales de Saint-Flour (M. Gilles Albaret, directeur et Mme Lydia Lucchi), éditions de l’Association du Musée de la Résistance d’Anterrieux, janvier 2017 . — Mgr de La Vaissière, Les journées tragiques dans le diocèse de Saint-Flour, Imprimerie Clavel, St-Flour 1944 .— Jean Favier, Mémorial du réduit de la Truyère, Aurillac, Union des ACVG - CVR du Cantal, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 2008. — État civil (AD 15, Geneanet) .— MémorialGenWeb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément