BOUDON Louis, Joseph

Par Patrick Bec

Né le 28 mai 1921 à Mornac, commune d’Espinasse (Cantal), massacré le 20 juin 1944 près du moulin de La Combe, commune de Lieutadès (Cantal) ; ouvrier agricole ; victime civile.

Louis, Joseph Boudon était le fils de Jean, Antoine Boudon, charbonnier à Paris puis cultivateur né le 30 juillet 1878 à La Fage-Montivernoux (Lozère), et de Philomène, Marie Chassang, cultivatrice à Lescure de Chaudes-Aigues (Cantal), née à Arzenc-d’Apcher (Lozère) le 12 avril 1886. Ils s’étaient mariés à Chaudes-Aigues le 18 juin 1908 et ont eu huit enfants nés entre 1917 et 1929. Célibataire, Louis Boudon était ouvrier agricole à La Garde, commune de Lieutadès.

Après les combats de la Margeride et le repli des combattants de la Résistance dans le réduit de la Truyère, l’occupant attaqua le maquis autour de Chaudes-Aigues. Le mardi 20 juin à 8 heures, une colonne évaluée à 250 véhicules divers débouche du GC 65, venant de Tréboul et se dirigeant vers la nationale 121, raconte Jean Panis, instituteur à Lieutadès. « Un poste composé d’une quinzaine d’hommes dont un adjudant est laissé au village du Pouget et surveille les rives du lac de Sarrans remontant le Levandès. Ce poste allemand est doté d’un canon (un 25 probablement) et d’un fusil mitrailleur. Les Nazis tirent sur tout ce qui bouge : bergers, paysans au travail, etc... A 8 heures 10 la fusillade commence. Quelques éléments avancés du Maquis postés sur la nationale 121 tirent sur la colonne allemande qui roule sur le GC 65 près du moulin de La Combe. Les ambulances évacuent les Allemands touchés. La colonne allemande, un moment stoppée, reprend sa marche vers Chaudes-Aigues. Les camionnettes chargées de soldats l’arme au poing vont et viennent. Le lendemain, seront découverts près du moulin de La Combe, deux cadavres qui avaient été fouillés et volés. Il s’agissait de deux hommes avaient quitté leur domicile à 11 heures le mardi 20 juin et qui furent abattus vers 17 heures. Adrien Rieutord, fermier à La Garde a été tué d’une balle dans le dos à la hauteur du cœur. Louis Boudon, ouvrier agricole à La Garde, a été exécuté d’une balle à la nuque probablement à bout portant. »
Louis Boudon avait 23 ans.

Son nom est gravé sur le monument de la Résistance à Saint-Flour.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article221269, notice BOUDON Louis, Joseph par Patrick Bec, version mise en ligne le 16 décembre 2019, dernière modification le 7 mars 2021.

Par Patrick Bec

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 149 : crimes de guerre à Lieutadès .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Jean Favier, Mémorial du réduit de la Truyère, Aurillac, Union des ACVG - CVR du Cantal, Musée de la Résistance d’Anterrieux, 2008. — Les Allemands dans la région de Saint-Flour (Mai - août 1944), Témoignages des Instituteurs et des Institutrices collectés par M. Louis Bac, édition établie par Jean Favier avec l’aide des Archives Municipales de Saint-Flour (M. Gilles Albaret, directeur et Mme Lydia Lucchi), éditions de l’Association du Musée de la Résistance d’Anterrieux, janvier 2017 . — Mgr de La Vaissière, Les journées tragiques dans le diocèse de Saint-Flour, Imprimerie Clavel, St-Flour 1944 .— État civil (AD 15, Geneanet) .— MémorialGenWeb.

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