DE MATTEIS René [DE MATTEIS Rinaldo, dit]

Par Aurélie Rey, Pierre Schill

Né le 19 mars 1926 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle) ; ouvrier sidérurgiste ; syndicaliste CGT, secrétaire de l’Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie de Thionville (Moselle), membre de la commission administrative de l’UD de la Moselle, membre du conseil de la Fédération de la Métallurgie ; militant communiste, secrétaire permanent de la fédération de Moselle du PCF ; conseiller municipal de Terville (Moselle) de 1963 à 1971, puis maire (1971-1995) ; conseiller général de Yutz (Moselle) de 1973 à 1985 ; président de la Fédération départementale des élus républicains, municipaux et cantonaux de Moselle.

Élus communistes de Loraine avec le cosmonote soviétique Léonov (années 1970).
Élus communistes de Loraine avec le cosmonote soviétique Léonov (années 1970).
Assis à gauche, René de Matteis, au centre avec des lunettes Arthur Buchmann.
Collection Pierre Schill

Fils de Fostino De Matteis et de Madeleine née Pastore, issu d’une famille italienne de gauche (son père combattit dans les brigades internationales pendant la guerre d’Espagne), René De Matteis milita dès sa majorité à la CGT et au PCF, auquel il adhéra en 1947. Ancien tuyauteur à l’usine Lorraine-Escaut de Thionville (filiale des Aciéries de Longwy) devenue Usinor par la suite, il y anima, en tant que secrétaire, le syndicat CGT de l’entreprise. Il était en même temps membre de la cellule communiste de Terville (Moselle). Il fut élu dans les années 1950 au conseil de la Fédération CGT de la Métallurgie.
En octobre 1953, René De Matteis fut licencié de son emploi à Usinor Thionville pour s’être absenté de son travail sans autorisation les 10 et 11 octobre afin d’assister à Paris au conseil fédéral de la Métallurgie CGT. Il fut alors désigné comme secrétaire permanent adjoint de l’USTM de Thionville dont il devint secrétaire permanent en juillet 1956. En mai 1955, il fut élu membre de la commission administrative de l’UD-CGT de Moselle et prit quelques semaines plus tard la tête de la section communiste de Thionville.
Du 14 octobre 1956 au 17 février 1957, il suivit les cours de l’École centrale du PCF. En mai 1960, il participa à un congrès syndical en Yougoslavie. Membre du comité fédéral du PCF de Moselle en 1961, il devint secrétaire fédéral à l’organisation au congrès de juin 1962. Parallèlement, en septembre 1962, il abandonna ses fonctions à l’USTM de Thionville pour devenir le 2e permanent de l’UD-CGT et de la fédération mosellane du PCF. À nouveau candidat communiste aux élections législatives des 18 et 25 novembre 1962 dans la circonscription de Thionville-Est, il obtint 3 961 voix sur 34 806 suffrages exprimés pour 36 206 votants sur 52 961 électeurs inscrits. Au second tour le candidat communiste, seul représentant de la gauche, obtint 4 358 voix sur 36 988 suffrages exprimés pour 37 904 votants sur 52 955 électeurs inscrits. En 1967, dans la même circonscription, il recueillit 9 018 voix sur 45 976 suffrages exprimés au 1er tour et 12 102 voix sur 43 593 exprimées au 2e tour. En 1968, il recueillit 6 763 voix sur 42 883 exprimées au 1er tour et 9 242 voix sur 39 885 exprimées. En 1973, il obtint 11 085 voix sur 50 537 exprimées au 1er tour et 21 745 voix sur 47 802 exprimées contre 25 856 à M. Schnebelen.
En 1977, René De Matteis devint président de la Fédération départementale des élus républicains, municipaux et cantonaux et quitta le secrétariat fédéral pour se consacrer aux élections législatives de 1978 au cours desquelles il fut battu au second tour par Henri Ferretti en obtenant 27 219 voix, alors que son adversaire en rassembla 36 308, sur un total de 63 527 suffrages exprimés.
Candidat communiste élu à une élection municipale partielle à Terville en 1963, René De Matteis fut constamment réélu par la suite. Il fut élu maire de cette commune en mars 1971, la liste communiste ayant enlevé 19 des 23 sièges du nouveau conseil municipal. Il fut réélu jusqu’en 1995.
Candidat PCF aux élections cantonales de juin 1961 et septembre 1967 dans le canton de Yutz (Moselle), il fut, chaque fois, nettement distancé par N. Dupont (RI), maire de Yutz, élu au 1er tour. Par contre, aux élections cantonales de septembre 1973, il enleva le siège de conseiller général en battant le conseiller sortant au 2e tour (bénéficiant du soutien socialiste) avec 4 651 voix sur 8 600 suffrages exprimés contre 3 949 à son adversaire. En 1979, il fut réélu au 2e tour avec 5 562 voix sur 10 033 suffrages exprimés, face au candidat UDF-RI Jean-Pierre Heitz, qui obtint 4 471 voix.
En septembre 1974, il fut candidat à l’élection sénatoriale en Moselle, en 2e position derrière Ferdinand Lodi* sur la liste présentée par le PCF.
En mai 1974, René De Matteis était membre du comité de soutien à la candidature de François Mitterrand* à l’élection présidentielle. En 1980, il contribua à la mise en place, avec la Fédération des élus républicains municipaux, cantonaux et régionaux, d’un comité de soutien à Georges Marchais*.
René de Matteis s’était marié en 1950 avec Ginette née Santorini. Ils n’eurent pas d’enfant. Il était le beau-frère de Raymond Guyot* qui fut secrétaire général de l’UD-CGT de Moselle.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22195, notice DE MATTEIS René [DE MATTEIS Rinaldo, dit] par Aurélie Rey, Pierre Schill, version mise en ligne le 5 janvier 2013, dernière modification le 5 janvier 2013.

Par Aurélie Rey, Pierre Schill

Élus communistes de Loraine avec le cosmonote soviétique Léonov (années 1970).
Élus communistes de Loraine avec le cosmonote soviétique Léonov (années 1970).
Assis à gauche, René de Matteis, au centre avec des lunettes Arthur Buchmann.
Collection Pierre Schill

SOURCES : Arch. Dép. Moselle, 151 W 824 ; 182 W 41. — Arch. comité national du PCF. — Le Républicain lorrain, 23 septembre 1974. — Sandrine Bize, Référendum du 28 octobre et élections législatives des 18 et 25 novembre 1962 en Moselle, mémoire de maîtrise d’histoire sous la direction de Jean-Claude Delbreil, Université de Metz, 1985. — Dominique Andolfatto, La syndicalisation en France depuis 1945. Annexe : l’Union départementale CGT de la Moselle (de la Libération à nos jours), CERAT, Université Pierre-Mendès-France, Saint-Martin-d’Hères, 1996.

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