BONNOURE Pierre, Paul, Eugène

Par Jacques Girault

Né le 18 mai 1906 à Paris (Xe), mort le 12 juillet 1969 à Prague (Tchécoslovaquie) ; professeur ; militant communiste ; résistant.

Fils d’un représentant de commerce et d’une institutrice, Pierre Bonnoure, élève du lycée Voltaire à Paris, obtint le baccalauréat (série philosophie) en 1923. Étudiant en classe de première supérieure au lycée Louis le Grand, il obtint à deux reprises une bourse de licence en raison de son admissibilité à l’École normale supérieure en 1925 et en 1927. Affecté à la faculté des lettres de Lyon (Rhône), il obtint une licence ès lettres (mention histoire-géographie) en 1929 et un diplôme d’études supérieures en 1930, consacré au Mont d’Or lyonnais qui fut à l’origine de son premier article dans la revue Études rhodaniennes. Il effectua son stage pédagogique d’agrégation au lycée Ampère à Lyon en 1930. Après l’interruption de ses études pendant trois années pour raison de santé, il fut reçu 3e à l’agrégation d’histoire-géographie en 1934.

Nommé professeur au lycée de Douai (Nord) en octobre 1934, puis à Lille (Nord) de 1935 à 1939, il obtint sa mutation au le lycée du Parc à Lyon en octobre 1939. Mis à la disposition de l’inspecteur d’académie de la Haute-Vienne de juin à août 1940, il retrouva son poste à Lyon en octobre 1940.

De 1936 à 1943, il exerça les fonctions de secrétaire général de la Société de géographie de Lyon et collabora surtout à des revues de géographie (Études rhodaniennes, Information géographique, Géocarrefour)

Pierre Bonnoure se maria en mai 1939 à Lyon (VIe) et divorça en 1949.

Le secrétaire d’État à l’Instruction publique écrivit, en février 1941, au recteur une lettre concernant Bonnoure qui avait été « exposé à des interprétations fâcheuses de ses pensées ». Il précisait qu’il fallait « l’inviter à surveiller à l’avenir très scrupuleusement ses paroles ». À la Libération, il expliqua qu’il avait été dénoncé pour avoir tenu « des propos hostiles au chef de l’Etat » et qu’il fallait rechercher la personne qui avait été l’auteur de cette malveillance. Il avait entretenu, par la suite, des relations étroites avec les résistants lyonnais tout en étant muté pour l’année scolaire 1943-1944 au lycée Charlemagne à Paris. Mais revint-il dans la capitale ? Dès la Libération, à nouveau indiqué comme enseignant au lycée du Parc, membre du Comité départemental de Libération, il fit partie du comité d’épuration de l’académie de Lyon dont il devint le greffier au conseil d’enquête en décembre 1944. Puis il fut nommé à la commission régionale d’enquête du conseil d’épuration du personnel des chantiers de jeunesse pour la région Alpes-Jura.

En congé de longue durée de juillet 1946 à avril 1952, soigné au sanatorium des étudiants du Touvet (Isère), puis à la postcure de La Tronche (Isère), Pierre Bonnoure, avec une invalidité de 80 %, reprit son enseignement au Centre national d’enseignement par correspondance en avril 1952. Au Centre national de télé-enseignement, à la fin des années 1950, il fut chargé de la préparation de l’histoire en lettres supérieures. Il prit sa retraite en 1966.

Remarié en juillet 1957 à Paris (Xe), il continuait à militer avec les organisations communistes des XIe et XIIe arrondissements de Paris. Le 14 juin 1951, il fut appréhendé par la police lors d’un collage d’affiches en dehors des panneaux.

Pierre Bonnoure, fut actif pour la publication collective aux Editions sociales des Documents d’Histoire vivante de l’Antiquité à nos jours à partir de 1962. Dans la Société des professeurs d’histoire et géographie, avec Jacques Chambaz, il insista en 1955 pour que la Seconde Guerre mondiale figure au programme du baccalauréat. Il souhaitait aussi que les responsabilités allemandes ne soient pas sous-estimées et que la montée du nazisme ne soit pas réduite à la résurgence du militarisme allemand ou du bras armé du capitalisme.

Pendant sa longue période d’inactivité professionnelle, travailla, dans le cadre de l’Institut des langues slaves, sur la langue tchèque et obtint le diplôme de fins d’études en 1956. Il devint alors un grand spécialiste de la Tchécoslovaquie : géographie, démographie, histoire (plusieurs articles aux Annales de démographie historique, dans La Pensée, analyse historique dans l’ouvrage collectif 1938-1941 le monde prend feu aux Editions de la Nouvelle Critique en 1961), participation à la publication des cahiers EDESCO sur Les pays socialistes d’Europe en 1967), publications sur le musicien Anton Dvorak. Enfin, en 1968 parut aux Presses universitaires de France dans la collection Que-sais-je ?, Histoire de la Tchécoslovaquie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article226729, notice BONNOURE Pierre, Paul, Eugène par Jacques Girault, version mise en ligne le 27 avril 2020, dernière modification le 22 août 2021.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Le catalogue de la BNF comprenait, en 2020, 7 références.

SOURCES : Arch. Nat., F17 28624.AJ/16/8915. — Arch. Dép. Rhône, 31 JB/ 21, P. Bonnoure, professeur au lycée du Parc témoigne sur le FNU. — Vincent Geitner, Les professeurs et l’enseignement de l’histoire : un consensus impossible, des marges de manœuvre aléatoire (de La Libération à nos jours), thèse Lyon 2, 2015.— Site du CTHS. — Notes d’Alain Dalançon.

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