HOUDOUIN Gilles, Denis, Émile (Pseudonyme : Mathias)

Par Jacques Defortescu

Né le 14 janvier 1958 à Sainte-Adresse (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; militant politique (LCR puis Ensemble) et syndical ( CGT puis Sud éducation, puis CGT) du Havre.

Gilles Houdouin était le fils de Jean Houdouin, commis au Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU), et sous-directeur de l’Office Publique d’Habitation à Loyer Modéré du Havre et de Denise Drony, sténodactylo au MRU.
En 1975 Gilles Houdouin passa son Baccalauréat C au Lycée Porte-Océane puis fit un an de Génie électrique au lycée Robert Schumann, au Havre. Il commença un DEUG en Sciences et structures de la matière. Il abandonna ses études avant ses examens de seconde année.
C’est à cette époque que Gilles Houdouin adhéra aux « comités rouges » après les grandes grèves estudiantines et de lycéens contre les réformes « Saunier-Seité » Il adhéra d’ailleurs à la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) en 1977, et y restera jusqu’en 2009.
En novembre 1978 jusqu’en septembre 1979 Gilles Houdouin fut opérateur chimiste à Compagnie Française de Raffinage (CFR) avant de rentrer en avril 1980 à la Compagnie Française de l’Azote (COFAZ) devenue ensuite Norsk Hydro Azote. Il y devint ouvrier hautement qualifié, puis chef de quart adjoint. Il y fut militant à la CGT dès 1980 et jusqu’en 1984, secrétaire adjoint du syndicat CGT. Élu délégué du personnel de 1981 à 1986, il fut membre du Comité Central d’Entreprise et Secrétaire du Comité d’Établissement de 1981 à 1986.
Cette période fut marquée dès mars 1982 par de grandes grèves des usines COFAZ et SNA du Havre (SNA et COFAZ appartenaient au même groupe). La SNA a fait 30 jours de grève. La COFAZ ayant démarré un peu plus tard ne fit que 6 jours de grève avant de subir 18 jours de lock-out et de chômage partiel décrété par la direction. Ce conflit fut popularisé nationalement à cause de ses revendications : 35h et nationalisation, car le groupe COFAZ était une filiale à 100% de Paribas qui venait d’être nationalisée. Ces revendications allant plus loin que les mesures annoncées par le gouvernement Mauroy, le syndicat CGT de la COFAZE s’opposait également aux mesures d’austérité.
De l’avis de Gilles Houdouin, son syndicat s’opposait alors à la direction nationale de la CGT et à l’Union Locale CGT d’Harfleur/Tancarville. Celui-ci contestait régulièrement aux structures de la CGT, soutenant très régulièrement le syndicat Solidarnosc en Pologne. En 1984, à l’occasion d’un congrès du syndicat Cgt COFAZ, il fut avec deux autres militants de la LCR de l’usine démis de toute leurs responsabilités syndicales par la majorité du congrès du fait de son appartenance à la LCR.
À la même époque à la suite de diverses plaintes de sa part aux prud’hommes contre des mesures dites « de sécurité » lors des mouvements de grèves, qui en fait aboutissaient à interdire le droit de grève aux travailleurs postés, Gilles Houdouin ayant quitté son poste lors d’une grève, se vit infliger par l’employeur 4 jours de mise à pied. Licencié de l’entreprise Gilles Houdouin de 1992 à 1995, il reprit des études, financées par l’AFR (Allocation Formation Reclassement) jusqu’en 1996, Il obtint une Maitrise de Sciences et Techniques en techniques avancées de la maintenance (MST TAM, université du Havre), puis un DESS en sûreté de fonctionnements des systèmes industriels, et un DEA en instrumentation et commande
Après quoi ayant obtenu une bourse régionale de thèse (région Haute-Normandie) il conclut celle -ci entre 1996 et 2008 par un doctorat en sciences physiques option génie électrique Dans le même temps, de 1998 à 2020 Gilles Houdouin fut enseignant en informatique, à l’université de Mont Saint-Aignan à Rouen, à la faculté de Droit et de Sciences Économiques. Parallèlement, il fut formateur en informatique au CNAM puis à la Chambre de Commerce et d’Industrie-Caux Formation, et enfin, enseignant vacataire à l’université du Havre de 1996 à 2010.
De 2003 à 2016, il adhéra à Sud-Éducation, puis de 2016 à 2020 à la Fédération Education Recherche Culture de la CGT (FERC Cgt)
Le parcours politique et syndical de Gilles Houdouin fut souvent lié à son activité professionnelle. Après avoir été un membre actif de la LCR de 1977 à 1989. En mars 1983 pour les élections municipales, il fut 3e sur la liste « La voix des travailleurs contre l’austérité » composé de membres de la LCR et de Lutte Ouvrière. En mars 1985, il fut également candidats aux élections départementales dans le 4e canton du Havre, tenu par Gérard Heuzé pour le PCF, au nom de la LCR.
En 2003, Gilles Houdouin pris une part active aux grèves dans la fonction publique contre la réforme des retraites. Responsable de la FCPE (voir plus loin), avec les parents très combatifs du groupe FCPE du collège Acacias, en accord avec les enseignants du collège, Ils bloquèrent le collège quasiment tous les jours pendant trois semaines (le blocage par les parents dispensant les enseignants d’être en grève pendant un jour sur deux, au moins). Sa participation fut très active dans les comités de grève locaux. La grève de 2003 culminera avec la manifestation nationale du 13 mai qui aurait réuni près d’un million de personnes.
Rappelons-nous qu’au moment de la décision du Conseil politique national du NPA de ne pas poursuivre les discussions avec le PCF et le PG, quatre anciens dirigeants de la LCR, Alain Faradji, Céline Malaisé, Christian Picquet et Francis Sitel, lancèrent le 8 mars 2009 la Gauche unitaire, appelant leurs camarades et tous ceux qui se reconnaissent dans leur démarche à rejoindre le Front de gauche. Ce même jour, Christian Picquet annonça alors la création de Gauche Unitaire lors du meeting de lancement du Front de gauche pour changer d’Europe, au Zénith de Paris jusqu’à leurs dissolutions respectives.
Dans sa déclaration constitutive, Gauche unitaire se donnait pour objectif de faire émerger, dans l’avenir, un parti large et pluraliste, rassemblant l’ensemble des forces, courants et militants souhaitant défendre ensemble la perspective d’un socialisme démocratique […] afin de créer les conditions d’un gouvernement qui prenne de réelles mesures de rupture avec les logiques capitalistes et libérales, se distinguant ainsi radicalement des alternances du passé.
Candidat aux législatives de 2007 pour la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) dans la 8 e circonscription du Havre,il obtint 1.83 % des voix et se désista au second tour pour Daniel Paul (voir Notice 158620)candidat du PCF.
En 2013, Gilles Houdouin participa à la construction d’« Ensemble » un mouvement composé de la FASE, les « Alternatifs », la « Gauche Anticapitaliste » , « Convergences et Alternatives » et des « Communistes Unitaires »
En mars 2014, il figurait à la 8e place sur la liste du Front de Gauche, conduite par Nathalie Naîl au Havre, soutenue par le PCF, le Parti de Gauche, et Ensemble. La liste fit 8364 voix et 16.37 %, obtint 5 sièges, et Édouard Philippe, le maire sortant fut élu au 1er tour avec 52,04 % des voix.
En mars 2015, après avoir adhéré à « Gauche Unitaire » puis avoir créé « Ensemble », aux élections départementales, dans le cadre d’un accord départemental entre le PCF, EELV, Ensemble, Nouvelle Donne. Gilles Houdouin en binôme avec Annie Leroy (EELV) obtint 1490 voix et 11,79 % des voix sur le 6e canton du Havre, traditionnellement classé à droite.
De 2015 à 2021 : il fut conseiller régional de Normandie, membre du groupe Communistes et Front de Gauche
En mars 2020, aux élections municipales, marquées par la pandémie du Coronavirus, Gilles Houdouin rejoignit Jean-Paul Lecoq, Député communiste qui conduisait une liste de large rassemblement dénommé « Un Havre citoyen » dans laquelle les candidats communistes n’avaient que 6 sièges. Il tenait le poste symbolique de 61e et dernier sur la liste.
Gilles Houdouin eut une vie associative importante notamment parmi les Conseils de Parents d’Élèves (FCPE) de 1994 à 2018.
En effet de 2000 à 2011, il fut président de la FCPE des école maternelle/primaire Acacias, président de la FCPE du collège Acacias au Havre.
De 2010 à 2016, il fut membre du bureau départemental de la FCPE en Seine-Maritime., et de 2012 à 2016, il fut président du groupement FCPE de la région havraise.
Gilles Houdouin s’engagea également dans le soutien aux réfugiés syriens, aux peuples palestiniens et kurdes.
Il était également auteur de romans policiers historiques.
Gilles Houdouin eut une première conjointe avec laquelle il vécut maritalement de 1987 à 2005, Sylvie Motelay. Le couple eut 3 filles : Élise, née le 12 octobre 1988 et Mylène, née le 13 mai 1992 toutes deux nées à Sainte-Adresse et Axelle, née le 18 septembre 1999 à Harfleur. Il se maria ensuite le 19 septembre 2020 avec Sylvie Mabilais.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228184, notice HOUDOUIN Gilles, Denis, Émile (Pseudonyme : Mathias) par Jacques Defortescu, version mise en ligne le 25 mai 2020, dernière modification le 19 novembre 2021.

Par Jacques Defortescu

Gilles Houdouin sur un marché pendant la campagne électorale des municipales 2020 (DR)

ŒUVRE : Au nom de la mère et du fils, Bookelis -362 pages. — Le Temple de Sorges , Bookelis- 326 pages

SOURCES : Questionnaire remplit par Gilles Houdouin. — Presse havraise.- tracts du syndicat COFAZE et de la LCR.

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