MARIE Jean, Raymond

Par Jean-Paul Clénet, Louis Thareaut

Né le 1er février 1924 à Thiéville (Calvados), mort le 27 avril 2016 à Challans (Vendée) ; ouvrier ajusteur ; militant jociste et syndicaliste CFTC puis CFDT ; délégué syndical à la CIFTE à Saint-Pierre-Montlimart (Maine-et-Loire) qui devint OREGA puis MAUGELEC et SEIPEL (1951-1980) ; secrétaire de l’Union locale CFTC puis CFDT de Saint-Pierre-Montlimart (1957-1968).

Fils d’Urbain Marie et de Denise Rivière, ouvrière dans une filature à Thiéville (Calvados), Raymond Marie appartenait à une fratrie de cinq enfants qui comptait quatre garçons et une fille. Avant la naissance de Raymond, son père fut ouvrier métallurgiste chez Renault à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine), militant du PCF et syndicaliste CGT. Après son mariage, il quitta la région parisienne pour revenir vivre à Thiéville, son village natal. Il y monta une petite entreprise de mécanique générale et d’affûtage de scies à ruban pour les exploitations forestières. Il s’occupa aussi de sport et de musique. Urbain Marie, décédé accidentellement en 1934, contribua fortement à la formation de la conscience sociale de Raymond. Celui-ci revendiqua aussi l’influence de sa grand-mère, catholique pratiquante, qui l’éleva après la mort de son père. Ses notions de civisme et de dévouement découlèrent de ces deux influences.

Après une scolarité primaire effectuée dans l’école publique, Raymond Marie réussit en deux ans un CAP d’ajusteur. Il entra en septembre 1939 dans une fabrique de machines à imprimer, la Société des usines Olveg, à Paris où il adhéra à la CGT. Le 22 octobre 1942, il fut arrêté dans le métro alors qu’il arrachait des affiches de la Légion des volontaires français (LVF). Il fut embarqué à la gare de l’Est en direction de Berlin. Pendant deux ans et demi, il fut déporté du travail à l’usine Rhein Metall de Barzic. Le 30 avril 1945, il fut libéré par les soldats russes. Après son retour en France, il reprit immédiatement son travail chez Olveg.

À partir de 1947, il milita à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Il y resta jusqu’à son mariage, en juin 1949, avec une ouvrière métallurgiste de Sablé-sur-Sarthe. En 1951, Raymond Marie entra à la Compagnie industrielle française de tubes électroniques (CIFTE) à Saint-Pierre-Montlimart et adhéra à la CFTC. Il se fit remarquer lors de la première grève de l’entreprise, en juin 1954, où il revendiqua la parité des salaires avec les usines de la région parisienne.

Venant de la région parisienne, avec une autre culture, Raymond Marie contribua durant cette grève à la prise de conscience ouvrière dans un milieu rural plutôt hostile, car le personnel en majorité féminin était issu essentiellement du monde agricole. À la tête de la section CFTC puis CFDT, il fut délégué du personnel, membre du comité d’entreprise et délégué syndical et un élément important de l’implantation syndicale à la CIFTE, jusqu’à son licenciement économique en 1980. Son épouse travailla aussi dans cette entreprise de 1960 à 1986.

Militant résolu de l’évolution de la CFTC en CFDT, Raymond Marie œuvra dès 1957 à la mise en place d’une Union locale interprofessionnelle à Saint-Pierre-Montlimart qui permit de renforcer les implantations syndicales du canton. Il en fut le secrétaire de 1957 à 1968. Au congrès confédéral de novembre 1964, dit "de l’évolution", il fit partie de la délégation des trente-neuf militants de Maine-et-Loire. Il représentait le syndicat de la métallurgie de Saint-Pierre-Montlimart.

Raymond Marie était aussi un sportif, passionné de football notamment. Il fut entraîneur des équipes de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) et de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article228254, notice MARIE Jean, Raymond par Jean-Paul Clénet, Louis Thareaut , version mise en ligne le 26 mai 2020, dernière modification le 6 août 2021.

Par Jean-Paul Clénet, Louis Thareaut

SOURCES : Arch. UD CFDT de Maine-et-Loire déposées aux AD et arch. de l’UL CFDT Saint-Pierre-Montlimart. — Entretien de Jean-Paul Clénet avec Raymond Marie (1998).

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