VINCENT Marius, François

Par Michel Germain, Dominique Tantin

Né le 17 février 1905 à Valleiry (Haute-Savoie), abattu le 9 juin 1944 à Valleiry ; hôtelier retaurateur ; résistant dans l’Armée secrète (AS).

Marius Vincent était le fils d’Eugène Vincent, aubergiste, alors âgé de 34 ans, et de son épouse Rosine Curioz, ménagère, âgée de 23 ans. Le 29 avril 1930, à Valleiry, il épousa Henriette Émilie Hervé. Il tenait un hôtel restaurant à Valleiry (Haute-Savoie).
Il avait rejoint la Résistance dans l’AS avec son beau-frère, le capitaine Ruche, alias Charles dans la Résistance, responsable pour l’Armée Secrète du secteur de Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie).
Le 9 juin 1944, à l’aube, débarqués des camions venus d’Annemasse, un fort groupe d’Allemands encercla le village de Valleiry. Il était 5 heures 30. Les Allemands enfoncèrent la porte de l’hôtel. Ils ne trouvèrent que l’épouse de Marius et sa fille âgée de 5 ans. Marius n’était pas là. Méfiant, il avait passé la nuit chez Charles Sogno, route de Chenex, à la sortie du village. C’est là qu’il fut arrêté et emmené à l’hôtel de la gare, où il fut torturé. Coups, cris, injures, menaces, les mains liées dans le dos, Marius encaissa tout avec une force d’âme, témoignant de sa foi dans son engagement. Coups de cravaches, de pieds, de crosses ne purent lui faire dire où se cachait son beau-frère. Pendant ce temps les soldats allemands pillèrent l’hôtel, avant de le faire sauter à coups de grenades. La maison Ruche fut également pillée. Huit personnes, dont Charles Sogno, furent arrêtées.
Vers 10 heures et demie du matin, Marius Vincent fut amené à son hôtel, où un officier le poussa brutalement en avant en lui disant : « Regarde ta maison, comme elle est belle… » Mais Marius n’entendit pas la fin de la phrase, une rafale de mitraillette l’abattit. Son corps gisait inanimé sur le seuil du café, transpercé de 18 balles. (Mémorial de l’oppression 3808 W 1531).
Marius Vincent fut inhumé dans le cimetière de Valleiry, où une plaque funéraire lui rend hommage et rappelle son appartenance à l’A.S. et le fait qu’il ait été « lâchement abattu par les Allemands… » La mention « Mort pour la France » lui a été accordée le 12 février 1945 (dossiers n° 51 869 et 85 253) et il fut reconnu FFI et interné résistant. Il figure en tête de liste sur le monument aux morts de Valleiry avec la mention « fusillé le 9 juin 1944 ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article232478, notice VINCENT Marius, François par Michel Germain, Dominique Tantin , version mise en ligne le 28 septembre 2020, dernière modification le 28 septembre 2020.

Par Michel Germain, Dominique Tantin

SOURCES : Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 596418 et Caen SHD/ AC 21 P 689271. — Acte de naissance (Arch. dép. de Haute-Savoie en ligne).

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