PAISANT Constant

Par Bernard Favre

Né le 13 décembre 1923 à Annecy (Haute-Savoie), mort le 26 novembre 2020 à Éteaux ; résistant FTPF.

Constant Paisant, dont la famille est originaire d’Eteaux (Haute-Savoie), n’avait que 15 ans et demi en juin 1940. D’un père anti-pétainiste qui voyait dans Pétain un "boucher fasciste" et d’une mère d’esprit contestataire, il grandit dans une famille à l’esprit républicain qui l’éveilla très tôt à la politique.
En 1941, il refusa d’intégrer les les chantiers de jeunesse, imposés depuis la loi de juillet 1941. Chantier d’une durée de 6 mois dont le but était le formatage de la jeunesse française à la propagande du maréchal Pétain. En 1942, Il fut embauché par les Ponts et Chaussées comme dessinateur. En 1943, voyant arrivé le moment où il serait envoyé en Allemagne, il s’assura d’avoir un statut légal et demande alors au maire d’Eteaux un certificat de travail agraire, ce qui doit lui permit d’échapper au STO. À son étonnement, le maire qui avait nommé par les autorités vichystes lui accorda sans problème son certificat. Conservant ainsi une situation légale, il put alors se projeter dans la résistance puis intèger un maquis haut savoyard.
Il adhéra au Parti Communiste et au mois de mars entra, avec son frère Robert, dans maquis FTP. Puis il quitta son emploi dans l’administration à Annecy et entra dans la clandestinité. Il fit parti d’un des deux groupes FTP ("Maurice Coulon" et "Liberté Chérie") qui alla rejoindre le plateau des Glières début 1944. Bientôt bombardés et assiégés par la Milice et les GMR et les Allemands, ordre fut donné aux FTP par leur état-major de décrocher. Ils refusèrent d’obéir aux ordres et demeurèrent sur le plateau pour empêcher de faire un trou dans la défense du plateau. Mais sous les coups de boutoir de l’ennemi et les bombardements, et privé d’approvisionnement, ordre futdonné au demi millier d’hommes présents d’évacuer le plateau.
C’est le début d’une chasse à l’homme. Des résistants qui tentaient de fuir furent tués, arrêtés, torturés, déportés ou fusillés. Originaire de la région, Constant Paisant arriva à se cacher, aidé par des paysans. Puis il rejoignit la compagnie FTP 93-58 et le bataillon des chasseurs Alpins Foges à l’été 1944. Dés la fin de l’été, il gagna la vallée de la Maurienne qu’il remonta pour repousser l’armée allemande qui y avaient trouvé refuge.
À l’automne 1944, AS et FTP. perdent définitivement leur singularité et furent intégrés à l’Armée française. Mais la guerre continua. Il « vaut mieux la faire avec les moyens les plus efficaces » lui dit alors le commandant Cachat du bataillon Foges qui lui annonce son intégration « forcée » à l’école des cadres dès novembre 1944. Il s’y forma aux techniques modernes de combat, passant alors d’une méthodologie de la guérilla à une rigueur cautionnée par la guerre de position.
Début décembre, il fut incorporé au 4e régiment de tirailleurs marocains combattant en Alsace dans la vallée de la Thur.
En février 1945, il finit la guerre aux cotés du 27e BCA (bataillon de chasseurs alpins). Au lendemain de la guerre, Constant Paisant réintégra son emploi aux Ponts et Chaussées d’Annecy. Il finit sa vie dans le massif des Bornes à Éteaux.
Constant Paisant affirmait que " La résistance appartient à tous : elle est la mémoire nationale. Mais elle doit être préservée de tout coup médiatique et électoraliste ".
Il a publié : "Combattant des Glières. J’étais Franc tireur et partisan".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article234955, notice PAISANT Constant par Bernard Favre, version mise en ligne le 1er décembre 2020, dernière modification le 16 mai 2021.

Par Bernard Favre

OEUVRE : Combattant des Glières. J’étais franc-tireur et partisan, Editons Curandera, 1994.

SOURCES : Notes de Bernard Favre. — SHD, Vincennes, GR 16 P 455200 (nc).

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