NETTER Jean, Félix [Pseudonymes dans la Résistance : Jean Nalonier, Jean-Marc Neyret, Veto]

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 5 décembre 1919 à Épernay (Marne), mort en mission le 14 octobre 1944 à Bramans-de-Maurienne (Val-Cenis, Savoie) ; étudiant ; FFI.

Jean Netter
Jean Netter
SOURCE :
Photo communiquée par Janine Netter

Membre d’une famille juive qui comptait plusieurs médecins, son père René Netter à Épernay (Marne) et son oncle Fernand Netter (mort en déportation) à Paris, Jean Netter était lui-même étudiant en médecine à Paris. Mobilisé en juin 1940 comme infirmier militaire, il fut replié avec sa section à Bordeaux (Gironde) puis affecté à l’hôpital de Pau (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques). N’acceptant pas la défaite, il tenta en vain de gagner le Maroc. Démobilisé en août 1940, il fut versé dans les Chantiers de jeunesse dans les Basses-Pyrénées puis dans le Tarn. 

Libéré des Chantiers en janvier 1941, il reprit ses études à l’École de médecine de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Il se mit alors à la disposition des Éclaireurs israélites de France (EIF) avec lesquels il avait dans son adolescence participé à des camps. Il devint chef de troupe sous le totem d’« Aigle tyrannique » et se révéla être un excellent organisateur.
À partir de l’été 1942, il fut amené à cacher des enfants juifs et à fabriquer des faux papiers. Quand les menaces d’arrestations de juifs s’intensifièrent et que les maisons d’enfants juifs ne furent plus sûres, il participa dans La Sixième, organisation clandestine mise sur pied par Robert Gamzon au sein des EIF, à leur dispersion et à leur placement, le plus souvent dans des institutions catholiques. Il mena certaines de ces opérations de sauvetages dans le Puy-de-Dôme avec Jacques Lévy, un membre de La Sixième lui aussi natif d’Épernay.
En mars 1943 le numerus clausus qui frappa les étudiants juifs l’obligea à quitter la Faculté de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand où il effectuait sa sixième année de médecine. Il rejoignit alors la Faculté de Lyon. Engagé en août 1943 à la Croix Rouge de Valence (Drôme), il se déplaça pour soigner blessés et malades des maquis proches et servit d’agent de liaison sous les pseudos de Jean Nalonier puis de Jean-Marc Neyret. Connu de ses camarades sous le pseudo de Veto, il participa dans un maquis de la Drôme à des réceptions de parachutages pour l’Armée secrète et prit part comme FFI à plusieurs actions dans la région de Romans ainsi qu’aux combats de la libération de Valence.
Il s’engagea ensuite au 159e Régiment d’infanterie alpine et rejoignit la Savoie où, s’étant porté volontaire le 14 octobre 1944 pour délimiter un champ de mines, il a été tué par l’explosion d’une mine à Bramans-de-Maurienne.

Jean Netter a été reconnu « Mort pour la France » et il a été homologué FFI. Il a été cité à l’ordre de sa division avec attribution de la Croix de guerre.

À Épernay dans la Marne, le nom de Jean Netter est inscrit à la fois sur le monument aux morts, sur la liste des « Tués au combat » du monument aux martyrs de la Résistance et sur la plaque commémorative de la synagogue.
Dans le Bas-Rhin, il figure sur la plaque commémorative 1939-1945 de l’Université de Strasbourg.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240246, notice NETTER Jean, Félix [Pseudonymes dans la Résistance : Jean Nalonier, Jean-Marc Neyret, Veto] par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 29 avril 2021, dernière modification le 29 avril 2021.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Jean Netter
Jean Netter
SOURCE :
Photo communiquée par Janine Netter
Sur le monument aux morts d'Épernay
Sur le monument aux morts d’Épernay
Sur le monument aux martyrs de la Résistance</br> à Épernay
Sur le monument aux martyrs de la Résistance
à Épernay
Dans la synagogue d'Épernay
Dans la synagogue d’Épernay
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 106083 (NC). – SHD, Vincennes, GR 16 P 442399 (NC). – Organisation juive de combat. Résistance/sauvetage France 1940-1945, livre-mémorial composé par les Anciens de la Résistance juive en France, éditions Autrement, collection Mémoires/Histoire, n° 124, 2006. – René Netter, " Jean-Félix Netter (1919-1944) ", sans date, biographie communiquée par sa fille, Janine Netter, en février 2011. – Mémorial GenWeb. –État civil en attente.

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