TINGAUD Émile

Par Michel Thébault

Né le 28 mai 1890 à Payré (Vienne), massacré le 25 août 1944 à Romagne (Vienne) ; cultivateur ; victime civile.

Émile Tingaud était le fils de Jean Tingaud domestique âgé de 33 ans et de Louise Desange. Il fit son service militaire dans le 66ème régiment d’Infanterie de Tours d’octobre 1911 à août 1913. Moins d’un an plus tard, il fut mobilisé pour la première guerre mondiale toujours dans l’infanterie, blessé en juillet 1918 par un éclat d’obus. Il fut démobilisé le 12 août 1919 et se maria le 11 octobre 1920 à Romagne (Vienne) avec Valentine Martin. Le couple eut trois enfants. Au recensement de 1936 Émile Tingaud était cultivateur au lieu-dit La Grande Grange, commune de Champagné-Saint-Hilaire. En 1944, toujours cultivateur, il était domicilié au lieu-dit Nègrevault, entre Romagne et Champagné-Saint-Hilaire.

En août 1944, la situation militaire de l’armée allemande sur le front de l’ouest se dégrada brutalement. Le 19 août un ordre de repli général fut donné aux unités allemandes stationnées dans le sud-ouest. Le passage par le seuil du Poitou devint un enjeu stratégique essentiel. Confrontées à l’impossibilité de remonter par l’axe traditionnel de la RN 10 vers Tours, du fait de l’avancée des troupes anglo-américaines, les colonnes allemandes tentèrent de marcher vers l’est et le nord-est de la Vienne, utilisant les axes secondaires, et circulant de jour comme de nuit pour échapper aux attaques de l’aviation alliée et au harcèlement des forces FFI. Autour du 20 août 1944, un maquis AS, le maquis Martial appartenant au groupement D de la Vienne Sud et Haute-Vienne Nord, et venant de la Haute-Vienne, vint s’installer sur la commune de Romagne à la ferme du château du Parc. Le matin du 25 août 1944, un groupe du maquis sabota la voie ferrée Paris - Bordeaux en gare de Couhé-Vérac. En début d’après-midi une camionnette partie chercher du ravitaillement à Romagne se heurta à l’entrée du village à une voiture occupée par des officiers allemands. La voiture fut immobilisée par quelques rafales de fusil-mitrailleur et finit sa course dans le fossé. La colonne allemande qui traversait alors Romagne apercevant la voiture mitraillée fusilla en représailles, à la sortie du village dans la direction de Champagné-Saint-Hilaire, au lieu-dit la Vergnauderie, Maxime Baudin qui travaillait dans son champ. Plus loin, sans s’arrêter, ils massacrèrent également à La Millière trois hommes dont Émile Tingaud, qui battaient les récoltes. Emile Tingaud, mortellement blessé, fut transporté à son domicile à Négrevault où il mourut à 19 heures.

Son nom est inscrit (orthographié Tingault) sur le monument aux morts de Romagne. Après la guerre une stèle à sa mémoire fut dressée à la sortie du hameau de La Millière, avant le pont, en direction de Champagné-Saint-Hilaire par la D37 avec l’inscription : "A la mémoire des victimes assassinées par les boches le 25 août 1944".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article240832, notice TINGAUD Émile par Michel Thébault, version mise en ligne le 7 juin 2021, dernière modification le 7 juin 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Vienne (état civil, registre matricule, recensements). — Roger Picard Hommes et combats du Poitou Ed. Martelle 1994. — site internet VRID (Vienne Résistance Internement Déportation) carte des maquis de la Vienne. — ONAC La Vienne pendant la seconde guerre mondiale. — article La Nouvelle République 28 août 2017. — mémorial genweb. — État civil, mairie de Romagne, registre des décès 1944, acte n° 18.

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