WERQUIN Émile [WERQUIN Édouard, Aimé, Désiré, dit Émile]

Né à Roubaix (Nord) le 27 octobre 1825, mort à Roubaix le 16 avril 1864. Démocrate socialiste.

Fils de Désiré Werquin, d’abord greffier de la justice de paix à Roubaix, puis juge de paix, et qui, en 1848, dirigea l’enquête officielle sur la situation de l’industrie dans cette ville.
Émile Werquin était patenté en 1853 comme filateur de laine. En 1854, il était établi en association, 19, rue Saint-Antoine, à Roubaix ; sa patente portait que l’association concernait 500 broches, et qu’il en avait 700 en sus. Au recensement de 1856, il ne payait plus de patente et figurait comme « agent d’affaires », 14, rue Saint-Antoine. La profession indiquée à son décès était celle d’« employé de commerce ».
Le 26 janvier 1856, Émile Werquin fit l’objet, en gare de Tourcoing, d’un procès-verbal dressé par le Commissaire spécial pour « outrage à la morale publique et religieuse, en s’emportant publiquement en invectives contre la personne et le caractère d’un ecclésiastique voyageur ». Il fut condamné pour ce « délit », par le tribunal correctionnel de Lille, à un an de prison. Il préféra s’expatrier cinq années en Belgique pour attendre la prescription.
Installé à Tournai, il se livra au commerce des laines. Il rentra en 1862. Le commissaire de police de Tourcoing le décrivait, le 19 septembre, dans un rapport, comme ayant le dos voûté, la figure « bourgeonnée ». Quant à ses opinions, il « serait en relations avec les émigrés de Londres », il « vient de faire un séjour dans la capitale anglaise », il « ne cesse d’être en relations avec les démagogues en résidence à Bruxelles ». Il demeurait donc un bon démocrate socialiste.
Il fréquentait d’ailleurs les cafés de Roubaix et ceux « de la frontière », ce qui visait les estaminets tenus, après le départ du Dr Piscart* pour Jersey, par d’autres républicains expulsés ou réfugiés au Mont-à-Leux, hameau de Mouscron. Relativement à ses moyens d’existence, le commissaire de police de Roubaix indiquait qu’il « a joui autrefois d’une grande aisance, ne possède plus rien aujourd’hui, et pourtant paie sa pension dans les restaurants de Roubaix. » Il devrait ses maigres ressources à la vente de blouses de laine.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article38963, notice WERQUIN Émile [WERQUIN Édouard, Aimé, Désiré, dit Émile] , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 23 août 2021.

SOURCE : Arch. Dép. Nord, M 141/90.

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