BRINGOLF Walther

Par Brigitte Studer

Né le 1er août 1895 à Bâle, décédé le 24 mars 1981 à Schaffhouse, ville dont il fut maire ; dirigeant de la section communiste de Schaffhouse et, jusqu’à sa mort en 1981, une des figures politiques marquantes de la Suisse ; membre fondateur du Parti communiste suisse ; délégué aux IIe (1920) et Ve congrès de l’IC (1924). Sa rupture avec le Komintern en 1930 eut de lourdes conséquences pour la section suisse puisqu’elle perdit ainsi un mandat au Conseil national, un de ses trois quotidiens et de nombreux membres.

Après un apprentissage de maçon, Bringolf suivit le technicum de Winterthur, mais ne put terminer ses études, faute de moyens financiers. Durant son service militaire au cours de la Première Guerre mondiale, il fonda en 1917 une association de soldats. Entré au Parti socialiste suisse en 1919, il fit partie des adhérents de la IIIe Internationale.

En 1920 il fut délégué avec Jules Humbert-Droz, au nom de la gauche socialiste, au IIe congrès de l’IC à Moscou. Membre fondateur du Parti communiste suisse en 1921, il occupa à partir de 1922 le poste de rédacteur en chef de la Schaffhauser Arbeiter-Zeitung. La même année, il fut élu à la direction nationale. Il siégea au comité central jusqu’à sa rupture avec le Komintern.

En désaccord avec la politique ultragauche de l’IC, il fut mandé à Moscou en août-septembre 1930. Il fut mis devant l’alternative de rompre ou de se soumettre. Hésitant d’abord, il choisit la première option après son retour en Suisse. Cette décision n’entama pas sa carrière politique. Il parvint à conserver son mandat de conseiller national obtenu en 1925 et à le garder jusqu’à sa retraite en 1971. Il gravit également tous les échelons politiques de son canton, ou presque, siégeant au législatif cantonal, au législatif de sa ville natale et fut élu en 1932 maire de Schaffhouse, poste qu’il conserva jusqu’en 1968. Par la suite, il réalisa l’unification du Parti communiste-Opposition avec le Parti socialiste en 1935, obtint la présidence du Parti socialiste suisse entre 1952 et 1962 ; s’il ne fut pas élu au conseil fédéral en 1959, il devint, en revanche, président du conseil national en 1961. En 1965, il publia ses souvenirs, très documentés, mais aussi très subjectifs. Il fut nommé en 1976 président d’honneur de l’Internationale socialiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50863, notice BRINGOLF Walther par Brigitte Studer, version mise en ligne le 17 juillet 2009, dernière modification le 26 août 2010.

Par Brigitte Studer

ŒUVRE : W. Bringolf, Mein Leben. Weg und Umweg eines Schweizer Sozialdemokraten, Bern/München/Wien, Scherz, 1965, 510 p.

SOURCES : Archives de Jules Humbert-Droz : Les partis communistes des pays latins et l’Internationale communiste dans les années 1923-1927, op. cit. — E. Joos, Parteien und Presse im Kanton Schaffhausen, Thayngen/Schaffhausen, Schaffhauser Beiträge zur Geschichte, 1975, 612 p. (ici p. 431-440). — P. Jeanneret, Dix grandes figures du socialisme suisse, Lausanne, édité par le Parti socialiste vaudois, 1983, 36 p. (ici p. 9-11). — P. Stettler, Die Kommunistische Partei der Schweiz (1921-1931) Berne, Francke, 1980, 620 p. (ici p. 507). — Historische Kommission der Partei der Arbeit der Schweiz (dir.), Zur Geschichte der kommunistischen Bewegung in der Schweiz, Zurich, Pda Zürich, 1981, p. 265 et 270. — BDC, op. cit. (ici p. 45). — Sous l’oeil de Moscou. Le Parti communiste suisse et l’Internationale 1931-1943. — Archives de Jules Humbert-Droz, vol. V, op. cit.

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