HACHETTE Isabelle, Marie-Louise [née OZOUF].

Par Gérard Boëldieu

Née le 23 décembre 1929 à Beauficel (Manche), morte 12 novembre 2020 au Mans (Sarthe) ; institutrice dans la Manche puis dans la Sarthe ; enseignante en éducation physique au Mans ; militante syndicaliste au Syndicat national des instituteurs ; membre du Parti communiste français, du comité sarthois de l’association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique (AARASD), de l’association de soutien aux femmes afghanes (NEGAR), de l’association France-Palestine Solidarité.

Troisième enfant, sur quatre (deux garçons puis deux filles), de Maurice Ozouf, (farouche républicain), et de Marguerite Dubosq, petits propriétaires-cultivateurs dans le sud de la Manche, Isabelle Hachette, comme ses frères et sœurs, poursuivit des études au-delà de sa scolarité primaire effectuée dans sa commune natale. D’abord au cours complémentaire de filles d’Avranches puis, de 1946 à 1950, à l’École normale d’institutrices de la Manche, alors repliée à Jullouville au château de la Mare, propriété de la commune de Saint-Ouen dont la municipalité communiste y avait établi un centre de vacances, le premier du genre en France. À sa sortie de l’école normale elle put pendant un an se préparer à Dijon au professorat d’éducation physique mais elle échoua au concours d’entrée à l’École normale supérieure d’éducation physique (ENSEP). Devenue institutrice à Tirepied, près d’Avranches en 1949, elle quitta ce poste en 1954 munie d’un exeat pour la Sarthe afin de rejoindre Didier Hachette, contremaître de chaîne de montage aux usines Renault du Mans, qu’elle épousa le 8 août 1954. Dans la Sarthe, elle fut institutrice à Marigné-Laillé pendant moins de deux mois, jusqu’à son recrutement, en novembre 1954, comme maîtresse d’éducation physique dans les cours complémentaires de filles manceaux Véron de Forbonnais et du Cogner. Excepté une période de deux ans, 1956 et 1957, où, pour des raisons de santé, elle devint institutrice à Changé, près du Mans, dans ce dernier établissement, devenu collège Ambroise-Paré, elle accomplit l’essentiel de sa carrière d’enseignante en éducation physique et sportive, jusqu’à sa retraite en 1984. Elle quitta Changé pour Le Mans en 1960.

Au sein du SNI auquel elle adhéra dès son entrée dans l’enseignement, membre de la tendance « unitaire », Isabelle Hachette, en tant que responsable des enseignants PEGC d’éducation physique de la Sarthe, aux côtés de ses collègues syndiqués du SNEP et du SNEEPS, fut de tous les combats, nationaux et locaux, (grèves, manifestations souvent très dures) pour la défense et la promotion de l’éducation physique et du sport à l’école. Adhérent de la CGT, son mari (décédé en 1984) fut collecteur de cotisations sur son lieu de travail. Il était sympathisant communiste alors qu’Isabelle Hachette était au PCF, auquel elle resta fidèle, depuis le 31 octobre 1953, date de son adhésion à Coutances.

À Changé, Isabelle Hachette milita le plus activement : affichages, distributions de tracts, participation à la campagne des élections législatives de 1956 aux côtés de Robert Manceau* député communiste sortant (réélu), candidature à Changé aux élections municipales de 1959 (non élue). Elle suivit le stage pour les instituteurs communistes organisé par le PCF (8-21 septembre 1957). Après la naissance de son fils en 1960 et jusqu’en dans les années 1980, l’activité syndicale prima.

Isabelle Hachette cotisa un temps à l’Union des femmes françaises (UFF) sans vraiment y militer, bien qu’à la fin des années 1950 elle y ait été, pour peu de temps, responsable de la Sarthe de sa commission des activités sociales. Elle réadhéra en 1998 à cette association devenue Femmes solidaires. Elle s’engagea aussi dans l’association France-Palestine Solidarité.

Depuis 1988, sans responsabilités particulières au Comité de la Sarthe de l’Association des Amis de la République arabe sahraouie démocratique, Isabelle Hachette s’engagea activement dans différentes actions de soutien à la cause saharouie qu’elle s’efforça de populariser en intervenant dans des écoles et des foyers manceaux et sarthois. Dans le cadre d’une coopération internationale, elle s’occupa de l’accueil d’étudiants saharouis à l’université du Maine. Entre 1988 et 2007 elle effectua quatre voyages d’information et de solidarité vers les campements sahraouis de la région de Tindouf en Algérie.

En 1998, lors du congrès mondial des Femmes à Bobigny, Isabelle Hachette fit la connaissance de Shoukria Haïdar, une afghane de Kaboul, professeur d’éducation physique, réfugiée en France depuis l’intervention soviétique dans son pays, présidente de l’association de soutien aux femmes afghanes NEGAR. Dès lors, dans le cadre du comité sarthois de Femmes solidaires, dont elle devint la responsable de la partie « internationale », elle se fit localement la porte-parole de la cause des femmes afghanes en organisant des conférences sur l’Afghanistan, des « journées afghanes », diverses actions de solidarité dont le soutien aux classes clandestines dans ce pays.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75618, notice HACHETTE Isabelle, Marie-Louise [née OZOUF]. par Gérard Boëldieu, version mise en ligne le 3 janvier 2010, dernière modification le 14 novembre 2020.

Par Gérard Boëldieu

SOURCES : Entretien avec l’intéressée le 5 octobre 2009. — Presse locale. — Note de Jacques Girault d’après les archives du Comité national du PCF.

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